J’ai découvert par hasard sur le site de paris4philo l’excellente conférence de Michel Onfray intitulée ‘L’invention de Jésus’. Cette conférence s’est tenue en novembre 2003 à l’Université Populaire de Caen dans le cadre du cycle ‘Génie
de l’Hédonisme II, Résistance au Christianisme’.
Mon objectif ici est de vous livrer une rapide synthèse de cette conférence ; en aucun cas n’ai-je l’ambition – et la possibilité – de porter le moindre jugement sur ce thème. J’entends simplement vous offrir une piste de réflexion passionnante.
L’idéalisme chrétien est la deuxième phase de l’idéalisme, après l’idéalisme platonicien et avant l’idéalisme allemand. A différentes périodes, des penseurs ont résister au Christianisme (les gnostiques, les Frères et Sœurs du Libre Esprit, l’Epicurisme Chrétien : Lorenzo Valla, Erasme puis Montaigne) et l’objectif de Michel Onfray est de montre l’existence de cette pensée.
Pour bien comprendre ces positions, il faut avant toute chose analyser et saisir ce qu’est vraiment le Christianisme. Pour Michel Onfray, Jésus est un ‘personnage conceptuel’ au sens de Gilles Deleuze. Il n’a pas existé, il est une création du Christianisme, et non l’inverse. C’est en réalité un concept opératoire qui permet de structurer et figurer une pensée.
Si l’on aborde cette problématique en historien, il faut pour commencer essayer de comprendre l’époque. Il en ressort que le climat millénariste, apocalyptique et de peur était le moment idéal pour le repli vers Dieu et l’émergence d’un Messie. Jésus cristallise donc les peurs et attentes d’une époque.
S’il l’on garde à l’esprit que les quatre Evangélistes n’ont pas connu Jésus, que les Evangiles veulent convertir en racontant une histoire envahie de mystérieux, il est très enrichissant de suivre l’analyse qu’Onfray effectue ensuite des mythes chrétiens. Le philosophe montre qu’ils ne sont que la ‘récupération’ de mythes plus anciens déjà utilisés pour séduire et convertir : la mère vierge (la mère de Platon l’était également), l’annonce par l’archange Gabriel, le songe, le fils de Dieu, les miracles, les prédictions, la parole inspirée de Dieu, le corps exceptionnel… Le merveilleux ignore l’histoire, Jésus se doit d’être un personnage extraordinaire, et sa parole est performative (d’après Austin, quand ‘dire c’est faire’). Les Evangiles ne se soucient guère de la vraisemblance, leur seul objectif est de convertir, séduire, plaire.
Onfray rappelle en suite la différence entres les Evangiles apocryphes et les Evangiles synoptiques. La distinction entre les deux se fit au IVème siècle lors du Concile. Il s’agissait alors de choisir, parmi l’immensité du Corpus, l’histoire la plus vraisemblable. Ainsi, le Jésus plus magicien, plus homme a complètement disparu des quatre Evangiles synoptiques.
Pourtant, sur la base des travaux de Charles Guignebert, Michel Onfray montre les contradictions et incohérences des Evangiles telles que nous les connaissons. Par exemple, à l’époque de la naissance de Jésus, Nazareth n’existait pas encore.


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