Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 19:11
J’ai découvert par hasard sur le site de paris4philo l’excellente conférence de Michel Onfray intitulée ‘L’invention de Jésus’. Cette conférence s’est tenue en novembre 2003 à l’Université Populaire de Caen dans le cadre du cycle ‘Génie de l’Hédonisme II, Résistance au Christianisme’.

Mon objectif ici est de vous livrer une rapide synthèse de cette conférence ; en aucun cas n’ai-je l’ambition – et la possibilité – de porter le moindre jugement sur ce thème. J’entends simplement vous offrir une piste de réflexion passionnante.

 

L’idéalisme chrétien est la deuxième phase de l’idéalisme, après l’idéalisme platonicien et avant l’idéalisme allemand. A différentes périodes, des penseurs ont résister au Christianisme (les gnostiques, les Frères et Sœurs du Libre Esprit, l’Epicurisme Chrétien : Lorenzo Valla, Erasme puis Montaigne) et l’objectif de Michel Onfray est de montre l’existence de cette pensée.

 

Pour bien comprendre ces positions, il faut avant toute chose analyser et saisir ce qu’est vraiment le Christianisme. Pour Michel Onfray, Jésus est un ‘personnage conceptuel’ au sens de Gilles Deleuze. Il n’a pas existé, il est une création du Christianisme, et non l’inverse. C’est en réalité un concept opératoire qui permet de structurer et figurer une pensée.

 

Si l’on aborde cette problématique en historien, il faut pour commencer essayer de comprendre l’époque. Il en ressort que le climat millénariste, apocalyptique et de peur était le moment idéal pour le repli vers Dieu et l’émergence d’un Messie. Jésus cristallise donc les peurs et attentes d’une époque.

 

S’il l’on garde à l’esprit que les quatre Evangélistes n’ont pas connu Jésus, que les Evangiles veulent convertir en racontant une histoire envahie de mystérieux, il est très enrichissant de suivre l’analyse qu’Onfray effectue ensuite des mythes chrétiens. Le philosophe montre qu’ils ne sont que la ‘récupération’ de mythes plus anciens déjà utilisés pour séduire et convertir : la mère vierge (la mère de Platon l’était également), l’annonce par l’archange Gabriel, le songe, le fils de Dieu, les miracles, les prédictions, la parole inspirée de Dieu, le corps exceptionnel… Le merveilleux ignore l’histoire, Jésus se doit d’être un personnage extraordinaire, et sa parole est performative (d’après Austin, quand ‘dire c’est faire’). Les Evangiles ne se soucient guère de la vraisemblance, leur seul objectif est de convertir, séduire, plaire.

 

Onfray rappelle en suite la différence entres les Evangiles apocryphes et les Evangiles synoptiques. La distinction entre les deux se fit au IVème siècle lors du Concile. Il s’agissait alors de choisir, parmi l’immensité du Corpus, l’histoire la plus vraisemblable. Ainsi, le Jésus plus magicien, plus homme a complètement disparu des quatre Evangiles synoptiques.

 

Pourtant, sur la base des travaux de Charles Guignebert, Michel Onfray montre les contradictions et incohérences des Evangiles telles que nous les connaissons. Par exemple, à l’époque de la naissance de Jésus, Nazareth n’existait pas encore.

 
En conclusion, les Evangiles sont des écrits falsifiés, invraisemblables compilés à la suite de nombreuses évictions. C’est une construction militante d’un personnage conceptuel ; c’est moins la pensée d’un homme que le futur d’une religion ; c’est donc la fabrication d’un mythe.

 

Par Nicolas - Publié dans : itinéraire philosophique
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 19:10
Le Musée d'Art Moderne de Saint Etienne présente jusqu'au 15 janvier 2007 une exposition intitulée 'ZERO : avant garde internationale des années 1950-1960'. Cette rétrospective retrace l'oeuvre d'un groupe d'artiste 'tournés vers une nouvelle forme de spiritualité, voulant faire table rase du passé et dont les préoccupations esthétiques et poétiques centrées sur le dynamisme du mouvement circulaire, la pureté de la couleur blanche et les infinies variations d'une lumière universelle s'expriment souvent dans un esprit ludique'.

ZERO, c'est un groupe fondé en 1957 par deux jeunes artistes, Heinz Mack et Otto Piene, tous deux formés à la Kunstakademie de Düsselledorf, bientôt rejoint par Günther Uecker.
ZERO, c'est la création d'un nouveau langage de l'image, de la forme et de la lumière; c'est la production d'oeuvres ludiques et interactives où le mouvement est un attribut essentiel de la composition et où l'espace est réapproprié par les artistes.
ZERO, c'est la dématérialisation de l'oeuvre d'art.
ZERO, c'est l'éloignement progressif du geste expressif et émotionnel de la peinture informelle, c'est l'expérimentation et l'utilisation de matériaux issus de l'industrie: clous, plaques d'aluminium...
ZERO, c'est un groupe ouvert à l'international, et cette exposition a le mérite de montrer les connexions et la cohérence existant avec le groupe japonais GUTAI (première exposition autonome en juillet 1955 autour de son fondateur, Yoshihara Jiro).

A ne pas rater, la célèbre
Robe Lumineuse de Tanaka Atsuko ; les objets/clous de Uecker ; les reliefs de lumière de Mack (Projet du Sahara, stèles de miroir sur une étendue de sable, au fond, une photo d'un homme marchant dans les dunes) ; le Ballet de lumières de Piene (dans une chambre noir, un son monocorde accompagne le jeu des lumières et d'ombres projetées sur les murs) ; les monochromes bleus d'Yves Klein.
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 13:14
En lisant Les Aventuriers de l'absolu de Todorov (commentaires a venir), j'ai découvert Jean Richepin. Voici une sélection de trois de ces poèmes. Bonne lecture.

LA DECLARATION

L'amour que je sens, l'amour qui me cuit,
Ce n'est pas l'amour chaste et platonique,
Sorbet à la neige avec un biscuit ;
C'est l'amour de chair, c'est un plat tonique.

Ce n'est pas l'amour des blondins pâlots
Dont le rêve flotte au ciel des estampes.
C'est l'amour qui rit parmi des sanglots
Et frappe à coups drus l'enclume des tempes.

C'est l'amour brûlant comme un feu grégeois.
C'est l'amour féroce et l'amour solide.
Surtout ce n'est pas l'amour des bourgeois.
Amour de bourgeois, jardin d'invalide.

Ce n'est pas non plus l'amour de roman,
Faux, prétentieux, avec une glose
De si, de pourquoi, de mais, de comment.
C'est l'amour tout simple et pas autre chose.

C'est l'amour vivant. C'est l'amour humain.
Je serai sincère et tu seras folle,
Mon coeur sur ton coeur, ma main dans ta main.
Et cela vaut mieux que leur faribole !

C'est l'amour puissant. C'est l'amour vermeil.
Je serai le flot, tu seras la dune.
Tu seras la terre, et moi le soleil.
Et cela vaut mieux que leur clair de lune !

in Les caresses

EPITAPHE POUR N'IMPORTE QUI

On ne sait pourquoi cet homme prit naissance.
Et pourquoi mourut-il ? On ne l'a pas connu.
Il vint nu dans ce monde, et, pour comble de chance,
Partit comme il était venu.

La gaîté, le chagrin, l'espérance, la crainte,
Ensemble ou tour à tour ont fait battre son coeur.
Ses lèvres n'ignoraient le rire ni la plainte.
Son oeil fut sincère et moqueur.

Il mangeait, il buvait, il dormait ; puis, morose,
Recommençait encor dormir, boire et manger ;
Et chaque jour c'était toujours la même chose,
La même chose pour changer.

Il fit le bien, et vit que c'était des chimères.
Il fit le mal ; le mal le laissa sans remords.
Il avait des amis ; amitiés éphémères !
Des ennemis ; mais ils sont morts.

Il aima. Son amour d'une autre fut suivie,
Et de plusieurs. Sur tout le dégoût vint s'asseoir.
Et cet homme a passé comme passe la vie
Entrez, sortez, et puis bonsoir !

in La chanson des gueux

LA FLUTE

Je n'étais qu'une plante inutile, un roseau.
Aussi je végétais, si frêle, qu'un oiseau
En se posant sur moi pouvait briser ma vie.
Maintenant je suis flûte et l'on me porte envie.
Car un vieux vagabond, voyant que je pleurais,
Un matin en passant m'arracha du marais,
De mon cœur, qu'il vida, fit un tuyau sonore,
Le mit sécher un an, puis, le perçant encore, I
l y fixa la gamme avec huit trous égaux ;
Et depuis, quand sa lèvre aux souffles musicaux
Éveille les chansons au creux de mon silence,
Je tressaille, je vibre, et la note s'élance ;
Le chapelet des sons va s'égrenant dans l'air ;
On dirait le babil d'une source au flot clair ;
Et dans ce flot chantant qu'un vague écho répète
Je sais noyer le cœur de l'homme et de la bête.

in La chanson des gueux
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 13:13
L'objectif de ce blog est aussi de partager avec vous mes coups de coeur et découvertes littéraires. Mon dernier choc porte le nom de Tzvetan Todorov avec son ouvrage paru début 2006, Les Aventuriers de l’absolu.

L’historien et écrivain d’origine bulgare nous propose, à travers l’œuvre et le destin croisé de trois grands poètes de la fin du 19e / début du 20e une réponse originale a une des questions centrales de la philosophie : ‘comment vivre ?’. Oscar Wilde, Rainer Maria Rilke et Marina Tsvetaeva nous offrent trois visions différentes de la quête de absolu, quête n'empechera pas leurs auteurs de sombrer dans le malheur.

Pourquoi l’homme recherche-t-il l’absolu et qu’est-ce que l’absolu ? Les larmes déclenchées par un Opéra de Verdi, la stupeur face au sourire d’un enfant poussent l’être humain à rechercher sans cesse cette ‘réalité supposée, échappant a toute limitation, toute contrainte’ (selon la définition du Petit Larousse 2003).
Dans la problématique proposée, l’absolu doit être entendu comme la valeur ultime capable de remplacer Dieu, la Révolution ou le Socialisme.

Trois aventuriers, trois voies différentes : la beauté, l’art ou l’être.

Oscar Wilde place sa vie sous le signe du Beau – conçu dans son sens le plus large. ‘Devenir une œuvre d’art est le but de la vie’ ; vie conçue comme l’accomplissement de soi et qui nécessite l’acceptation des ses cotés les plus négatifs.

A l’opposé, Rainer Maria Rilke consacre sa vie a la création du Beau. La vie est consacrée au travail et à la production d’œuvres d’art. Un choix s’impose alors entre Vie et Art et entre Amour et l’Art. L’aventurier de l’Absolu préfère l’absolu au relatif, il ne se soucie pas de l’individualité et accepte que la séparation entre vie et création soit indispensable.

Enfin, Maria Tsetaeva voit en l’Homme le but ultime. Etre plus rêvé que réel et qui sera aussi source de déception.

Trop manichéennes, ces trois projets de vie ne peuvent apporter que le malheur. Leur objectif est louable : ramener l’absolu sur terre et le rendre accessible aux hommes (comme le fit la Religion dans le passé) mais leurs conséquences sont désastreuses. L’Art semble alors la meilleur incarnation de l’absolu sur terre, et l’esthétique devrait être la possibilité pour l’homme de l’atteindre. La recherche du beau, du vrai et la vie dans l’art sont la seule manière de ramener l’absolu sur terre, indispensable face la misère de nos vies. Mais l’important, l’essentiel, et de voir la continuité entre l’ici et l’absolu, au risque que l'infini ne fasse qu'aggraver la finitude et la malheur de nos vies sur terre.

En conclusion, 'l’ere des des réponses collectives est révolue’ et il faut ‘rendre belle la vie commune’.
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 13:12
Voici les treize instructions de Marguerite Duras que tout apprenti écrivain se doit de connaitre (et d'appliquer) telles qu'elles nous ont été transmises par Enrique Vila-Mitas dans Paris ne finit jamais :
- problèmes de structure ;
- unité et harmonie ;
- thème et histoire ;
- le facteur temps ;
- effets textuels ;
- vraisemblance ;
- technique narrative ;
- personnages ;
- dialogue ;
- cadres ;
- style ;
- expérience ;
- registre linguistique.
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 13:11
Le Monde, mercredi 18 octobre 2006.

L'ancien champion olympique et ex-ministre Guy Drut sera donc candidat, lors des prochaines législatives, dans cette partie de Seine-et-Marne qui recouvre en partie la ville de Meaux dont M. Copé est le maire.

La condamnation de M. Drut à quinze mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende pour avoir bénéficié d'un emploi fictif dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France (du temps ou M. Chirac était maire de Paris et président du RPR) et surtout l'amnistie présidentielle dont il avait bénéficié le 25 mai avaient pourtant ému jusque dans les rangs de l'UMP.

Ce jour-là, même le très chiraquien président de l'assemblée Jean-Louis Debré n'avait pas hésité à fustiger l'effacement de la condamnation de M. Drut par la seule volonté de son ami Jacques Chirac d'un mot grinçant : "Cela donne une image détestable d'autolessiveuse." Mais cette amnistie a permis par la suite à M. Drut de retrouver son siège au Comité international olympique et les émoluments afférents.

Pour autant, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a toujours pris soin de ne pas accabler M. Drut, qui s'est affirmé dès mardi 17 octobre, dans Le Figaro, "chiraquien et sarkozyste".

Le même jour, le procès en appel des marchés publics d'Ile-de-France s'ouvrait à nouveau. Sans lui.
Par Nicolas - Publié dans : itinéraire politique
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 13:10
Nicolas Sarkozy est aujourd’hui, le meilleur candidat pour la France.

Il affirme et assume une ambition nécessaire (qu’on ne me fasse pas croire que Royal, Fabius ou DSK n’en ont pas). Cette ambition est indispensable pour gouverner 60 millions de personne, pour assumer une exorbitante responsabilité et faire face aux âpretés du pouvoir.

Il brise des tabous - même si c’est parfois de manière trop brutale et provocatrice. On peut parler d’immigration sans être fasciste. On peut remettre en cause le modèle social sans être un chantre de l’ultralibéralisme. On peut exiger que la justice rende des comptes sans remettre en cause son indépendance.
Ne jouons donc pas les vierges effarouchées et acceptons de voir le monde tel qu’il est et non pas tel qu’on le rêve. On étudie les faits, on développe une analyse et on prend parti en tenant compte des contraintes. C’est la seule méthode à appliquer (inspirée de Raymond Aron).

Le Ministre de l’Intérieur, contrairement à la Gauche française n’est pas prisonnier d’une idéologie et d’une vision dépassée. Il assume totalement son positionnement capitaliste et mondialiste et ne fait pas preuve de démagogie en faisant croire aux français qu’un modèle de repli sur soi est encore possible.

Nicolas Sarkozy possède également de réelles qualités d’homme politique : excellent orateur, parfait débateur, grande force de conviction, meneur d’homme.

Il fait aussi preuve d’une réelle expérience d’homme d’état, aussi bien au niveau local qu’au niveau national : maire, député, président de Conseil Général, trois fois à la tête de Ministères (l’Economie et l’Intérieur et le Budget).

Il a rencontré des difficultés qui en font un homme apte à gérer les crises, les échecs et il a su montrer sa capacité à rebondir (soutien de Balladur, relation avec Chirac, Clearstream…).

Sarkozy, c’est aussi une nouvelle génération d’hommes de terrain. A coté des plus connus (Fillon que l’on annonce comme un probable 1er ministre) gravitent dans l’entourage du président de l’UMP de nombreux jeunes hommes politiques de qualité, hommes de terrain et de conviction (par exemple, Laurent Wauquez, député de la Haute Loire).

Enfin, le candidat déclaré a la présidentielle possède des réseaux dans tous les milieux (économique, artistique, sportif...). On ne peut pas le critiquer sur ce point, car le partage des expériences aide à la réflexion, à la prise de décision et à ‘faire passer les réformes’.

En conclusion, on peut critiquer la provocation et l’hyper-agitation de Monsieur Sarkozy, mais qu’on ne voit pas en lui le Grand Satan uniquement fasciste et opportuniste, calculateur et manipulateur, dangereux pour le pays.

Ce qui est dangereux, c’est l’immobilisme, le refus de voir la situation actuelle telle qu’elle est, le combat des ambitions personnelles, les débats de sondages plutôt que les débat d’idées, le repli sur soi, la démagogie outrancière…
Par Nicolas - Publié dans : itinéraire politique
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 13:09
La liste conduite par Alain Juppé a gagné l'élection municipale anticipée Bordeaux, des le premier tour, dimanche 8 octobre, avec plus de 56% des suffrages exprimés. Pour mémoire, l'ancien Premier Ministre avait du renoncer à son poste de Maire après la prononciation d'une sanction d'inéligibilité d'un an faisant suite au scandale des emplois fictifs du RPR.

Cette réélection est-elle dommageable pour la démocratie? Je le pense.

Certes, Alain Juppé n'a été reconnu 'que' de 'prise illégale d'intérêt. Il ne s'agit pas de détournement d'argent public, mais le problème moral demeure. Un homme politique est responsable devant le peuple, et le simple fait de trahir cette confiance en essayant de bénéficier de la communauté pour son propre intérêt est répréhensible.

Certes, Alain Juppé n'a été reconnu coupable qu'en tant qu'ex-secrétaire général du RPR et adjoint aux finances a la mairie de Paris, jamais a titre personnel. Cependant, derrière toute fonction se cache un homme qui est pleinement responsable des actes commis dans le cadre de ses fonctions.

Alors on peut admettre que la fonction punitive de la justice doit laisser place a la possibilité de rachat. La société doit laisser la chance a l'homme de racheter sa faute, et Alain Juppé a accepter d'assumer la sanction prononcée contre lui.

Mais je pense que nous avons là un véritable problème pour une démocratie moderne. J'appelle a une réflexion nationale aboutissant à une inéligibilité totale de tout femme ou homme politique dont la responsabilité a été clairement définie par l'autorité judiciaire.
Par Nicolas - Publié dans : itinéraire politique
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 13:08
Le net réserve de bien belles surprises à qui sait prendre le temps. J'en veux pour preuve la conférence de Jean Foubert sur 'Edward Hopper, David Lynch : mises en perspective' dans le cadre du colloque de mai 2004, 'Vous avez dit Hopper?' disponible sur le site de l'ENS.

L'universitaire démontre assez rapidement les ressemblances et divergences entre le peintre et le cinéaste. Cette intervention a été pour moi la révélation des analogies entre deux artistes que j'affectionne tout particulièrement.

Le peintre américain est surtout connu pour sa description de l'aliénation, de l'isolement et de l'angoisse existentielle. Moins souvent est mis en évidence sa peinture d'une Amérique dans son quotidien le plus ordinaire, Amérique provinciale et pastorale. Hopper s'empare donc, comme Lynch, de clichés et de l'imagerie populaire américaine pour les décrypter et les interroger. La dimension théâtrale est donc sans cesse présente dans leurs oeuvres.
Hopper et Lynch proposent tous les deux des 'séquences' qui invitent à imaginer, à inventer une histoire. Les tableaux d'Hopper sont souvent l'imminence de l'action alors qu'il s'y passe quasiment rien. Les films de Lynch sont aussi marqués par l'immobilisme crispé, c'est-à-dire la tension immobile. De nombreux plans sont source de crispation et d'attente.

New York Movie (1939, photo ci-dessous) est, pour moi (qui ne suis aucunement spécialiste de l'un ou l'autre des maîtres) un très bel exemple de cette similitude. Regardez attentivement cette reproduction en pensant au Silencio de David Lynch dans Mulholland Drive...
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 13:02
Voici quelques extraits du quinzième et dernier chapitre du petit ouvrage de Bertrand Russell, Problèmes de philosophie (Payot, 1989).

'Comme toute autre discipline, la philosophie vise d'abord à connaître. La connaissance qui est sa visée propre est celle (...) qui résulte d'un examen critique des fondements de nos convictions, préjugés, et croyances. Mais il faut bien reconnaître que dans son effort pour apporter des réponses précises à ces questions, la philosophie n'a pas rencontré un succès considérable (...). Et pourtant, aussi mince que soit l'espoir de parvenir à une solution, c'est une partie de la tâche de la philosophie de poursuivre ces interrogations, de nous faire prendre conscience de leur enjeu, d'examiner les différentes approches qu'on peut en avoir, et de garder vivant cet intérêt spéculatif pour l'univers que la connaissance assurée, trop bien établie, peut tuer si l'on s'y laisse enfermer (...). En fait, c'est dans son incertitude même que réside largement la valeur de la philosophie. Celui qui ne s'y est pas frotté traverse l'existence comme un prisonnier : prisonnier des préjugés du sens commun, des croyances de son pays ou de son temps, des convictions qui ont grandi en lui sans la coopération ni le consentement de la raison (...). Sans doute la philosophie ne nous apprend-elle pas de façon certaine la vraie solution aux doutes qu'elle fait surgir : mais elle suggère des possibilités nouvelles, elle élargit le champ de la pensée en la libérant de la tyrannie de l'habitude (...).
Mais à côté de cette fonction d'ouverture au possible, la philosophie tire sa valeur (...) de la grandeur des objets qu'elle contemple, et de la libération à l'égard de la sphère étroite des buts individuels que cette contemplation induit (...). Toute acquisition du savoir est un élargissement du Moi (...).
La véritable contemplation philosophique (...) trouve sa satisfaction dans l'ouverture maximale au non-Moi, dans tout ce qui grandit son objet, et par contrecoup le sujet connaissant (...).
L'esprit qui est accoutumé à une telle liberté, à l'impartialité de la contemplation philosophique, en gardera les traits dans le monde de l'action et des sentiments. Pour lui, désirs et projets ne seront qu'une partie du tout ; il les regardera avec détachement (...). Cette qualité de l'esprit qui, dans la contemplation, prend la forme du désir absolu de vérité, c'est, dans l'action, la justice, et dans le domaine des sentiments cet amour universel qui va à tous (...). Si bien que non seulement la contemplation élargit le cercle des objets de la pensée, mais elle multiplie également les objets de nos actions et de nos affections : elle fait de nous des citoyens de l'univers, et non les assiégés d'un cité en guerre contre le reste du monde. C'est cette citoyenneté universelle qui constitue la vraie liberté de l'homme, qui le libère de l'esclavage où le maintient le cercle étroit de ses espoirs et de ses peurs. '
Par Nicolas - Publié dans : itinéraire philosophique
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de A à Z...

- A -

Strawberry Jam - Animal Collective
Un homme perdu - Danielle Arbid
A l'abri de rien - Olivier Adam
Le Portrait - Pierre Assouline
De l'autre côté - Fatih Akin

- B -

The Flying Club Cup - Beirut
Smokey Rolls Down Thunder Canyon - Devendra Banhart
Shotter's Nation - Babyshambles
Jean-François Bizot -
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? -
Pierre Bayard
François-Marie Banier -
Fur and gold -
Bat for lashes
Le Royaume - Peter Berg
Bob Dylan - François Bon
Chroniques littéraires - Maurice Blanchot

- C -

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel
Control - Anton Cobijn
North Star Deserter - Vic Chesnutt
La fille coupée en deux - Claude Chabrol
La Radiolina - Manu Chao
Secret Sunshine - Lee Chang-Dong
Le Deuxième Souffle - Alain Corneau
Gustave Courbet - Exposition Grand Palais 2007
Darling - Christine Carrière
My Friends All Died... - Cocoon
Les Promesses de l'Ombre - David Cronenberg
The Waiting Room - Chloé
L'homme sans âge - Coppola
Un bruit qui court - Pauline Croze

- D -

The Pirate's Gospel - Alela Diane
Tom est Mort - Marie Darrieussecq
Five leaves left - Nick Drake
La Passion selon Juette - Clara Dupont-Monod
L'invitation - Etienne Daho
La mécanique du coeur - Dionysos

- E -

Nancy Elizabeth -
Battle and Victory
L'Enfer - Expo BNF

- F -

Distance and Time - Fink
Echoes, Silence, Patience & Grace - Foo Fighters
Leaving the nest - Benjy Ferree
Revival - John Fogerty

- G -

La vengeance dans la peau -
Paul Greengrass
Nouvelles Mythologies - Jérôme Garcin

- H -

Tout est pardonné -
Mia Hansen-Love
White Chalk - PJ Harvey
I'm not There - Todd Haynes

- K -

99 F -
Jan Kounen
La Forêt de Mogari - Naomi Kawase
André Kertész - Expo Chambéry
My Blueberry Nights - Wong Kar-Wai

- L -

Alabama Song -
Gilles Leroy

- M -

Dans le café de la jeunesse perdue -
Patrick Modiano
Gee Whiz but this is a Lonesome Town - Moriarty
Charles et Léo - Jean-Louis Murat
Trees Outside the Academy - Thurston Moore
Les Disparus - Daniel Mendelsohn

- N -

Ni d'Eve ni d'Adam -
Amélie Nothomb
Avant que j'oublie - Jacques Nolot

- O -

Une autre histoire de la littérature -
Jean d'Ormesson
Odeur du temps - Jean d'Ormesson

- P -

Transparent knives -
Promise and the Monster

- R - 

In Rainbows -
Radiohead
Cendrillon - Eric Reinhardt
The State of Things - Reverend and the Makers
La part obscure de nous-mêmes - Roudinesco
Un homme - Philip Roth

- S -

Persepolis -
Marjane Satrapi
Thalasso - Amanda Sthers
American Gangster - Ridley Scott

- T -

Love it when I feel like this -
The Twang
L'heure zéro - Pascal Thomas

- V -

Adieu Pony -
Constance Verluca
Ambroise Vollard - Exposition 2007 Musée d'Orsay
Paranoid Park - Gus Van Sant
Une vie - Simone Veil

- Y -

Chrome Dreams II -
Neil Young
ti_bug_fck
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