Lundi 3 septembre 2007 1 03 09 2007 14:00



Manu Chao annonce la couleur dès le premier titre (13 Dias) de son nouvel album intitulé La Radiolina : la continuité dans le changement. Un titre plus rock aux nouvelles sonorités, mais toujours la "patte" Manu Chao reconnaissable entre mille. Sur ce nouvel opus, l'ancien leader de la Mano Negra va au bout de sa démarche commencée avec Clandestino en 2001 : il explore de nouvelles pistes, découvre de nouveaux styles, utilise de nouveaux instruments sans jamais s'éloigner d'une recette qui fit son succès planétaire. Un gimmick entêtant de guitare, une voix répétitive et doublée, un patchwork de petits sons enivrants et le tube est immédiat (Tristeza Maleza). Mais Manu Chao s'est entouré de deux pointures du rock alternatif (Mario Caldato, collaborateur des Beastie Boys et Andrew Shelps, proche des Red Hot Chili Peppers) pour muscler le son et multiplier les titres aux rythmiques endiablées (l'excellent nouveau single, Rainin in Paradize ou le parfait The bleeding clown). Les paroles sont toujours simples et répétitives (Besoin de la lune), engagées et partisanes (l'anti-politiquement correct Politik kills) et chantées dans toutes les langues (anglais, espagnol, français, italien), faisant de cet album un fouillis joyeux mais jamais naïf.
On pourra reprocher à Manu Chao son manque d'originalité, mais ca serait oublier le chemin parcouru depuis ce fameux premier album. C'est bien au contraire parce qu'il est d'une originalité unique et toujours renouvelée que Manu Chao ne se répète jamais tout en donnant l'impression de ressasser toujours la même formule. Manu Chao, c'est un style unique, riche et varié, qui emprunte à tous les folklores locaux tout en redonnant au rock ses lettres de noblesses. Cet album, c'est finalement l'aboutissement d'une carrière ; la réconciliation d'un homme au passé de rocker engagé et du citoyen planétaire militant ; c'est le mariage réussi du voyageur permanent épris d'inventions musicales et de l'éternel fan des Clash, des Stooges ou de Bob Marley. L'Amérique latine a érigé Manu Chao en star-icône de l'altermondialisme, le chanteur livre au monde entier une demi-douzaine de titres magnifiques qui illustrent parfaitement la variété des musiques sud-américaines. Ce sont en effet Me Llaman calle, futur tube au style minimaliste et dansant ; A casa, ballade sensuelle ; ou encore Mala fama d'inspiration cubaine aux cuivres magistraux et qui respire la douceur de vivre qui sont les plus belles réussites de cette nouvelle livraison. 
Certains reprocheront aussi à Manu Chao sa simplicité. Mais il suffit d'écouter Y Ahora Qué, bombe rock tellement efficace, de se perdre dans l'urgence de Panik Panik, ou de s'extasier sur Mundorévès pour ne pas faire la fine bouche. Manu Chao est et restera toujours Manu Chao, homme intègre et singulier, curieux et insolite qui parcourt le monde pour mieux le fixer dans sa variété et ses différences en seulement 21 chansons. Un véritable tour de force, une réussite indéniable, un métissage salutaire et parfaitement jouissif à se procurer très rapidement.

 

Par Nicolas - Publié dans : itinéraire musical
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