Pete Doherty, le musicien, est de retour avec ses Babyshambles. Shotter's Nation est un gentil moment de rock, assez ennuyeux. On l'écoute,
on apprécie, puis on l'oubli. Beaucoup trop stéréotypé et convenu. Une grande déception.
Pete Doherty se drogue. Pete Doherty sort avec un ex-mannequin, puis il quitte cet ex-mannequin.
Pete Dohery fut très présent à la une des tabloïds, on en avait presque oublié qu'il est avant tout un chanteur de rock. Voila donc le retour du vilain petit canard ou de l'enfant-chéri du rock -
c'est selon -, avec son groupe des Babyshambles. Avant d'être une icône de la presse people, Pete Doherty a créé The Libertines, dissout le groupe, puis repris du service avec ces
Bambyshambles, auteurs d'un album paru en 2005 : Down in Albion. Album décevant. Tous les espoirs étaient permis avec le nouveau
douze titres sorti mardi dernier et intitulé Shotter's Nation (chez
Delabel). A nouveau décevant.
Les premières notes sont plutôt encourageantes. Carry on up the morning est un bon titre de rock : voix nasillarde, guitares saturées énergiques
et excitantes, basse-batterie efficace et bien en place. Delivery, premier single du groupe, sent bon la sueur, la bière et les pogos endiablés.
Les changements de rythme sont puissants et bien sentis, le riff est infaillible et envoie une sacrée bouffée d'oxygène. Démarrage explosif voire volcanique qui laisse augurer d'un grand disque
de rock - même si, dès le second titre, l'influence très marquée (plagiat ?) des Kinks (You really got me) fait craindre le pire. Dès le troisième morceau, nos compères s'essoufflent, frôlant la banalité. Pourtant, ils ont tout essayé : titres mid-tempo langoureux (UnBilo Titled) aux arpèges digne d'un Stairway to heaven de Série-B ; son bluesy, lourd et
bien gras (Side of the road) ; belle ballade propre à un adolescent qui connaît ses premiers émois sexuels (Lost Art of Murder), etc. Mais le charme n'opère pas, si ce n'est sur une belle chanson jazzy qui insuffle enfin un petit vent d'originalité à l'ensemble
(There she goes). Impression de déjà-vu ; album sans relief et fade ; production (pourtant de l'excellent Stephen Street, collaborateur
remarqué des Blur) pauvre et insipide : l'ensemble manque cruellement de singularité. Joués par un groupe inconnu venu d'un bled anglais, ces douze titres auraient pu plaire ; interprétés par un
rock-band prometteur, ils sont d'un intérêt limité. Un rock banal, sans classe, trop convenu, trop conventionnel. Très décevant quand on
connait les qualités (réelles) du jeune homme et de son groupe.
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