Mardi 16 octobre 2007
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Nirvana révolutionna la musique. Foo Fighters, le groupe créé par son batteur ne révolutionne pas le rock, mais il y apporte
sa contribution. Une copie bien propre, sans rature ni originalité et vite ennuyeuse.
Dave Grohl est resté pendant quelques années dans l'ombre. Derrière sa batterie, derrière le
charismatique et torturé Kurt Cobain. Le chant et la guitare devaient vivement le démanger. L'icône grunge détruit, Dave Grohl a repris du service. Il fait du rock, c'est toute sa vie. Il ne sait
faire que cela. Il le fait bien, avec passion certainement ; sans génie malheureusement. Après plusieurs albums (cinq exactement), les Foo Fighters sont arrivés à maturité. Leur nouvel album,
Echoes, Silence, Patience and Grace est un condensé de leur style, de leur rage, de leur romantisme aussi ; un réservoir à tubes potentiels, accrocheurs mais trop conventionnels. Pas de
révolution donc, mais une simple contribution à la grande histoire du rock and roll. Une contribution qui tourne malheureusement en rond.
The Pretender, premier titre symptomatique d'un album qui s'essouffle rapidement. Une intro arpégée qui emprunte légèrement au mythique Stairway to Heaven de Led Zeppelin ; une
caisse claire en guise de métronome, puis un mur de son saturé. Aucun doute, les Foo Fighters sont de retour. Dave Grohl pose sa voix rocailleuse et belliqueuse mais toujours mélodieuse sur
l'ensemble. La production est à la hauteur des compositions : massive et barbante. Couplet - refrain - couplet - pont - refrain : la bande à Dave Grohl respecte scrupuleusement les canons du
rock. Et c'est là le souci de cet album, décelable dès le premier titre. Il ne faut pas s'attendre à beaucoup d'originalité, il ne faut pas espérer un titre unique, il ne faut pas escompter un
miracle ou une surprise : les Foo Fighters produisent un bon rock, bien calibré, bien construit. Les fondations sont solides, les murs épais, le toit bien arrimé. Il ne peut rien arriver à
l'ensemble, mais l'on aimerait parfois que la maison vole en éclats.
L'album se poursuit ainsi, laissant souvent la triste impression que les Foo Fighters reprennent du Foo Fighters, sans changer l'original, sans bousculer les habitudes. Let it die
reproduit le même schéma d'alternance son clair - son saturé avec une belle mélodie aérienne sur le couplet, et un refrain rageur et hargneux. Echoes... serait un premier album, nul
doute que ce groupe attirerait fortement les regards. Mais là, ça sent franchement le réchauffé. Tous les poncifs de l'album rock sont interprétés avec lassitude, sans génie. La ballade poussive
qui monte en puissance (Come alive ou But Honestly) ; la folk-song sentimentale qui verse dans le sentimentalisme naïf, jouée à la guitare (Stranger Things Have
Happened) ou au piano (Home) ; l'intermède musical country sans véritable intérêt (The Ballad of the Beaconsfield Miners) ; le titre que l'on croit avoir déjà entendu cent
fois sur un précédent album (Cheer Up Boys, Your Makeup is Running) ; le blues-rock Summer's End et son solo en pentatonique mineur.
Une fois l'album terminé, aucun titre ne sort du lot. On est presque soulagé d'en avoir fini avec ce son trop léché, trop propre, trop soigné ; avec ces compositions trop convenues, trop
classiques, trop prévisibles. Gil Norton, qui avait déjà officié auprès du groupe, n'arrive pas à insuffler de la nouveauté à un groupe qui s'enferme dans la facilité.
On se demande finalement si Dave Grohl n'était pas plus efficace les baguettes à la main...
Par Nicolas
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Publié dans : itinéraire musical
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