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Le folk intimiste ou
déluré a le vent en poupe outre-atlantique : Devendra Banhart, Beirut, Alela Diane. Le néo-folk dispose maintenant d'une étoile en
France : Cocoon. Leur premier album, My Friends All Died in a Plane Crash est un petit cadeau automnal à écouter sans modération.
Ce premier album s’est fait attendre. Une attente passionnée mais un peu angoissée, tant le groupe auvergnat avait crée le buzz depuis 2006. Résumé des épisodes précédents pour les non avertis.
Cocoon, ce sont deux individualités habitées par leur musique et par le talent : Mark Daumail et Morgane Imbeaud. Depuis quelques années, le premier bricole quelques chansons dans sa
chambre. Il rencontre Morgane, et l’invite à y déposer sa voix sensuelle. L’alchimie fonctionne immédiatement, et Cocoon se fait repérer par Les Inrocks (concours CQFD 2006), puis par le
Printemps de Bourges. Premier EP, et aujourd’hui premier album.
My friends all died in a plane crash n’est que la confirmation d’un immense talent. Un sens inné de la mélodie, une formidable propension à délivrer une musique délicate et élégante. Les
deux offrent une pop épurée et intimiste où la guitare, quelques touches de piano est deux formidables voix évoluant à l’unisson suffisent à emplir l’espace de grâce (le morceau d’ouverture,
Take off). Leur musique peut s'écouter au volant d'un van flower power, sur la Road 66 (le tubesque Vultures et son riff de guitare simple mais implacable ; ou
le magnifique Chupee) ; ou enfermé dans une chambre (l'aérien Tell Me et ses arpèges déchirants ou Cliffhanger qui réinvente le spleen). Les deux jeunes
marient avec génie l'émotion contenue prête à déborder (Seesaw sur lequel voix, cordes, guitare et flûte s'enlacent dans une magnifique danse sensuelle) ; la pop-song rafraîchissante et
légère (Christmas song, comptine moderne redoutable) ; ou le folk mélodieux qui ne vous abandonne jamais (Owls).
Il y a du Leonard Cohen chez ses deux là. Du Simon & Garfunkel aussi. Mais dans leur musique, il y a surtout un Elliott Smith au sommet de son art (la voix poignante de Tell Me), un
Ray LaMontagne touché par la grâce (la voix susurrée de Paper boat), un Ben Harper plus mystique que jamais (le spirituel On my way). Ajoutez à cela quelques violons
terrifiants, de l'ukulélé éthéré, et vous aurez un album coloré et mélancolique.
Dommage cependant que la voix de Morgane Imbeaud ne soit pas aussi sensuelle que sur le récent Charles et
Léo de Murat. Rien que pour cela nous attendrons avec impatience le second album. D'ici là, délectons nous de cette pépite folk.
Sinon l'album est beau et rafraîchissant.