Mercredi 5 décembre 2007
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Chloé, DJ de renom, propose dans un magnifique premier
album, The Waiting Room, une musique charnelle et aérienne. Un condensé de sensations à laisser couler dans le corps avec délectation.
L'album s'ouvre sur un low tempo envoûtant. Une enveloppe sonore terriblement lascive, puis quelques sons venus d'un ailleurs merveilleux. Une sorte de paradis dans lequel les oiseaux
s'émoustillent sans complexe ni retenue. Chloé, nouvelle venue dans les bacs (elle apparaissait sur une compilation en 2006) est déjà une ancienne de la scène électro française. Cela fait
quelques années qu'elle traîne ses platines dans les salles hexagonales et internationales, et qu'elle enflamme les nuits parisiennes dans la mythique salle du PULP. Artiste en part entière,
Chloé est également la co-fondatrice du label Kill the Dj avec Ivan Smagghe. Il manquait une corde à son arc : un album en guise d'attaque frontale. La première flèche décochée s'appelle The
Waiting Room et elle est empoisonnée. Un poison qui s'immisce dans le corps, l'arrache à sa mobilité pernicieuse jusqu'à le faire exploser en vol.
Dès le deuxième titre, l'envoûtant I Want You, Chloé se pose comme l'arme fatale de la French Touch en manque de talents depuis quelques années - même si le mouvement fut régénéré il y a
peu par Justice. Une French Touch plus personnelle, plus sensuelle, plus voluptueuse que ses aînés. Chloé apporte toute sa sensibilité féminine à des morceaux de satin. Les quinze compositions
proposées marient avec talent une électronique sensuelle (l'immense Brashov), des guitares tranchantes (l'ensorcelant It's Sunday) ou douces
comme une caresse un soir d'été (le fascinant et bluesy Around the Clock), et une voix lubrique. Chloé ne s'enferme jamais dans un schéma englobant,
mais s'amuse toujours à flirter avec les sens, à jouer avec les sensations, à bouleverser les points de vue. Les influences sont multiples : du flamenco à PJ Harvey, en passant par la figure
tutélaire de Björk et des maîtres de l'électro vaporeuse (Zero 7 et autres Massive Attack).
Au final, The Waiting Room séduit autant par son raffinement que par sa diversité. Il peut s'écouter sous la couette (Beneath the Underground) ou sur la piste de danse
(l'endiablé No one can be), avec un casque ou le volume poussé à fond sur une chaîne puissante. Sa seule constante : le souffle de vie qu'il dégage. Revigorant et
rafraîchissant.
Par Nicolas
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Publié dans : itinéraire musical
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