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Le guide libyen est enfin parti. Le cadeau empoissonné s’en va avec l’arrivée de Noël, pour notre plus grand bonheur à tous. Que faut-il retenir de cette visite ? Les hommages républicains à un terroriste, dont le visage symbolisait autrefois la haine de l’homme pour ses congénères, la violence et la mort, le Mal absolu ? L’efficacité redoutable d’une communication présidentielle instrumentalisée (le ‘non’ de Rama Yade, aussi sincère que les déclarations pro-environementale d’Al Gore, ancien numéro deux d’un pays ayant toujours refusé de promouvoir la survie de notre planète, rien moins que ça) ? Le cynisme extrême d’une politique-marchandisation, la soumission de la chose publique au commerce, ou comment le libéralisme pervertit maintenant les droits de l’homme ; c’est-à-dire que la marchandise, la valeur marchande des biens, la vente devient plus importante que la mémoire ? Oui, à l’heure du départ d’un homme les mains tachées de sang, c’est à cela qu’il faut méditer. Sans complaisance ni retenue. Les relations internationales et la diplomatie exigent du réalisme, de l’ouverture. On ne peut vivre éternellement dans la haine ; il faut, avec le temps mais sans oubli, travailler au rapprochement. La CECA puis l’Europe furent plus efficaces qu’un traité de Versailles dégradant et porteur en germe d’une haine à venir. Mais là, non ! La République française, patrie des libertés, des idéaux révolutionnaires et démocratiques, terre du modernisme ne peut accepter de se corrompre pour sa balance commerciale. Aucune Rafale, aucune centrale nucléaire ne peut masquer la mesquinerie d’un despote tortionnaire. Nicolas Sarkozy, en accueillant Kadhafi approuve sa politique mensongère et atroce. Qui peut encore douter que le colonel ait monté de toute pièce l'histoire des infirmières bulgares ; pour ensuite s'auto-proclammer comme le libérateur de ses huit pauvres femmes torturées pendant plus de huit ans ; et enfin négocier de juteux contrats ? Il n'y pas de gagnant-gagnant dans cette affaire, mais un seul gagnant : la barbarie, l'obscurantisme, la violence, le refus du repentir, et l'ultralibéralisme. C'est la fin d'une éthique internationale - ou plutôt la confirmation que quand il s'agit de relations internationales, c'est la richesse qui importe et l'emporte. Certitude d'une tristesse ineffable ; comme l'est la participation de la France à cette mascarade.
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