Mardi 18 décembre 2007
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Alors que le froid s'abat sur la France, un réchauffement salutaire nous arrive d'un pays habitué aux extrêmes
climatiques : la Suède. Une musique limpide comme les cristaux de neige et douce comme un soleil d'hiver. Réconfortant.
Depuis plusieurs années, dans la foulée d'une Björk omniprésente, les voix féminines susurrantes se multiplient dans la production musicale contemporaine. Souvent évanescentes et sensuelles,
elles habillent magnifiquement une musique épurée et minimaliste. On pense à Cocorosie ou à Emiliana Torrini. La nouvelle sensation répond au nom énigmatique de Promise and the Monster, auteur
d'un magnifique premier album tout aussi mystérieux : Transparent knives. Mais un nom et un seul se cache dernière ce barbarisme : Billie Lindahl. Avec un tel patronyme, on aurait plus
imaginé la suédoise dans un bar feutré de Saint-Germain, en train de chanter des classiques de jazz accompagnée d'un simple piano. En héritière de Billie Holliday et Lisa Ekdahl. Non, malgré ce
nom, elle chasse magnifiquement sur les terres d'une low-fi inspirée et entêtante. Dès les premières notes de Sheets, guitare et voix semblent s'engouffrer dans nos membres avec
délicatesse. Il suffit de fermer les yeux pour s'imaginer dans une nature gigantesque et envoûtante. Dans des fjords par exemple.
Quelques morceaux s'imposent rapidement comme des hymnes à la pureté et à l'harmonie des corps : Antarktis et sa voix hypnotique, magnifiquement doublée sur le refrain ; Silver
Speaking ou Night Out I et son riff de guitare digne d'un cow-boy solitaire et désespéré. Les guitares, justement, sont d'une simplicité déconcertante. Leur seule raison
d'exister réside en le soutien de composition aux mélodies terriblement efficace. Mais l'ensemble ne sombre jamais dans la facilité, car derrière chaque chanson se cache un elfe qui ne désire
qu'une chose : nous perdre dans les méandres d'une musique de l'intimité. D'ailleurs, Promise and The Monster est moins convaincant quand il s'essaie à la grandiloquence (sur Words par
exemple).
Heureusement, la formule éthérée l'emporte souvent, pour notre plus grand plaisir. Mais sans ennui, tant les mélodies s'envolent du blues aux airs médiévalistes en passant par le jazz ou les
contines redoutables (Single Girl, Married Girl). Cette année, pas de doute, le père Noël habite en Suède.
Par Nicolas
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Publié dans : itinéraire musical
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