itinéraire dans la presse

Mercredi 11 juillet 2007 3 11 /07 /Juil /2007 12:00



"Harry Potter va vous ensorceler" titre Le Parisien. Et oui, difficile ce matin d'échapper au retour du petit sorcier à lunettes. "Le cinquième épisode, sort aujourd'hui sur 950 écrans, le septième roman (en anglais) arrive le 21 juillet et les produits dérivés sont déjà dans les rayons" détaille le quotidien. Dans cet épisode, le héros devenu ado et ses camarades d'école organisent la résistance face au super-méchant Lord Voldermort. On nous promet un épisode "plus sombre, plus psychologique", mais aussi des surprises.Et la première surprise est aujourd'hui à la une du Figaro : "L'ISF : un allègement surprise sur la résidence principale". Anne Rovan détaille cet "invité surprise du paquet fiscal de l'été, et ce n'est pas le moindre". "Contre toute attente, François Fillon aurait donné hier son accord pour porter l'abattement d'ISF sur la résidence principale à 30% au lieu de 20%". Cette bonne nouvelles s'ajoutent à celles débattues hier à l'Assemblée Nationale et parfaitement résumées ce matin dans Le Dauphiné : heures supplémentaires, emprunts immobiliers, droits de succession, bouclier fiscal, réduction d'ISF, défiscalisation du travail étudiant, parachutes dorés, stock-options et RSA. Car les riches s'enrichissent, peut-être les pauvre peuvent-ils aussi espérer un petit coup de baguette magique présidentielle ! A lire donc ce matin dans Le Parisien, une longue interview de Martin Hirsch qui revient sur la création du RSA (revenu social d'activité) qui devrait remplacer le RMI, pour que la formule "travailler plus pour gagner plus" devienne une réalité.
Libération ce matin fait sa une sur les "éléphanteaux" du PS. Pour Renaud Dély, dans son éditorial, le savoir-faire de Nicolas Sarkozy, sa capacité à faire "émerger de nouvelles couleurs et nouveaux visages" renvoient à "l'immobilisme" du Parti socialiste. Les "pachydermes roses" séduit par l'Elysée ont au moins le mérite de laisser la place à une nouvelle génération prêt à "rénover, de fond en comble, la ménagerie socialiste". Alain Duhamel, dans les pages Rebonds du quotidien souligne également le "besoin d'audace" de la gauche face au bonapartisme sarkozyen ; besoin d'audace mais surtout "besoin de changer de siècle plutôt que de pleurnicher". Alexis Brézet, dans Le Figaro, dithyrambique s'enflamme pour les "sortilèges de Nicolas Sarkozy" capable de tout : l'ouverture, l'appui de l'Eurogroupe, la déconstruction du PS... Il s'amuse d'un PS bien malade. Sortilèges pour Le Figaro donc... "Magie" pour L'indépendant. "Il y a un côté Harry Potter" chez Nicolas Sarkozy. "Un Harry Potter sans baguette magique mais tout aussi décidé à vouloir changer le cours des choses". Bernard Revel se réjouit de cette ouverture "d'en haut", mais il fait maintenant le voeux pieux d'une ouverture "partagée" qui se "répande dans le pays". Et là, tout reste à faire : '"il est à craindre qu'Harry Potter lui-même, avec toute sa magie, n'y arriverait pas". Faut-il craindre la "fuite des cerveaux" stigmatisée dans La dépêche du Midi? Oui répond dans son éditorial Jean-Pierre Bédéï. Car le plus grave dans cette affaire reste "l'évaporation socialiste qui affaiblit un parti totalement désemparé après deux défaites électorales". "Les socialistes donnent l'impression de ne plus croire en leur avenir, en eux-mêmes" ; "la refondation apparaît une tâche hors de portée tant le découragement est grand, tant les pesanteurs du PS leur semblent un obstacle à toute rénovation" ! Oui... mais répond La Charente libre qui voit aussi dans la future nomination de DSK à la tête du FMI, une preuve accablante des "désarrois des socialistes". Mais Dominique Garraud, relativise les possibles retombées positives de cette nomination pour Nicolas Sarkozy et voit en DSK le "candidate de tous". Françoise Fressoz dans Les échos est plus tranchante : "l'ouverture de Nicolas Sarkozy est un bon baromètre de l'état de K.-O avancé dans lequel est plongé le Parti socialiste". Elle conclue en affirmant que l'ouverture "repose sur le pari fou que le président peut à lui seul recomposer idéologiquement le pays, fondre les contraires, priver l'opposition d'air, obligé la majorité à composer, et agir pour le bien commun. Cela fait beaucoup pour un seul homme". Sauf si cet homme se prend pour un magicien...
L'Algérie est aussi à la une de vos journaux ce matin. Dans La Voix du Nord, pour commencer, vous trouverez une analyse très intéressante d'Hervé Favre qui revient sur la visite de Nicolas Sarkozy, hier, en Algérie. Visite éclaire, mais visite fondamentale pour renouer des liens amicaux avec ce pays toujours réticent, revendicateur quant à un véritable "devoir de mémoire", et rancunier suite à la loi de 2005 relative au "rôle positif de la colonisation". Mais, face aux enjeux économiques et énergétiques qu'une Algérie pacifiée représente aujourd'hui, Nicolas Sarkozy entend bien faire table rase du passé. "Je ne suis pas de cette génération pour qui l'histoire pèse lourd". C'est Hubert Coudurier qui rapporte ces propos du président dans Le Télégramme. Oliver Picard, dans un vibrant plaidoyer publié dans Les dernières nouvelles d'Alsace déplore cette attitude : "il faut savoir demander pardon, même quand on n'a pas tous les torts". Cette "acte de reconnaissance" est indispensable pour bâtir une véritable union, "une réelle amitié avec les adversaires d'hier". Ouest-France, dans un passionnant éditorial, revient aussi sur cette visite visant à poser les premières pierres d'une Union méditerranéenne. "Rêve séduisant" certes, mais qui a souvent connu l'échec. "Favoriser l'émergence d'une zone euro-méditerranéenne, où les valeurs et pratiques de l'Union tendraient à se diffuser est un grand et beau projet". Mais Joseph Limagne continue : "encore faut-il que la partie Sud de cet ensemble ne fasse pas figure de banlieue de l'Europe, destinée seulement à protéger de l'immigration clandestine ou à garantir ses approvisionnements énergétiques". Un axe véritable n'aura alors de sens que s'il contribue à lutter contre un "ensemble arabo-islamique en opposition, voire en confrontation avec l'Europe". Mais avant cela, il faudra dépasser les "obstacles majeurs'" que sont les "conflits non résolus du Proche-Orient". Et là pour une fois, nous souhaitons vivement que notre Harry Potter national réussisse d'un coup de baguette magique. 


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Mardi 10 juillet 2007 2 10 /07 /Juil /2007 12:50
Alors que l'Assemblée Nationale commence aujourd'hui l'examen du "paquet fiscal" proposé par Nicolas Sarkozy, Libération revient ce matin longuement sur "un plan coûteux et inefficace économiquement" (Didier Migaud, député socialiste et président de la commission des finances de l'AN cité par le quotidien). Le député continue en dénonçant un cadeau "inopportun et déséquilibré avec des mesures qui vont être coûteuses en matière budgétaire". Libé détaille, avec précision et pédagogie, ce qu'il aurait pu (du) être fait avec ces 13 milliards d'euros. Relancer le pouvoir d'achat (amélioration de la prime pour l'emploi, augmentation des minima sociaux, augmentation des salaires), doper l'investissement (soutien à la recherche publique, plan pour les PME innovantes, financement des projets d'infrastructures), aider les services publics (plus de moyens pour la justice, éviter le saignement de l'Education nationale et investir dans le logement social) : c'est un véritable programme économique de substitution que vous propose aujourd'hui le quotidien, ou comment mieux utiliser un cadeau fiscal qui fera plaisir aux riches avant les départs en vacances. A lire enfin dans Libération une chronique acerbe de Pierre Marcelle (pages rebonds) dans laquelle il dénonce, virulent, Nicolas Sarkozy et la prétendue compétence économique de la droite. 
Nicolas Sarkozy par-ci, Nicolas Sarkozy par-là, difficile d'y échapper ce matin. Les citoyens d'Océania-France ne peuvent que constater et obéir. Mais heureusement, contrairement au monde imaginaire décrit par Orwell, la critique existe encore, et elle est dense ce matin. C'est le cas par exemple de Philippe Waucampt qui, sarcastique, propose l'instauration "d'une journée sans Sarkozy" (dans le Républicain lorrain). Et il continue, raillant "l'ubiquité du chef de l'Etat (qui) crée une telle mise en abysse qu'on le croirait sorti tout droit des effets spéciaux de X-Men ou Matrix, comme ces créatures se scindant ou se démultipliant à volonté". Plus sérieux, il dénonce, en matière économique, "l'absence de discipline" ; et au niveau européen "la géométrie variable" d'un président à la fois "libéral européen" et "gaulliste interventionniste". Pierre Taribo, plus objectif dans L'est républicain voit en Nicolas Sarkozy et son "programme titanesque", à Bruxelles hier, en Algérie aujourd'hui, en Tunisie demain un président courageux qui "ose se mettre en première ligne sur les sujets difficiles". "Il ne se contente pas de diriger l'orchestre, il est l'orchestre à lui tout seul" continue-t-il ; c'est "Hercule à l'Elysée". Mais attention aux effets médiatiques et aux longues dissertations sur le rôle et l'agitation de Nicolas Sarkozy, car "ce qui est important, c'est la santé de nos finances et les solutions proposées pour revenir à l'équilibre". Véritable mise en garde de l'éditorialiste contre le "musée de la magie, le syndrome de l'activisme" et la "solitude du pouvoir" que cela engendre. Nice Matin va dans le même sens. Jean-Louis Gombeau déplore les "prises de risques" de Nicolas Sarkozy qui pourraient être fatales quand l'opposition "aura rechargé ses batteries et ne se gênera pas pour mitrailler les premières lignes". "Fin de la récréation" pour le quotidien ; "première difficulté" pour Le berry républicain. Car l'Europe n'est pas la France, ce sont des "interlocuteurs qui ont toutes les raisons de ne pas reculer". Nos quotidiens reviennent en effet sur la présence de Sarkozy hier à la réunion informelle des ministres de l'Eurogroupe. Ouest-France renchérit : "en Europe notre marge de manoeuvre est étroite". Car rappelle Paul Burel, "au front du débat économique, le président français n'est pas mieux placé, aujourd'hui, pour donner la leçon et le cap". Jacques Camus dans La République du Centre va dans le même sens "le charme sarkozyen n'a pas subjugué les grands argentiers communautaires pour qui un euro est un euro". Autre marque de défiance de nos éditorialistes ce matin, Henri Favre dans La Voix du Nord, qui note que la "promesse de lendemains plus vertueux laisse nos partenaires dubitatifs".
 
On n'échappe pas à Nicolas Sarkozy ce matin, même quand il s'agit d'une Union méditerranéenne. Car c'est encore lui qui se rend pendant deux jours au Maghreb pour relancer une idée ardemment défendue pendant la campagne. Sud-ouest voit dans la remise sine die de la visite présidentielle au Maroc le premier couac de l'hyperactif Chef d'Etat, mais Pierre Rousselin dans Le Figaro est plus nuancé et estime que cette union méditerannéenne, même si "elle sera semée d'embûches", "mérite d'être tentée, dans l'espoir de trouver l'harmonie au nord comme au sud de cette Mare Nostrum".
 
Un hyperprésident qui centralise tout, et une vie sous surveillance, bienvenue dans un monde à la 1984. C'est la une de plusieurs de vos quotidiens régionaux ce matin : "surveillé ou espionné?" s'interroge par exemple Le Télégramme en manchette. Le journal revient sur un rapport de la CNIL qui lance une alerte à la société de surveillance qui menace la "protection des données et nos libertés". Cette "technologie (qui) tend à devenir invisible" s'immiscerait dans notre vie privée, créant une "société de surveillance" (c'est dans Le Républicain lorrain). On ne compte en effet plus les incursions des vidéos : "fichage commercial, géolocalisation des salariés, biométrie : de plus en plus la vie des Français est épiée" en une du journal. Dominique Garraud dans La Charente libre reprend la même image orwellienne et rappelle que 3600 plaintes ont été déposées l'année dernière auprès de la CNIL. Il stigmatise le "décalage croissant entre des progrès technologiques permettant une surveillance individualisée de tous les instants et la faiblesse des garde-fous indispensables en matière de protection des libertés individuelles". Francis Brochet dans Le Progrès s'amuse du "Big Brother qui perce sous le Petit Nicolas". Ah décidément ce matin, comme hier, comme avant-hier... comme demain? il est difficile d'échapper à ce regard sombre qui nous épie...
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Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /Juil /2007 10:19
Nicolas Sarkozy


Dans vos journaux ce matin, il est (encore) beaucoup question de Sarkozy. Sarkozy intransigeant sur les prisons, Sarkozy présent sur tous les fronts. Côté pile donc, le président a décidé d'abandonner la rituelle amnistie du 14 juillet. La Charente libre rappelle que les arguments justifiant cette position sont "irréfutables sur bien des points". "Fait du Prince", refus d'une "gestion hôtelière" des prisons, cohérence des mesures prises. Inquiet, Dominique Garaud note cependant que l'inflation carcérale de même que les risques de mutineries se profilent à l'horizon. Il faudra revoir le budget de la justice, car la France se place aujourd'hui à un "piteux dix-septième rang européen". Le républicain lorrain va dans la même direction en notant que "le drapeau rouge - comme danger - flotte sur la marmite carcérale". Philippe Waucampt continue : "faute de crédits adéquats pour procéder dans l'immédiat aux ouvertures de maisons d'arrêt nécessaires, le gouvernement se trouve engagé dans une course contre la montre". Dans Les dernières nouvelles d'Alsace, Olivier Picard renchérit : si cette décision est sage d'un point de vue éthique - elle remettait en cause l'indépendance du pouvoir judiciaire - il dénonce une mesure qui "n'en est pas pour autant exempte de démagogie, d'imprudence et d'une dureté hors de propos".
 
Côté face, "Sarkozy au banc d'essai" comme le titre Le Parisien. Le journal fait la une de ce superprésident qui n'en finit plus d'intervenir sur tous les sujets : "les président de la République est partout. Ce lundi, il s'invite à Bruxelles avec treize ministre des finances, et il s'annonce déjà sur une étape du Tour de France. Depuis deux mois, Nicolas Sarkozy se multiplie, recevant étudiants, syndicalistes ou parents plongés dans un drame familial". L'éditorialiste s'émeut de mesures "spectaculaires" d'un président qui préfère la "démagogie" à la réflexion de fond, surfant sur la "fragilité du moment". Ainsi, Nicolas Sarkozy s'est invité aujourd'hui à Bruxelles, lors de la réunion des ministres des finances de l'Eurogroupe pour défendre sa politique budgétaire qui se fixe comme objectif  le retour à l'équilibre budgétaire pour 2012. Christine Clerc dans Le Télégramme met en garde le président contre les "réalités économiques" qui pourrait rapidement le rattraper. Philippe Alexandre renchérit dans Le bien public : "l'état de grâce dure depuis deux mois mais certains signes font apparaître sa fragilité". Frank De Bondt dans Sud-ouest va plus loin. Il dénonce un Sarkozy qui "agace" et une "méthode du bulldozer (qui) peut se révéler payante dans un pays assoupi et archaïque; elle est moins appropriée aux subtilités et aux susceptibilités de la construction européenne". Dans Le Figaro, on s'enthousiasme (bien sûr) de ce "changement de style" qui ne doit pas rester seulement au niveau de la forme, mais aussi du fond. Le "devoir d'explication" est indispensable : sur la politique budgétaire bien sûr, mais aussi sur les indispensables "mesures qui fâchent" qui ont isolé la France. Et Gaëtan de Capèle de conclure : "Le devoir de Nicolas Sarkozy est de démontrer à l'Europe que le changement observé en France ne se limite pas à un nouveau style. Pour cela, il doit lui donner des gages. Et vite".
 
Journée de contraste donc. Comme le résume parfaitement Jacques Camus dans La République du Centre, Nicolas Sarkozy manie parfaitement "l'ouverture et la fermeture" : ouverture pour la gauche, et fermeture pour les prisons. L'éditorialiste met cependant en garde le président contre la "griserie" et "l'arrogance", qui pourrait être tenté d'épingler les personnalités de gauche l'ayant rejoint sur son "tableau de chasse présidentiel". Francis Brochet dans Le Progrès s'amuse pour sa part du "terrible contraste" entre celui qui "a des projets" et celle qui "a des regrets". Singulière confession hier en effet d'une Ségolène Royal qui se voit tout à fait présidente en 2012 et qui prépare son autocritique pour la rentrée. Et l'éditorialiste de pronostiquer : "Sarko et Ségo, ce n'est pas fini". Le premier montre un plaisir "jubilatoire" dans son rôle. Le télégramme appelle cela "Le bonheur de régner" qui va de paire avec le bonheur "d'abaisser les uns, d'élever les autres". Marc Chevanche, dans Nice Matin critique ainsi durement le PS et ses hommes qui ne savent résister aux sirènes du pouvoir. "Le Parti socialiste paie au prix fort ses deux principales infirmités actuelles. Sans doctrine et sans programme, il est dans l’incapacité intellectuelle de résister aux sirènes du consensus. Sans leader incontesté, il n’est plus en mesure de discipliner des troupes prêtes à la débandade. Pour Nicolas Sarkozy, chez qui la politique ne s’arrête jamais, l’occasion est alors trop belle pour n’être pas saisie. L’opposition, il ne se contente pas de la battre, il s’emploie désormais à l’abattre". Car la nouvelle ne vous a pas échapper se week-end, et vos quotidiens y reviennent longuement dessus ce matin : Nicolas Sarkozy veut proposer et soutenir DSK à la tête du FMI. "Entreprise de démolition, pierre par pierre, du Parti socialiste" pour L'est républicain. Pierre Taribo rappelle cependant, que cette politique est à "double tranchant", "mélange d'audace et de machiavélisme" qui pourrait se retourner contre lui, si l'ancien Ministre des finances se constitue une stature de présidentiable avec ce poste.
 
Enfin, il a été beaucoup questions du chiffre sept ce week-end à l'occasion du samedi 7 juillet 2007. Alors certains de vos journaux reviennent ce matin sur le vote de 100 millions d'européens qui ont désigné ce les sept nouvelles merveilles du monde. L'indépendant, par exemple, cite la liste des élues, relatant les fêtes qui ont accompagné ce choix : la Grande muraille de Chine, la statue du Christ rédempteur au Brésil, la cité troglodyte de Petra en Jordanie, le mausolée du Taj Mahal en Inde, le Colisée à Rome, les ruines incas du Machu Picchu au Pérou et l'ancienne cité maya de Chichen Itza au Mexique... mais aussi les grincements de dents à l'Unesco, à Paris mais surtout en Egypte qui se targue d'accueillir la seule "vraie" antique merveille du monde encore debout. Même si ces résultats sont contestables (et contestés), tous ces bâtiments ont le mérite d'être une véritable incarnation du génie humain. Et il est bon de rappeler ce que l'humanité a produit de plus grand au cours des derniers siècles, afin qu'une phrase anodine et choquante ne passe pas inaperçue à la une du Monde : le kalachnikov est un "symbole du génie créatif russe". C'est Vladimir Pountine qui le dit, et il ne doit pas être parmi les 100 millions de votants.
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Vendredi 6 juillet 2007 5 06 /07 /Juil /2007 10:40

Photo : villepin18.jpg

"Villepin rattrapé par Clearstream" annonce Libération en une. Et la majorité de vos quotidiens font ce matin leurs gros titre de ce "retour". L'ordinateur de général Rondot a donc parlé, les policiers ont perquisitionné au domicile de l'ancien premier Ministre et Laurent Joffrin explique : "s’ils se confirment, si l’enquête les complète, des éléments tangibles tirés d’une mémoire informatique ressuscitée montrent qu’il y a bien eu un complot politique visant à écarter l’actuel président de la course à l’Élysée par des moyens de basse police". L'éditorialiste espère que "la justice aille au bout de son travail". C'est une autre question, posée par Libé,  et plus ou moins avouée, qui est sur toutes les lèvres ce matin : "Jacques Chirac a-t-il été l'échelon supérieur de cette affaire?". Jacques Camus, dans La République du Centre donne un élément de réponse : Dominique de Villepin devrait être "bien seul" dans cette affaire, "Jacques avait ouvert le parapluie constitutionnel, dès le 22 juin dernier, en déclarant qu'il refuserait d'être entendu sur des faits accomplis ou connu durant son mandat". Ironique, l'éditorialiste continue : "intouchable, l'ex-président laisse le soin à son ancien premier Ministre d'être touché... et éventuellement coulé". Ironique également Bernard Revel dans L'indépendant : "voila que la justice sort le poète du soleil noir de la mélancolie et l'expose sous les projecteurs". Nos éditorialistes s'interrogent également ce matin, à l'instar d'Hubert Coudurier dans les pages du Télégramme : "veut-on tuer Dominique de Villepin?". Il fait état de l'absence de confrontation entre deux protagonistes de l'affaire (Lahoud et Gergorin) et y voit une preuve de "l'acharnement politique contre un homme désormais à terre". Difficile vie politique ! 
L'ambiance est délétère à gauche, avec un autre retour, celui des divisions du PS. "La grosse colère de Jack Lang" titre ainsi L'indépendant". L'ancien Ministre de la culture, approché par François Fillon pour participer à une commission sur la réforme des institutions, n'a pas accepté que le président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale le menace de ne plus faire partie "à part entière" du groupe s'il acceptait cette mission. On apprend ainsi dans Le Parisien que Jack Lang a envoyé une lettre au député de Loire-Atlantique dénonçant la "suspicion et la chasse aux sorcières".
Laissons le mot de la fin (politique) à Francis Brochet, dans Le progrès. Tranchant, sarcastique et désabusé, il affirme que "la défaite rend bête et méchant" et que les "haines" se généralisent aux plus sommets de l'Etat. Il conclue par une citation d'Edouard Herriot : "la politique doit sentir un peu la merde. Pas trop, mais un peu".
Autre nouvelle abondamment traitée par vos journaux ce matin : "Le retour de la grippe aviaire" selon La Voix du Nord ou "Grippe aviaire : vigilance !" pour Le Berry républicain. Trois cygnes découverts morts avant-hier, dans un étang de la commune d'Assenoncourt en Moselle, se sont bien révélés être porteurs du virus H5N1. Le Dauphiné explique que la "conséquence directe" est simple : "les autorités ont fait passer le niveau d'alerte de modéré à élevé". Ceci se traduit essentiellement par des mesures de préventions : protection des volailles pour éviter tout contact direct ou indirect avec les oiseaux vivant à l'état sauvage et rassemblements de volailles et d'oiseaux interdits. Olivier Picard se veut rassurant dans Les dernières nouvelles d'Alsace : "Les trois cygnes morts d'Assenoncourt ne font pas résonner une menace mais ils envoient un avertissement.". Quelque peu fataliste, il continue en affirmant que "les Français doivent apprendre à vivre avec ce genre de danger potentiel en prenant leurs précautions sans pour autant céder à la panique médiatique à chaque fois qu'un nouveau cas de grippe aviaire se déclare", et rappelle que le "risque zéro n'existe pas". 
Autre retour demain pour finir la semaine sur une note plus gaie : la Grande Boucle débute demain, à Londres. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, celle-ci entraîne dans son sillon une vague de soupçons dont elle aura du mal à se débarrasser. "La moindre évocation du Tour de France est prétexte à réveiller les vieux démons qui empoisonnent le cyclisme" déplore La dépêche du midi en introduction de son éditorial. Le quotidien s'attriste de ce "cancer redoutable" qui mine cette grande fête cycliste, mais enflammé, il en appelle à un sursaut national pour "rendre toute sa noblesse à cet incomparable monument du patrimoine français que le monde entier nous envie". Car comme le fait remarquer Pierre Taribo dans L'est républicain, le Tour de France est comme la magie : "on se doute qu'il y a un truc mais on reste accro". 
Et face à cette actualité agitée, faîte de corbeaux dénonciateurs, d'éléphants rancuniers, de volailles soupçonnés et de lièvres dopés, les français ont besoin de ce "rituel de juillet". "Le spectacle continue" conclue le quotidien, pour notre plus grand plaisir ! 

 

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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /Juil /2007 10:30

Le déficit du régime général de la Sécurité sociale devrait être de 12 milliards d'euros d'ici la fin de l'année.

A la une du Berry républicain ce matin, un dessin résume parfaitement la situation : François Fillon, maillot jaune accroché à son vélo, tirant difficilement trois dossiers "Sécu, Immigration, Service minimum". La voiture suiveuse, conduite par Nicolas Sarkozy lui assène "C'est parti! Tu démarres à fond et ensuite tu accélères". En effet, comme le titre le quotidien, nous sommes entrés "dans le vif des réformes". Car c'est une mauvaise nouvelle qui est arrivée hier pour les comptes de la sécurité sociale : "l'alerte rouge" titre Le Figaro. "Dérapage des dépenses de santé, course à la retraite des seniors et mauvaises surprises sur les recettes" devraient causé un déficit de douze milliards d'euro au lieu des huit initialement prévus dans la loi de financement de la sécurité sociale. La Voix du Nord souligne que "le gouvernement se porte au chevet de la sécu". Tous nos quotidiens, à l'unisson, s'inquiètent en effet ce matin du "gouffre" (L'est républicain) de la Sécurité Sociale. Pour Pierre Taribo, ce sont "toujours les mêmes qui trinquent" et les "mêmes vieilles recettes". Même analyse chez Daniel Ruiz du Berry : il va maintenant falloir mettre "la main à la poche". Car "l'exception française" ne pourra pas durer éternellement, comme le rappelle Jean-Louis Gombeau dans Nice Matin. Le retour à l'équilibre des comptes publics déjà annoncé pour 2012 au lieu de 2010 ne pourra être remis aux calanques grecques, d'autant plus dans un contexte ou la France veut donner l'image de l'élève parfait relançant la construction européenne. 
Et le déficit de la Sécu n'est pas le seul boulet que va devoir se traîner le gouvernement dans les prochains mois.  "Des réformes en rafale" titre La Charente libre. Dominique Garraud revient sur le Conseil des ministres extrêmement chargé hier. Toutes les promesses du candidat Sarkozy y sont passées : projet de loi sur l'autonomie des universités, nouveau texte sur l'immigration, l'intégration et le droit d'asile, projet de loi-cadre sur le service minimum. Ces textes sont pour l'éditorialiste "porteurs de changements importants". Nicolas Sarkozy se pose donc en président "pragmatique", loin de l'image d'hyperprésident passant en force qui lui colle les médias : "il n'a pas oublié d'intégrer que le pragmatisme de tous les instants est aussi une des principales qualités requises pour un homme d'Etat désireux de durer au lieu d'endurer". Son de cloche identique mais plus polémique chez Olivier Picard des Dernières nouvelles d'Alsace : Nicolas Sarkozy étonne par sa volonté de "réformer le pays". Mais le président "prend le risque d'étouffer le débat et d'asphyxier les forces vives de la France". L'éditorialiste s'inquiète ainsi pour le "dialogue et l'ouverture" promis par le chef de l'Etat. 
Hubert Coudurier justifie cette hyperactivité par "l'euphorie actuelle dans laquelle l'opposition a perdu ses marques", affirmant tout de suite qu'elle ne sera pas "éternelle". Car le train des mesures de relance suscite "un certain scepticisme dans les milieux économiques". Doute qui touche tous les acteurs professionnels, associatifs et syndicaux concernés par les mesures annoncées hier. Ainsi, Libération publie un vibrant appel du Syndicat de la Magistrature dans ses pages Rebonds. Les auteurs rappellent les principales mesures prévues par le texte de loi présenté ce matin au Sénat par Rachida Dati, et donne un exemple cinglant : "Ainsi, un adolescent de 16 ans condamné deux fois pour un vol à l’arraché de téléphone portable devra, par principe, la troisième fois, être condamné à une peine minimale de deux ans d’emprisonnement". Ils s'attardent ensuite sur les principaux reproches faits à ce texte : remise en cause du principe d'individualisation de la peine faisant de la justice "une machine à punir indifférente aux réalités des personnes qu'elle est amenée à juger" ; ils s'insurgent contre "l’esprit particulièrement régressif de ce texte qui fait de la peine d’emprisonnement le centre de la réponse pénale" ; ils continuent en affirmant que "l’objectif de dissuasion qu’il [le texte] poursuit nous apparaît totalement illusoire et même contre-productif". 
L'écologie est aussi au centre des priorités du quotidien Libération ce matin en accordant une large tribune au "plan pour la planète" du président brésilien Lula, qui ouvre ce matin une conférence sur les biocarburants avec l'Union européenne. Laurent Joffrin, dans son éditorial, affirme que Lula est porteur d'une "troisième voie" qui mérite l'exploration. Ni "croissance sans frein qui épuisera les ressources limitées", ni "décroissance et défiance envers le progrès", ce plan concilie "protection planétaire et développement". Et l'éditorialiste de se réjouir : "peu à peu, les gouvernements les plus raisonnables se rallient à cette conception équilibrée. Un axe Europe-Amérique latine se constitue sous nos yeux. Bonne nouvelle".
Enfin, beaucoup de nos quotidiens s'interrogent ce matin sur LA vraie question qui intéresse tous les français en ce début de mois de juillet : "c'est quand l'été?". Et oui, les temps sont durs, et pas seulement pour les anciens premiers Ministres empêtrés dans une affaire de corbeau qui ne cesse de croasser... Ah! triste début d'été des départs en vacances, faits d'espérance mais aussi de solitude. Le Parisien revient ainsi sur "la grande solitude de Ségolène Royal". "Les fidèles se font plus rares" et "son influence baisse dans le parti". Nombreux sont les hommes politiques qui, après la gloire, pourraient donc faire la difficile expérience des abysses...

 

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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /Juil /2007 10:05
François Fillon, lors de son discours de politique générale, mardi 3 juillet 2007. | AFP/THOMAS COEX

"Minimaliste" s'exclame Laurent Joffrin dans l'éditorial de Libération. Rien de neuf dans le discours de politique général de Monsieur Fillon hier, si ce n'est la promesse de l'introduction d'une dose de proportionnelle que le rédacteur en chef applaudit à deux mains. Mais il reproche au Premier ministre son manque "d'audace institutionnelle". Libé va même plus loin : le discours d'hier serait, comble de l'ironie, la marque de la "dissolution de [la] fonction" de Premier ministre. La VIe République est en marche : primo-présidentielle avec un Parlement au pouvoir renforcé (détermination de l'ordre du jour, contrôle accru, etc.). Pascal Virot rappelle que Nicolas Sarkozy veut revenir sur une règle datant de 1873 "lorsque les députés (de droite) ont interdit au chef de l’Etat de se présenter dans l’hémicycle, redoutant de succomber à Adolphe Thiers, orateur capable de retourner une Chambre rien que par son éloquence". Il entend bien venir défendre lui-même sa politique devant les députés. Dans les pages Rebonds du quotidien, Alain Duhamel voit en François Fillon un simple "vice-président" naviguant à vue dans un nouveau régime présidentiel.
Dans son éditorial, Alexis Brézet voit certes en François Fillon un "deuxième homme", mais un second capable de confirmer des réformes de campagnes audacieuses dans le calme et l'acceptation. C'est là la véritable "rupture constructive" et la surprise du discours de politique générale prononcé hier.
Pour Le Figaro, le chef du gouvernement doit maintenant "aller au bout des réformes". Jacques Camus renchérit dans La République du Centre : "assez bien mais... tout reste à faire". Le Figaro insiste longuement sur les mesures institutionnelles annoncées par le Premier ministre, mesures qui selon Dominique Chagnollaud, cité par le quotidien, sont "un grand pas dans la bonne direction".
Détaillant les mesures économiques (déjà connues pour la plupart) annoncées hier, la presse régionale est en générale assez sévère : François Fillon "s'en est tenu à la feuille de route tracée par Nicolas Sarkozy" pour Le Dauphiné Libéré ; "Fillon dépositaire de la marque Sarkozy" pour Le Bien public ; "dans le pas du président" pour L'indépendant ; "mention assez bien" pour Le Parisien et "sans surprise" pour Le Télégramme. Franck de Bondt dans Sud-ouest souligne qu'il "a manqué au Premier ministre la possibilité de surprendre. Quelqu'un l'avait devancé. La voie qu'il décrivait était tracée depuis plusieurs semaines, et il ne lui restait plus qu'à répéter une leçon rabâchée". Jean-Michel Bretonnier dans La Voix du Nord fait du Premier Ministre une "victime consentante" qui doit se retirer de "la scène politique jusqu'à l'évanescence". Le discours fut un "numéro de ventriloque" : "le discours prononcé devant la représentation nationale par le chef du gouvernement était en réalité celui du président de la République". L'éditorialiste pointe le risque d'une Ve République rénovée mais de plus en plus bancale : le président de la République devra "engager sa propre responsabilité devant une chambre (...) à moins d'accepter que le pouvoir présidentiel ne glisse vers le pouvoir personnel et que la contestation ne fuie le Palais Bourbon pour exploser dans la rue". 
Sarkozy a souvent fait preuve d'un atlantisme nuancé : espérons que l'hyperprésident ne suivra pas l'exemple de son homologue américain. Nos quotidiens reviennent en effet ce matin sur la libération d'un proche de Dick Cheney, Libby, soupçonné de parjure et d'entrave à la justice, et gracié hier par Georges Bush. Ainsi, Le Figaro rappelle que cette décision fut prise sans consultation, et qu'elle est la marque d'un homme libérée de toute pression de l'opinion. Et Le Figaro de s'inquiéter : "cela pourrait se faire sentir sur des sujets aux conséquences plus lourdes, comme l'Irak ou l'Iran".
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Mardi 3 juillet 2007 2 03 /07 /Juil /2007 16:30

François Fillon à l'issue du Conseil des ...

"Qui connaît Monsieur Fillon?" s'interroge ce matin Jacques Camus dans La République du Centre. Le Premier Ministre est un "bienheureux!" semble lui répondre Olivier Picard à la une des Dernières nouvelles d'Alsace. Pierre Taribo dans L'Est Républicain souligne ainsi que l'hyperprésident Nicolas Sarkozy s'occupe de tout, parfaite antithèse de Jacques Chirac : "pédagogie, choix des priorités et décisions". Reste au Premier Ministre de nous rassurer sur "le financement" des mesures établies par l'Elysée, le reste n'est que "baratin" (Le Figaro). Pourtant, nos quotidiens régionaux attendent beaucoup du "grand oral" de Monsieur Fillon (La Provence) : quel style entend donner le Premier Ministre à son mandat? Sera-t-il capable de redonner un sens à la fonction (Hervé Fabre dans La Voix du Nord)? Saura-t-il faire taire les mauvaises langues l'accusant d'occuper un "emploi fictif (Libération)? Il s'agit pour Alexis Brézet, dans Le Figaro, moins de "l'affirmation d'un moi" que de la "nécessité d'agir, pas d'exister". Il rappelle comment tous les Premiers Ministres ont fait le dur apprentissage de cette relative ombre présidentielle, soulignant qu'une "surprise" souhaitée par certains est rarement bonne pour le Premier Ministre et sa majorité. Nice-Matin conclue habilement que François Fillon "est plus le premier des ministres que le Premier Ministre". 
Sitôt son discours de politique générale prononcée, le chef du gouvernement devra s'attaquer à ce que Libération appelle les "chantiers sensibles de juillet", au premier rang duquel, la réforme des universités. Ouest France, dans un dossier précis, souligne les modifications engendrées par le projet de loi : autonomie, sélection, réaffirmation du rôle du conseil d'administration, insertion facilitée, développement des contractuels. Le service minimum ensuite. François Chérèque (CGT), dans Le Parisien, dénonce le passage en force du Président, et revendique clairement "plus de droits pour les salariés" et "plus de dialogue". Mais c'est le projet de loi sur la récidive qui inquiète le plus les quotidiens. Ainsi, dans une tribune publiée par Libération, Philippe Chaillou (président de la chambre des mineurs de la cour d'appel de Paris) s'inquiète du caractère déraisonnable, illogique, idéologique de la mesure. La prison pour les mineurs doit garder un caractère éducatif. 
François Fillon enfin devra rassurer sur les grands sujets économiques : LU risque de se faire "croquer" par une multinationale américaine, ce qui est inéluctable et nécessaire pour La Tribune. Cette marque, symbole français au même titre que le béret ou la baguette doit évoluer, progresser, mais le Premier Ministre devra s'investir sur le sujet. A moins que Nicolas Sarkozy, qui affirme "faire de la politique partout" (Les dernières nouvelles d'Alsace) prennent (une fois de plus) en main le problème.
Alors que Fillon doit convaincre 577 députés et une Nation, Nicolas Barotte, pour Le Figaro, analyse comment Ségolène Royal doit séduire plus de 200 000 militants socialistes en se posant d'ors et déjà comme la candidate légitime pour les présidentielles de 2012. Ségolène Royal doit chercher à éradiquer la dictature des courants, développer la démocratie participative au sein du parti, le personnaliser et le repositionner.
Signalons enfin la une du Le Parisien qui prophétise "la fin du règne du tout voiture" en ville. Les tramways, les vélos libre-service, le système de voiture partagée seraient le signe de nouveaux comportements urbains et d'une nouvelle manière de se déplacer. Monsieur Juppé, lui-même ancien Premier Ministre dans l'ombre de Chirac et nouvel utilisateur assidu du vélo, était donc totalement "in". Mais les électeurs l'ont mis "out". Espérons que les députés ne réservent pas le même sort à l'effacé François Fillon...

 

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Jeudi 15 mars 2007 4 15 /03 /Mars /2007 21:19
En kiosque depuis hier, les Inrocks propose cette semaine une longue interview de Ségolène Royal, mélange d'interview vérité et d'interview programme sur la culture. La candidate socialiste revient sur son enfance (naissance en Afrique, famille de huit enfants, père militaire autoritaire, éducation religieuse, influence de mai 1968), ses études (Sciences Po puis ENA) et la façon dont l'école lui a permis de s'émanciper et de trouver sa place dans la société, en rupture avec le modèle familial où les femmes ne travaillaient pas. Mais c'est surtout sur sa vision de la culture que Ségolène est la plus intéressante. La forme de l'interview fleuve lui permet de dérouler son programme. Car le constat des Inrocks est assez simple : la culture souffre aujourd'hui de certains maux qui la mette en péril, et les politiques ne doivent pas occulter ces questions lors de la campagne. Voici les grandes lignes des mesures souhaitées par Ségolène Royal :

Crise de la presse
: intervention forte de l'état par une réforme des financements publics et la création d'un statut particulier des sociétés de presse afin d'offrir une indépendance économique et financière aux titres qui le souhaite.
Education et culture : entrée massive de la culture à l'école, renforcement du rôle des bibliothèques.
L'emploi culturel : soutien à la création des emplois culturels,
relance des négociations sur le statut spécifique des intermittents du spectacle, diverses incitations pour que les emplois culturels précaires soient transformer en CDI.
Crise de l'exception culturelle française : défense ardue de cette particularité française afin de faire vivre la diversité.
Politique culturelle : augmenter le budget de la culture avec un objectif de 1% du Budget de l'Etat, rôle accru des collectivités territoriales et des associations.

Les constats sont intéressants, les grandes lignes pertinentes, mais le tout manque de profondeur. Pas de réelle mesure, peu de concret. Tous les amoureux de la culture, tous les observateurs d'un secteur qui souffre aimeraient en savoir plus. Attention, le premier tour est dans 38 jours!

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Dimanche 11 février 2007 7 11 /02 /Fév /2007 17:12

De nombreux intellectuels prophétisent depuis quelques années la mort de la pensée, de la littérature, du roman... et ce phénomène prend de l'ampleur grâce et à cause d'Internet. Récemment, par exemple, Jean-Marc Roberts dénonce "une époque qui est antilittéraire"(Le Figaro Littéraire de jeudi dernier). Todorov affirme pour sa part que "la littérature [est] en péril" (titre de son dernier ouvrage).
Sur le même thème, je vous laisse apprécier l'interview accordé au Point par l'immense hélléniste et toujours vive Jacqueline de Romily. Il est toujours aussi touchant de voir cette passionnée de littérature grecque réfléchir sur notre société moderne (Note : les passages soulignés l'ont été par nos soins). Cette profession de foi en la force de la pensée rejoint totalement l'objectif de ce blog.

Le Point : Vous venez de recevoir cette distinction suprême, la plus prestigieuse dont on puisse rêver. Etes-vous particulièrement heureuse ou est-ce juste un honneur de plus, tant il est vrai que vous avez déjà eu auparavant tous les honneurs imaginables. Vous avez même été nommée citoyenne grecque d'honneur.

Jacqueline de Romilly : C'est incontestable : j'ai été gâtée. J'ai eu la chance d'appartenir à une génération où les femmes accédaient pour la première fois au podium, où les portes s'ouvraient enfin. J'ai été la première femme à entrer à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, la deuxième à l'Académie française après Marguerite Yourcenar, la première au Collège de France. Et je ne parle pas de l'Ecole normale supérieure. Savez-vous ce qui m'a procuré la plus grande joie ? En 1930, j'avais 17 ans, les filles ont eu pour la première fois le droit de se présenter au Concours général et j'ai eu cette année-là les prix de grec et de latin. Rien par la suite ne m'a jamais rendue aussi heureuse. C'était grisant. Ma mère a soigneusement collé dans un petit carnet les coupures de presse du monde entier qui relataient ce qui était alors considéré comme un exploit. Il y en avait dans toutes les langues. Un de ces articles est d'ailleurs signé par un très jeune journaliste débutant, Pierre Lazareff. C'était son premier article. Il lui a porté bonheur. Mais, pour répondre à votre question, c'est toujours agréable et flatteur pour son ego d'être reconnu pour son travail et félicité, mais c'est surtout un formidable encouragement pour continuer la lutte que je mène et assumer jusqu'au bout de mes forces la tâche que je me suis fixée.

Vous êtes helléniste. On connaît la bataille que vous menez depuis des décennies pour que perdure l'enseignement des langues anciennes, et en particulier du grec, en voie de disparition. N'êtes-vous pas finalement optimiste pour l'avenir puisque votre combat est reconnu et honoré ?

Je ne suis pas très optimiste, ni pour mes chères langues anciennes, ni pour la française d'ailleurs, ni pour les humanités en général et, pis, guère plus pour l'avenir de notre civilisation. S'il n'y a pas un sursaut, nous allons vers une catastrophe et nous entrons dans une ère de barbarie. Il y a un désintérêt et même un dédain pour la Raison et les Lumières.

Je ne suis pas historienne et les faits m'intéressent moins que les textes. Ce qui me passionne dans les textes grecs, c'est la rencontre avec la naissance de la pensée raisonnée, rationnelle, de la réflexion, c'est l'irruption de la lumière qui est apparue pour la première fois dans un monde encore confus et obscur. Toute la morale politique et la philosophie hellènes visent à la clarté et à l'universel. Et elles ont réussi, rien n'a vieilli, leurs préoccupations sont d'une telle actualité ! Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l'autre, c'est être capable de dialoguer, c'est le seul moyen d'endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est le rempart contre la bestialité. Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s'exprimer, quand on ne manie que de vagues approximations, comme beaucoup de jeunes de nos jours, quand la parole n'est pas suffisante pour être entendue, pas assez élaborée parce que la pensée est confuse et embrouillée, il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle. Et c'est ce qui menace d'engloutir notre idéal occidental et humaniste.

Il existe d'autres formes de pensée que littéraire, sans pour autant tomber dans la barbarie.

Sans doute, mais plus simplistes, qui assènent des vérités toutes faites, pauvres et sans nuances. Et qui risquent donc de déboucher sur une pensée appauvrie, squelettique. La pensée demande des correctifs, des nuances, de la subtilité, pas des dogmes tout faits issus des fast-foods de la réflexion. Ma chaire au Collège de France s'intitulait « La Grèce et la formation de la pensée morale et politique ». C'est cette construction que j'admire, qui a jeté les fondements de notre organisation et de notre pensée occidentale et que je ne peux accepter de voir rejetée et oubliée alors qu'elle n'a jamais été aussi nécessaire. Je connais des cas d'établissements scolaires où l'on ferme l'option grec faute de crédits, soi-disant, ou pour des raisons fallacieuses d'emploi du temps alors qu'il y a quinze ou vingt élèves inscrits. On craint sans doute que les élèves ne se forment un jugement trop acéré, qu'ils ne deviennent trop intelligents, qu'ils ne remettent en question la société telle qu'elle est... J'ai créé une association, Sauvegarde des enseignements littéraires, et tout récemment une autre qui est le prolongement de la première, Elan nouveau des citoyens. Elles visent à réveiller les valeurs de la démocratie et à les remettre au coeur du débat citoyen. Le titre d'un de mes derniers ouvrages est explicite : « Actualité de la démocratie athénienne ».

Vous craignez une guerre des civilisations ?

Ne simplifions pas, là encore. Je refuse de résumer, de schématiser les enjeux en termes politiciens qui seraient plein d'allusions anachroniques. Le danger de la démocratie, le seul, le vrai danger, c'est la démagogie. Ne tombons pas dedans. Dans mon « Alcibiade ou les dangers de l'ambition », j'analyse cet écueil. Rien n'a changé depuis le temps d'Alcibiade. Les mutations sont marginales, anecdotiques. Sauf que l'inculture a gagné du terrain. Je vais vous confier à ce propos la question que m'a posée une fois une élève d'hypokhâgne : « Madame, les langues mortes étaient-elles déjà mortes quand vous étiez jeune ? » Pas mal, non ?

L'âge ne vous a pas atteinte. Vous avez une forme, une fraîcheur, un dynamisme étonnants. Et toujours le même humour, la même aptitude au bonheur de vivre. Quel est votre secret de jouvence ?

La passion, pardi ! La passion de ce que je fais, de mon travail, de mes recherches, et puis l'amour, l'amour pour mon cher Thucydide. Quant à parler de fraîcheur, vous êtes très gentille, mais j'aurai 94 ans dans quelques semaines. Et je me sens plutôt défraîchie. La vieillesse est un terrible combat que l'on est sûr de perdre et que l'on s'obstine à mener. Tout se dégrade, se défait, pouah, affreux ! On peut avoir acquis des qualités de sagesse, de hauteur de vues, de courage moral, de stoïcisme (il faut bien se consoler avec des aspects positifs), mais on perd la vue, l'ouïe, la marche. Il n'y a pas de quoi se réjouir. Je reconnais cependant que j'ai toujours gardé mon humour et la capacité de rire des situations cocasses. Je vais vous conter une anecdote pourtant cruelle à laquelle j'ai repensé récemment et qui me fait rire comme au premier jour. Pendant la guerre, j'ai bénéficié si l'on peut dire du statut des juifs mis en place par le régime de Vichy, mon père étant juif. Entre autres gracieusetés, les juifs n'avaient plus droit à avoir un téléphone. Sitôt la Libération, il a été décidé par les autorités que les juifs à qui on avait coupé le téléphone seraient prioritaires pour récupérer leur ligne. Il faut dire qu'à l'époque il n'était pas facile de faire installer une ligne téléphonique, cela prenait des mois. Me voilà donc allant à la poste pour demander à récupérer ma ligne d'avant guerre. La préposée me reçoit et, plutôt sèche, me remballe : « Y a de l'attente. » Je lui explique que nous sommes prioritaires parce que juifs. Elle rétorque : « Vous êtes juifs ? Facile à dire, n'importe qui peut se vanter. Prouvez-le ! » Entendre ça en 1945, c'est génial, non ? Avec ma mère, nous en avons ri aux larmes. Soixante ans après, ça me fait encore rire. J'ai partagé toute ma vie beaucoup de fous rires avec ma mère. Nous étions totalement fusionnelles. Je pense que l'amour de ma mère, sa tendresse, sa gaieté m'ont donné une grande force

 

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Dimanche 31 décembre 2006 7 31 /12 /Déc /2006 12:10
On ne peut que se réjouir du retour des débats d'idées! Depuis quelques mois, la France est à nouveau un lieu d'échanges et de discussions passionnées autour de conceptions différentes. Les intellectuels s'investissent, les pamphlets se multiplient, les argumentations abondent sur nombre de sujets. Le magazine Sciences humaines, dans son numéro de janvier 2007, dresse la liste des controverses qui font à nouveau débat dans la société française : mondialisation, école, victimisation, colonialisme, banlieues, biotechnologies, religion... Le dossier s'ouvre sur un article très intéressant à propos des think tanks, ces groupes de pensées qui se mélangent avec le pouvoir pour imposer une certaine vision du monde. La percée des néoconservateurs aux Etats-Uunis suite aux attentats du 11 septembre 2001 est particulièrement intéressante. On regrette cependant fortement que les autres articles soient assez simplistes et beaucoup trop légers. Ils sont néanmoins l'occasion de poser les bases d'une véritable réflexion sur des thèmes centraux dans nos sociétés modernes.
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de A à Z...

- A -

Strawberry Jam - Animal Collective
Un homme perdu - Danielle Arbid
A l'abri de rien - Olivier Adam
Le Portrait - Pierre Assouline
De l'autre côté - Fatih Akin

- B -

The Flying Club Cup - Beirut
Smokey Rolls Down Thunder Canyon - Devendra Banhart
Shotter's Nation - Babyshambles
Jean-François Bizot -
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? -
Pierre Bayard
François-Marie Banier -
Fur and gold -
Bat for lashes
Le Royaume - Peter Berg
Bob Dylan - François Bon
Chroniques littéraires - Maurice Blanchot

- C -

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel
Control - Anton Cobijn
North Star Deserter - Vic Chesnutt
La fille coupée en deux - Claude Chabrol
La Radiolina - Manu Chao
Secret Sunshine - Lee Chang-Dong
Le Deuxième Souffle - Alain Corneau
Gustave Courbet - Exposition Grand Palais 2007
Darling - Christine Carrière
My Friends All Died... - Cocoon
Les Promesses de l'Ombre - David Cronenberg
The Waiting Room - Chloé
L'homme sans âge - Coppola
Un bruit qui court - Pauline Croze

- D -

The Pirate's Gospel - Alela Diane
Tom est Mort - Marie Darrieussecq
Five leaves left - Nick Drake
La Passion selon Juette - Clara Dupont-Monod
L'invitation - Etienne Daho
La mécanique du coeur - Dionysos

- E -

Nancy Elizabeth -
Battle and Victory
L'Enfer - Expo BNF

- F -

Distance and Time - Fink
Echoes, Silence, Patience & Grace - Foo Fighters
Leaving the nest - Benjy Ferree
Revival - John Fogerty

- G -

La vengeance dans la peau -
Paul Greengrass
Nouvelles Mythologies - Jérôme Garcin

- H -

Tout est pardonné -
Mia Hansen-Love
White Chalk - PJ Harvey
I'm not There - Todd Haynes

- K -

99 F -
Jan Kounen
La Forêt de Mogari - Naomi Kawase
André Kertész - Expo Chambéry
My Blueberry Nights - Wong Kar-Wai

- L -

Alabama Song -
Gilles Leroy

- M -

Dans le café de la jeunesse perdue -
Patrick Modiano
Gee Whiz but this is a Lonesome Town - Moriarty
Charles et Léo - Jean-Louis Murat
Trees Outside the Academy - Thurston Moore
Les Disparus - Daniel Mendelsohn

- N -

Ni d'Eve ni d'Adam -
Amélie Nothomb
Avant que j'oublie - Jacques Nolot

- O -

Une autre histoire de la littérature -
Jean d'Ormesson
Odeur du temps - Jean d'Ormesson

- P -

Transparent knives -
Promise and the Monster

- R - 

In Rainbows -
Radiohead
Cendrillon - Eric Reinhardt
The State of Things - Reverend and the Makers
La part obscure de nous-mêmes - Roudinesco
Un homme - Philip Roth

- S -

Persepolis -
Marjane Satrapi
Thalasso - Amanda Sthers
American Gangster - Ridley Scott

- T -

Love it when I feel like this -
The Twang
L'heure zéro - Pascal Thomas

- V -

Adieu Pony -
Constance Verluca
Ambroise Vollard - Exposition 2007 Musée d'Orsay
Paranoid Park - Gus Van Sant
Une vie - Simone Veil

- Y -

Chrome Dreams II -
Neil Young
ti_bug_fck
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