
Libération ce matin fait sa une sur les "éléphanteaux" du PS. Pour Renaud Dély, dans son éditorial, le savoir-faire de Nicolas Sarkozy, sa capacité à faire "émerger de nouvelles couleurs et nouveaux visages" renvoient à "l'immobilisme" du Parti socialiste. Les "pachydermes roses" séduit par l'Elysée ont au moins le mérite de laisser la place à une nouvelle génération prêt à "rénover, de fond en comble, la ménagerie socialiste". Alain Duhamel, dans les pages Rebonds du quotidien souligne également le "besoin d'audace" de la gauche face au bonapartisme sarkozyen ; besoin d'audace mais surtout "besoin de changer de siècle plutôt que de pleurnicher". Alexis Brézet, dans Le Figaro, dithyrambique s'enflamme pour les "sortilèges de Nicolas Sarkozy" capable de tout : l'ouverture, l'appui de l'Eurogroupe, la déconstruction du PS... Il s'amuse d'un PS bien malade. Sortilèges pour Le Figaro donc... "Magie" pour L'indépendant. "Il y a un côté Harry Potter" chez Nicolas Sarkozy. "Un Harry Potter sans baguette magique mais tout aussi décidé à vouloir changer le cours des choses". Bernard Revel se réjouit de cette ouverture "d'en haut", mais il fait maintenant le voeux pieux d'une ouverture "partagée" qui se "répande dans le pays". Et là, tout reste à faire : '"il est à craindre qu'Harry Potter lui-même, avec toute sa magie, n'y arriverait pas". Faut-il craindre la "fuite des cerveaux" stigmatisée dans La dépêche du Midi? Oui répond dans son éditorial Jean-Pierre Bédéï. Car le plus grave dans cette affaire reste "l'évaporation socialiste qui affaiblit un parti totalement désemparé après deux défaites électorales". "Les socialistes donnent l'impression de ne plus croire en leur avenir, en eux-mêmes" ; "la refondation apparaît une tâche hors de portée tant le découragement est grand, tant les pesanteurs du PS leur semblent un obstacle à toute rénovation" ! Oui... mais répond La Charente libre qui voit aussi dans la future nomination de DSK à la tête du FMI, une preuve accablante des "désarrois des socialistes". Mais Dominique Garraud, relativise les possibles retombées positives de cette nomination pour Nicolas Sarkozy et voit en DSK le "candidate de tous". Françoise Fressoz dans Les échos est plus tranchante : "l'ouverture de Nicolas Sarkozy est un bon baromètre de l'état de K.-O avancé dans lequel est plongé le Parti socialiste". Elle conclue en affirmant que l'ouverture "repose sur le pari fou que le président peut à lui seul recomposer idéologiquement le pays, fondre les contraires, priver l'opposition d'air, obligé la majorité à composer, et agir pour le bien commun. Cela fait beaucoup pour un seul homme". Sauf si cet homme se prend pour un magicien...
L'Algérie est aussi à la une de vos journaux ce matin. Dans La Voix du Nord, pour commencer, vous trouverez une analyse très intéressante d'Hervé Favre qui revient sur la visite de Nicolas Sarkozy, hier, en Algérie. Visite éclaire, mais visite fondamentale pour renouer des liens amicaux avec ce pays toujours réticent, revendicateur quant à un véritable "devoir de mémoire", et rancunier suite à la loi de 2005 relative au "rôle positif de la colonisation". Mais, face aux enjeux économiques et énergétiques qu'une Algérie pacifiée représente aujourd'hui, Nicolas Sarkozy entend bien faire table rase du passé. "Je ne suis pas de cette génération pour qui l'histoire pèse lourd". C'est Hubert Coudurier qui rapporte ces propos du président dans Le Télégramme. Oliver Picard, dans un vibrant plaidoyer publié dans Les dernières nouvelles d'Alsace déplore cette attitude : "il faut savoir demander pardon, même quand on n'a pas tous les torts". Cette "acte de reconnaissance" est indispensable pour bâtir une véritable union, "une réelle amitié avec les adversaires d'hier". Ouest-France, dans un passionnant éditorial, revient aussi sur cette visite visant à poser les premières pierres d'une Union méditerranéenne. "Rêve séduisant" certes, mais qui a souvent connu l'échec. "Favoriser l'émergence d'une zone euro-méditerranéenne, où les valeurs et pratiques de l'Union tendraient à se diffuser est un grand et beau projet". Mais Joseph Limagne continue : "encore faut-il que la partie Sud de cet ensemble ne fasse pas figure de banlieue de l'Europe, destinée seulement à protéger de l'immigration clandestine ou à garantir ses approvisionnements énergétiques". Un axe véritable n'aura alors de sens que s'il contribue à lutter contre un "ensemble arabo-islamique en opposition, voire en confrontation avec l'Europe". Mais avant cela, il faudra dépasser les "obstacles majeurs'" que sont les "conflits non résolus du Proche-Orient". Et là pour une fois, nous souhaitons vivement que notre Harry Potter national réussisse d'un coup de baguette magique.
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