itinéraire dans la presse

Mardi 21 novembre 2006
Le mardi est une fenêtre ouverte sur l'extérieur, une réflexion sur le monde tel qu'il va, sur sa représentation dans l'art. Le mardi, c'est le jour où je reçois Les Inrocks. Les plumes de Serge Kaganski, Jean-Marc Lalanne, Stéphane Deschamps, Jean-Baptiste Morain, Jade Lindgaard, JD Beauvallet ou Nelly Kaprièlian sont pour moi depuis près de cinq ans un miroir et une invite.
Un miroir pour decrypter, mieux que je pourrais jamais le faire, l'art et ses productions ; mais aussi un écho de mes pensées, de ma vision, de mes états d'âmes, de mes peurs et mes envies, de mes doutes...
Un invite m'engageant à découvrir, à apprendre, à dégoter, à dénicher, à repérer, à trouver un livre, un cd ou un film qui saura me faire méditer, spéculer, réfléchir, imaginer...
Merci Les Inrocks pour ces heures de lectures, de rêve ; de bonheur.
Par Nicolas
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Dimanche 10 décembre 2006
Le magazine littéraire nous offre, ce mois-ci, un magnifique cadeau de Noël : un numéro anniversaire pour fêter 40 ans de littérature et d'amour des livres, des auteurs. C'est l'occasion de (re)lire quarante interviews d'auteurs marquants depuis 1966. Quelle était l'idée de Garcia Marquez en écrivant Cent ans de solitude? Pourquoi Simenon s'est-il mis à parler lui dans Un homme comme un autre? Comment Michel Tournier a-t-il conçu son Vendredi ou les limbes du pacifique? Ce sont quelques unes des questions que posent cette magnifique anthologie littéraire des quarantes dernières années. A ce procurer très rapidement.
Par Nicolas
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Lundi 11 décembre 2006

Vous trouverez dans le numéro de décembre (n°618, 5,50 euros) des Cahiers du cinéma un dossier très intéressant traitant de la question de la surabondance des films en salle. Le mensuel propose une brillante analyse sociologique des problématiques de diffusion et d'exploitation des films en salle. Le traitement de la question sous l'angle de la production fera l'objet du numéro de janvier.

Une table ronde réunissant les différents acteurs du marché est l'occasion d'un débat passionnant et argumenté. Les Cahiers du cinéma dresse un tableau précis des changements structurels de ces vingt dernières années :

- Il y a en France le même nombre de salles, mais la configuration est différente : plus de 50% des entrées se font aujourd'hui dans des multiplexes ; 

- La durée d'exploitation d'un film en salle est de plus en plus courte (alors que les films exigeants peuvent être défendus uniquement sur la durée) ; 

- La diffusion en salle est aujourd'hui synonyme de multiplication des copies (corollaire de la durée d'exploitation réduite des films) ; 

- La sortie en salle est devenue un canal de diffusion des films parmi d'autres (la télévision, les DVD, à Vidéo à la demande) ; 

- La question du mode de soutien du cinéma doit être posée, par exemple concernant le label Arts et Essais (trop de salles et trop de films ont cette appellation ; ce qui oblige, par exemple, les salles disposant du label à diffuser des films grands publics et inversement). Tout ceci aboutit à une confusion des genres et à une relative inefficacité des politiques culturelles de soutien des films plus exigeants.


L'objectif de ce dossier spécial des Cahiers du Cinéma est donc simple mais nécessaire. Il ne s'agit pas simplement de se plaindre, de constater en ressassant sans cesse et sans imagination un passé par définition révolu, mais il s'agit au contraire d'analyser la situation pour en comprendre les causes et proposer des solutions.


Quel est donc aujourd'hui le constat : énoncé simplement, il y a en France trop de films, trop de sorties. Trop de tout? Les thuriféraires de cette analyse sont nombreux dans la presse, culturelle ou non, sur de nombreux sujets. Citons par exemple la sempiternelle dénonciation de la rentrée littéraire 'à la Française' et sa classique surabondance de livres. Quand il s'agit des films, les questionnements sont à la fois simples dans leur constat et compliqués dans leurs 'remèdes' : Comment tout voir (mais est-ce vraiment nécessaire)? Comment soutenir activement un film en lui laissant le temps de se faire connaître par le bouche à oreille? Comment ne pas passer à côté d'un film important? Comment se concentrer sur un film alors que tout nous pousse à zapper?

Les solutions proposées sont au nombre de quatre : diminuer le nombre de copies, revoir le mécanisme d'aide des salles et des films, réintroduire une véritable solidarité entres les différentes professions et mettre en place une véritable action politique.

N'est-ce pas là le syndrome de la société en général ou la durée de vie de tous les produits - y compris les produits culturels - est de plus en plus courte? Les cycles de vie des produits, des innovations, des marchés même se réduisent. Course contre le temps ou frénésie d'une fuite face à l'inexorabilité du temps qui passe? Surabondance et puissance du marketing? Il ne s'agit pas d'avoir un discours anticapitaliste du style 'tous pourris' mais de se poser très simplement la question du trop, afin de pouvoir, à certains moments et comme preuve de note liberté ontologique, arrêter justement le temps, prendre du recul et laisser le temps à une oeuvre culturelle (entant qu'elle est unique et à ce titre, vouée à nous offrir des sensations uniques) d'agir sur nous.

Par Nicolas
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Jeudi 14 décembre 2006
Dans le dernier numéro des Inrocks (n°576), on apprend que le Centre Pompidou réclame 200 000 euros à un artiste niçois ayant assené un coup de marteau à l'urinoir de Duchamp (présenté dans le musée parisien lors de l'exposition Dada l'hiver dernier). L'anecdote est très intéressante.
En exposant cet urinoir (connu sou le nom de Fontaine), Marcel Duchamp entendait prendre un objet de la vie ordinaire et faire disparaître sa dimension utilitaire sous un nouveau nom. L'objet est alors érigé en oeuvre d'art.
Qu'a voulu faire cet artiste niçois en fissurant le célèbre ready-made de Duchamp ? Tout simplement prendre l'oeuvre d'art 'ordinaire' et en faire un nouvel objet unique et original. Et des Inrocks d'imaginer furtivement les discussions au tribunal pour déterminer la valeur d'un urinoir.
On aborde dans cette affaire, de façon très pédagogique, la problématique de la valeur intrinsèque de l'objet d'art et du caractère ultime que peut prendre la démarche dadaïste.
Par Nicolas
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Jeudi 14 décembre 2006
Il y a quelques années, le magazine Rock & Folk, dans lequel je lisais religieusement des histoires de Gibson fracassées dans des chambres d'hôtels, d'icônes traversant la planète rock avant de se brûler les ailes, de revendications punk nihilistes, avait lancer un grand sondage : "qu'est-ce qu'être rock en 2000?". Si je n'ai toujours pas la réponse, Patrick Eudeline nous livre une réponse à la question : "qu'est-ce qu'être rock?", tout simplement. Dans son style inimitable d'écorché vif passionné, il nous propose une ballade hallucinée et flippée dans l'univers fabuleux puis désastreux de Steve Marriott.
Guitariste à la gueule d'ange, précurseur du mouvement Mod au sein des Small Faces, compositeur de génie, drogué incapable d'assurer un concert, il sombre au début des années 1980 dans une schizophrénie pathétique et devient incapable de produire la moindre chanson de qualité comparée aux sommets atteints quelques années plus tôt. Il mourra intoxiqué par les vapeurs de monoxyde de carbonne provoquées par ses cigarettes.
A lire absolument dans le numéro 472 pour revenir quelques années en arrière, années de rebellion, de rêves, d'espoir et d'excès.
Par Nicolas
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Dimanche 31 décembre 2006
On ne peut que se réjouir du retour des débats d'idées! Depuis quelques mois, la France est à nouveau un lieu d'échanges et de discussions passionnées autour de conceptions différentes. Les intellectuels s'investissent, les pamphlets se multiplient, les argumentations abondent sur nombre de sujets. Le magazine Sciences humaines, dans son numéro de janvier 2007, dresse la liste des controverses qui font à nouveau débat dans la société française : mondialisation, école, victimisation, colonialisme, banlieues, biotechnologies, religion... Le dossier s'ouvre sur un article très intéressant à propos des think tanks, ces groupes de pensées qui se mélangent avec le pouvoir pour imposer une certaine vision du monde. La percée des néoconservateurs aux Etats-Uunis suite aux attentats du 11 septembre 2001 est particulièrement intéressante. On regrette cependant fortement que les autres articles soient assez simplistes et beaucoup trop légers. Ils sont néanmoins l'occasion de poser les bases d'une véritable réflexion sur des thèmes centraux dans nos sociétés modernes.
Par Nicolas
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Dimanche 11 février 2007

De nombreux intellectuels prophétisent depuis quelques années la mort de la pensée, de la littérature, du roman... et ce phénomène prend de l'ampleur grâce et à cause d'Internet. Récemment, par exemple, Jean-Marc Roberts dénonce "une époque qui est antilittéraire"(Le Figaro Littéraire de jeudi dernier). Todorov affirme pour sa part que "la littérature [est] en péril" (titre de son dernier ouvrage).
Sur le même thème, je vous laisse apprécier l'interview accordé au Point par l'immense hélléniste et toujours vive Jacqueline de Romily. Il est toujours aussi touchant de voir cette passionnée de littérature grecque réfléchir sur notre société moderne (Note : les passages soulignés l'ont été par nos soins). Cette profession de foi en la force de la pensée rejoint totalement l'objectif de ce blog.

Le Point : Vous venez de recevoir cette distinction suprême, la plus prestigieuse dont on puisse rêver. Etes-vous particulièrement heureuse ou est-ce juste un honneur de plus, tant il est vrai que vous avez déjà eu auparavant tous les honneurs imaginables. Vous avez même été nommée citoyenne grecque d'honneur.

Jacqueline de Romilly : C'est incontestable : j'ai été gâtée. J'ai eu la chance d'appartenir à une génération où les femmes accédaient pour la première fois au podium, où les portes s'ouvraient enfin. J'ai été la première femme à entrer à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, la deuxième à l'Académie française après Marguerite Yourcenar, la première au Collège de France. Et je ne parle pas de l'Ecole normale supérieure. Savez-vous ce qui m'a procuré la plus grande joie ? En 1930, j'avais 17 ans, les filles ont eu pour la première fois le droit de se présenter au Concours général et j'ai eu cette année-là les prix de grec et de latin. Rien par la suite ne m'a jamais rendue aussi heureuse. C'était grisant. Ma mère a soigneusement collé dans un petit carnet les coupures de presse du monde entier qui relataient ce qui était alors considéré comme un exploit. Il y en avait dans toutes les langues. Un de ces articles est d'ailleurs signé par un très jeune journaliste débutant, Pierre Lazareff. C'était son premier article. Il lui a porté bonheur. Mais, pour répondre à votre question, c'est toujours agréable et flatteur pour son ego d'être reconnu pour son travail et félicité, mais c'est surtout un formidable encouragement pour continuer la lutte que je mène et assumer jusqu'au bout de mes forces la tâche que je me suis fixée.

Vous êtes helléniste. On connaît la bataille que vous menez depuis des décennies pour que perdure l'enseignement des langues anciennes, et en particulier du grec, en voie de disparition. N'êtes-vous pas finalement optimiste pour l'avenir puisque votre combat est reconnu et honoré ?

Je ne suis pas très optimiste, ni pour mes chères langues anciennes, ni pour la française d'ailleurs, ni pour les humanités en général et, pis, guère plus pour l'avenir de notre civilisation. S'il n'y a pas un sursaut, nous allons vers une catastrophe et nous entrons dans une ère de barbarie. Il y a un désintérêt et même un dédain pour la Raison et les Lumières.

Je ne suis pas historienne et les faits m'intéressent moins que les textes. Ce qui me passionne dans les textes grecs, c'est la rencontre avec la naissance de la pensée raisonnée, rationnelle, de la réflexion, c'est l'irruption de la lumière qui est apparue pour la première fois dans un monde encore confus et obscur. Toute la morale politique et la philosophie hellènes visent à la clarté et à l'universel. Et elles ont réussi, rien n'a vieilli, leurs préoccupations sont d'une telle actualité ! Apprendre à penser, à réfléchir, à être précis, à peser les termes de son discours, à échanger les concepts, à écouter l'autre, c'est être capable de dialoguer, c'est le seul moyen d'endiguer la violence effrayante qui monte autour de nous. La parole est le rempart contre la bestialité. Quand on ne sait pas, quand on ne peut pas s'exprimer, quand on ne manie que de vagues approximations, comme beaucoup de jeunes de nos jours, quand la parole n'est pas suffisante pour être entendue, pas assez élaborée parce que la pensée est confuse et embrouillée, il ne reste que les poings, les coups, la violence fruste, stupide, aveugle. Et c'est ce qui menace d'engloutir notre idéal occidental et humaniste.

Il existe d'autres formes de pensée que littéraire, sans pour autant tomber dans la barbarie.

Sans doute, mais plus simplistes, qui assènent des vérités toutes faites, pauvres et sans nuances. Et qui risquent donc de déboucher sur une pensée appauvrie, squelettique. La pensée demande des correctifs, des nuances, de la subtilité, pas des dogmes tout faits issus des fast-foods de la réflexion. Ma chaire au Collège de France s'intitulait « La Grèce et la formation de la pensée morale et politique ». C'est cette construction que j'admire, qui a jeté les fondements de notre organisation et de notre pensée occidentale et que je ne peux accepter de voir rejetée et oubliée alors qu'elle n'a jamais été aussi nécessaire. Je connais des cas d'établissements scolaires où l'on ferme l'option grec faute de crédits, soi-disant, ou pour des raisons fallacieuses d'emploi du temps alors qu'il y a quinze ou vingt élèves inscrits. On craint sans doute que les élèves ne se forment un jugement trop acéré, qu'ils ne deviennent trop intelligents, qu'ils ne remettent en question la société telle qu'elle est... J'ai créé une association, Sauvegarde des enseignements littéraires, et tout récemment une autre qui est le prolongement de la première, Elan nouveau des citoyens. Elles visent à réveiller les valeurs de la démocratie et à les remettre au coeur du débat citoyen. Le titre d'un de mes derniers ouvrages est explicite : « Actualité de la démocratie athénienne ».

Vous craignez une guerre des civilisations ?

Ne simplifions pas, là encore. Je refuse de résumer, de schématiser les enjeux en termes politiciens qui seraient plein d'allusions anachroniques. Le danger de la démocratie, le seul, le vrai danger, c'est la démagogie. Ne tombons pas dedans. Dans mon « Alcibiade ou les dangers de l'ambition », j'analyse cet écueil. Rien n'a changé depuis le temps d'Alcibiade. Les mutations sont marginales, anecdotiques. Sauf que l'inculture a gagné du terrain. Je vais vous confier à ce propos la question que m'a posée une fois une élève d'hypokhâgne : « Madame, les langues mortes étaient-elles déjà mortes quand vous étiez jeune ? » Pas mal, non ?

L'âge ne vous a pas atteinte. Vous avez une forme, une fraîcheur, un dynamisme étonnants. Et toujours le même humour, la même aptitude au bonheur de vivre. Quel est votre secret de jouvence ?

La passion, pardi ! La passion de ce que je fais, de mon travail, de mes recherches, et puis l'amour, l'amour pour mon cher Thucydide. Quant à parler de fraîcheur, vous êtes très gentille, mais j'aurai 94 ans dans quelques semaines. Et je me sens plutôt défraîchie. La vieillesse est un terrible combat que l'on est sûr de perdre et que l'on s'obstine à mener. Tout se dégrade, se défait, pouah, affreux ! On peut avoir acquis des qualités de sagesse, de hauteur de vues, de courage moral, de stoïcisme (il faut bien se consoler avec des aspects positifs), mais on perd la vue, l'ouïe, la marche. Il n'y a pas de quoi se réjouir. Je reconnais cependant que j'ai toujours gardé mon humour et la capacité de rire des situations cocasses. Je vais vous conter une anecdote pourtant cruelle à laquelle j'ai repensé récemment et qui me fait rire comme au premier jour. Pendant la guerre, j'ai bénéficié si l'on peut dire du statut des juifs mis en place par le régime de Vichy, mon père étant juif. Entre autres gracieusetés, les juifs n'avaient plus droit à avoir un téléphone. Sitôt la Libération, il a été décidé par les autorités que les juifs à qui on avait coupé le téléphone seraient prioritaires pour récupérer leur ligne. Il faut dire qu'à l'époque il n'était pas facile de faire installer une ligne téléphonique, cela prenait des mois. Me voilà donc allant à la poste pour demander à récupérer ma ligne d'avant guerre. La préposée me reçoit et, plutôt sèche, me remballe : « Y a de l'attente. » Je lui explique que nous sommes prioritaires parce que juifs. Elle rétorque : « Vous êtes juifs ? Facile à dire, n'importe qui peut se vanter. Prouvez-le ! » Entendre ça en 1945, c'est génial, non ? Avec ma mère, nous en avons ri aux larmes. Soixante ans après, ça me fait encore rire. J'ai partagé toute ma vie beaucoup de fous rires avec ma mère. Nous étions totalement fusionnelles. Je pense que l'amour de ma mère, sa tendresse, sa gaieté m'ont donné une grande force

 

Par Nicolas
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Jeudi 15 mars 2007
En kiosque depuis hier, les Inrocks propose cette semaine une longue interview de Ségolène Royal, mélange d'interview vérité et d'interview programme sur la culture. La candidate socialiste revient sur son enfance (naissance en Afrique, famille de huit enfants, père militaire autoritaire, éducation religieuse, influence de mai 1968), ses études (Sciences Po puis ENA) et la façon dont l'école lui a permis de s'émanciper et de trouver sa place dans la société, en rupture avec le modèle familial où les femmes ne travaillaient pas. Mais c'est surtout sur sa vision de la culture que Ségolène est la plus intéressante. La forme de l'interview fleuve lui permet de dérouler son programme. Car le constat des Inrocks est assez simple : la culture souffre aujourd'hui de certains maux qui la mette en péril, et les politiques ne doivent pas occulter ces questions lors de la campagne. Voici les grandes lignes des mesures souhaitées par Ségolène Royal :

Crise de la presse
: intervention forte de l'état par une réforme des financements publics et la création d'un statut particulier des sociétés de presse afin d'offrir une indépendance économique et financière aux titres qui le souhaite.
Education et culture : entrée massive de la culture à l'école, renforcement du rôle des bibliothèques.
L'emploi culturel : soutien à la création des emplois culturels,
relance des négociations sur le statut spécifique des intermittents du spectacle, diverses incitations pour que les emplois culturels précaires soient transformer en CDI.
Crise de l'exception culturelle française : défense ardue de cette particularité française afin de faire vivre la diversité.
Politique culturelle : augmenter le budget de la culture avec un objectif de 1% du Budget de l'Etat, rôle accru des collectivités territoriales et des associations.

Les constats sont intéressants, les grandes lignes pertinentes, mais le tout manque de profondeur. Pas de réelle mesure, peu de concret. Tous les amoureux de la culture, tous les observateurs d'un secteur qui souffre aimeraient en savoir plus. Attention, le premier tour est dans 38 jours!

Par Nicolas
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Mardi 3 juillet 2007

François Fillon à l'issue du Conseil des ...

"Qui connaît Monsieur Fillon?" s'interroge ce matin Jacques Camus dans La République du Centre. Le Premier Ministre est un "bienheureux!" semble lui répondre Olivier Picard à la une des Dernières nouvelles d'Alsace. Pierre Taribo dans L'Est Républicain souligne ainsi que l'hyperprésident Nicolas Sarkozy s'occupe de tout, parfaite antithèse de Jacques Chirac : "pédagogie, choix des priorités et décisions". Reste au Premier Ministre de nous rassurer sur "le financement" des mesures établies par l'Elysée, le reste n'est que "baratin" (Le Figaro). Pourtant, nos quotidiens régionaux attendent beaucoup du "grand oral" de Monsieur Fillon (La Provence) : quel style entend donner le Premier Ministre à son mandat? Sera-t-il capable de redonner un sens à la fonction (Hervé Fabre dans La Voix du Nord)? Saura-t-il faire taire les mauvaises langues l'accusant d'occuper un "emploi fictif (Libération)? Il s'agit pour Alexis Brézet, dans Le Figaro, moins de "l'affirmation d'un moi" que de la "nécessité d'agir, pas d'exister". Il rappelle comment tous les Premiers Ministres ont fait le dur apprentissage de cette relative ombre présidentielle, soulignant qu'une "surprise" souhaitée par certains est rarement bonne pour le Premier Ministre et sa majorité. Nice-Matin conclue habilement que François Fillon "est plus le premier des ministres que le Premier Ministre". 
Sitôt son discours de politique générale prononcée, le chef du gouvernement devra s'attaquer à ce que Libération appelle les "chantiers sensibles de juillet", au premier rang duquel, la réforme des universités. Ouest France, dans un dossier précis, souligne les modifications engendrées par le projet de loi : autonomie, sélection, réaffirmation du rôle du conseil d'administration, insertion facilitée, développement des contractuels. Le service minimum ensuite. François Chérèque (CGT), dans Le Parisien, dénonce le passage en force du Président, et revendique clairement "plus de droits pour les salariés" et "plus de dialogue". Mais c'est le projet de loi sur la récidive qui inquiète le plus les quotidiens. Ainsi, dans une tribune publiée par Libération, Philippe Chaillou (président de la chambre des mineurs de la cour d'appel de Paris) s'inquiète du caractère déraisonnable, illogique, idéologique de la mesure. La prison pour les mineurs doit garder un caractère éducatif. 
François Fillon enfin devra rassurer sur les grands sujets économiques : LU risque de se faire "croquer" par une multinationale américaine, ce qui est inéluctable et nécessaire pour La Tribune. Cette marque, symbole français au même titre que le béret ou la baguette doit évoluer, progresser, mais le Premier Ministre devra s'investir sur le sujet. A moins que Nicolas Sarkozy, qui affirme "faire de la politique partout" (Les dernières nouvelles d'Alsace) prennent (une fois de plus) en main le problème.
Alors que Fillon doit convaincre 577 députés et une Nation, Nicolas Barotte, pour Le Figaro, analyse comment Ségolène Royal doit séduire plus de 200 000 militants socialistes en se posant d'ors et déjà comme la candidate légitime pour les présidentielles de 2012. Ségolène Royal doit chercher à éradiquer la dictature des courants, développer la démocratie participative au sein du parti, le personnaliser et le repositionner.
Signalons enfin la une du Le Parisien qui prophétise "la fin du règne du tout voiture" en ville. Les tramways, les vélos libre-service, le système de voiture partagée seraient le signe de nouveaux comportements urbains et d'une nouvelle manière de se déplacer. Monsieur Juppé, lui-même ancien Premier Ministre dans l'ombre de Chirac et nouvel utilisateur assidu du vélo, était donc totalement "in". Mais les électeurs l'ont mis "out". Espérons que les députés ne réservent pas le même sort à l'effacé François Fillon...

 

Par Nicolas
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Mercredi 4 juillet 2007
François Fillon, lors de son discours de politique générale, mardi 3 juillet 2007. | AFP/THOMAS COEX

"Minimaliste" s'exclame Laurent Joffrin dans l'éditorial de Libération. Rien de neuf dans le discours de politique général de Monsieur Fillon hier, si ce n'est la promesse de l'introduction d'une dose de proportionnelle que le rédacteur en chef applaudit à deux mains. Mais il reproche au Premier ministre son manque "d'audace institutionnelle". Libé va même plus loin : le discours d'hier serait, comble de l'ironie, la marque de la "dissolution de [la] fonction" de Premier ministre. La VIe République est en marche : primo-présidentielle avec un Parlement au pouvoir renforcé (détermination de l'ordre du jour, contrôle accru, etc.). Pascal Virot rappelle que Nicolas Sarkozy veut revenir sur une règle datant de 1873 "lorsque les députés (de droite) ont interdit au chef de l’Etat de se présenter dans l’hémicycle, redoutant de succomber à Adolphe Thiers, orateur capable de retourner une Chambre rien que par son éloquence". Il entend bien venir défendre lui-même sa politique devant les députés. Dans les pages Rebonds du quotidien, Alain Duhamel voit en François Fillon un simple "vice-président" naviguant à vue dans un nouveau régime présidentiel.
Dans son éditorial, Alexis Brézet voit certes en François Fillon un "deuxième homme", mais un second capable de confirmer des réformes de campagnes audacieuses dans le calme et l'acceptation. C'est là la véritable "rupture constructive" et la surprise du discours de politique générale prononcé hier.
Pour Le Figaro, le chef du gouvernement doit maintenant "aller au bout des réformes". Jacques Camus renchérit dans La République du Centre : "assez bien mais... tout reste à faire". Le Figaro insiste longuement sur les mesures institutionnelles annoncées par le Premier ministre, mesures qui selon Dominique Chagnollaud, cité par le quotidien, sont "un grand pas dans la bonne direction".
Détaillant les mesures économiques (déjà connues pour la plupart) annoncées hier, la presse régionale est en générale assez sévère : François Fillon "s'en est tenu à la feuille de route tracée par Nicolas Sarkozy" pour Le Dauphiné Libéré ; "Fillon dépositaire de la marque Sarkozy" pour Le Bien public ; "dans le pas du président" pour L'indépendant ; "mention assez bien" pour Le Parisien et "sans surprise" pour Le Télégramme. Franck de Bondt dans Sud-ouest souligne qu'il "a manqué au Premier ministre la possibilité de surprendre. Quelqu'un l'avait devancé. La voie qu'il décrivait était tracée depuis plusieurs semaines, et il ne lui restait plus qu'à répéter une leçon rabâchée". Jean-Michel Bretonnier dans La Voix du Nord fait du Premier Ministre une "victime consentante" qui doit se retirer de "la scène politique jusqu'à l'évanescence". Le discours fut un "numéro de ventriloque" : "le discours prononcé devant la représentation nationale par le chef du gouvernement était en réalité celui du président de la République". L'éditorialiste pointe le risque d'une Ve République rénovée mais de plus en plus bancale : le président de la République devra "engager sa propre responsabilité devant une chambre (...) à moins d'accepter que le pouvoir présidentiel ne glisse vers le pouvoir personnel et que la contestation ne fuie le Palais Bourbon pour exploser dans la rue". 
Sarkozy a souvent fait preuve d'un atlantisme nuancé : espérons que l'hyperprésident ne suivra pas l'exemple de son homologue américain. Nos quotidiens reviennent en effet ce matin sur la libération d'un proche de Dick Cheney, Libby, soupçonné de parjure et d'entrave à la justice, et gracié hier par Georges Bush. Ainsi, Le Figaro rappelle que cette décision fut prise sans consultation, et qu'elle est la marque d'un homme libérée de toute pression de l'opinion. Et Le Figaro de s'inquiéter : "cela pourrait se faire sentir sur des sujets aux conséquences plus lourdes, comme l'Irak ou l'Iran".
Par Nicolas
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de A à Z...

- A -

Strawberry Jam - Animal Collective
Un homme perdu - Danielle Arbid
A l'abri de rien - Olivier Adam
Le Portrait - Pierre Assouline
De l'autre côté - Fatih Akin

- B -

The Flying Club Cup - Beirut
Smokey Rolls Down Thunder Canyon - Devendra Banhart
Shotter's Nation - Babyshambles
Jean-François Bizot -
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? -
Pierre Bayard
François-Marie Banier -
Fur and gold -
Bat for lashes
Le Royaume - Peter Berg
Bob Dylan - François Bon
Chroniques littéraires - Maurice Blanchot

- C -

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel
Control - Anton Cobijn
North Star Deserter - Vic Chesnutt
La fille coupée en deux - Claude Chabrol
La Radiolina - Manu Chao
Secret Sunshine - Lee Chang-Dong
Le Deuxième Souffle - Alain Corneau
Gustave Courbet - Exposition Grand Palais 2007
Darling - Christine Carrière
My Friends All Died... - Cocoon
Les Promesses de l'Ombre - David Cronenberg
The Waiting Room - Chloé
L'homme sans âge - Coppola
Un bruit qui court - Pauline Croze

- D -

The Pirate's Gospel - Alela Diane
Tom est Mort - Marie Darrieussecq
Five leaves left - Nick Drake
La Passion selon Juette - Clara Dupont-Monod
L'invitation - Etienne Daho
La mécanique du coeur - Dionysos

- E -

Nancy Elizabeth -
Battle and Victory
L'Enfer - Expo BNF

- F -

Distance and Time - Fink
Echoes, Silence, Patience & Grace - Foo Fighters
Leaving the nest - Benjy Ferree
Revival - John Fogerty

- G -

La vengeance dans la peau -
Paul Greengrass
Nouvelles Mythologies - Jérôme Garcin

- H -

Tout est pardonné -
Mia Hansen-Love
White Chalk - PJ Harvey
I'm not There - Todd Haynes

- K -

99 F -
Jan Kounen
La Forêt de Mogari - Naomi Kawase
André Kertész - Expo Chambéry
My Blueberry Nights - Wong Kar-Wai

- L -

Alabama Song -
Gilles Leroy

- M -

Dans le café de la jeunesse perdue -
Patrick Modiano
Gee Whiz but this is a Lonesome Town - Moriarty
Charles et Léo - Jean-Louis Murat
Trees Outside the Academy - Thurston Moore
Les Disparus - Daniel Mendelsohn

- N -

Ni d'Eve ni d'Adam -
Amélie Nothomb
Avant que j'oublie - Jacques Nolot

- O -

Une autre histoire de la littérature -
Jean d'Ormesson
Odeur du temps - Jean d'Ormesson

- P -

Transparent knives -
Promise and the Monster

- R - 

In Rainbows -
Radiohead
Cendrillon - Eric Reinhardt
The State of Things - Reverend and the Makers
La part obscure de nous-mêmes - Roudinesco
Un homme - Philip Roth

- S -

Persepolis -
Marjane Satrapi
Thalasso - Amanda Sthers
American Gangster - Ridley Scott

- T -

Love it when I feel like this -
The Twang
L'heure zéro - Pascal Thomas

- V -

Adieu Pony -
Constance Verluca
Ambroise Vollard - Exposition 2007 Musée d'Orsay
Paranoid Park - Gus Van Sant
Une vie - Simone Veil

- Y -

Chrome Dreams II -
Neil Young
ti_bug_fck
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