- problèmes de structure ;
- unité et harmonie ;
- thème et histoire ;
- le facteur temps ;
- effets textuels ;
- vraisemblance ;
- technique narrative ;
- personnages ;
- dialogue ;
- cadres ;
- style ;
- expérience ;
- registre linguistique.
Parisien d'adoption depuis deux ans, je prends régulièrement le métro, les yeux baissés, le visage figé, perdu dans mes pensées... Un ami me donne rendez-vous à Louise Michel? Je me précipite sur mon plan de métro, cherche le meilleur itinéraire possible, arrive à la station puis rentre par le même chemin. Un collègue me propose d'aller au cinéma à Concorde? Même scénario. Et puis, j'ai levé les yeux et j'ai eu envie de comprendre qui était ces mystérieux Ledru-Rollin, Félix Faure et autres Raspail... Alors je vais vous proposer, régulièrement, de prendre au hasard un nom de rue ou de station de métro, puis je vais essayer de vous donner quelques repères biographiques sur cette personne ou cet évènement. Manière jouissive et ludique d'apprendre et de comprendre notre histoire.
Pour commencer, je vous présente Alexandre-Auguste Ledru, dit
Ledru-Rollin. Né à Paris le 2 février 1807, Ledru-Rollin est issu d'une famille aisée de la bourgeoisie (son père est médecin, son grand-père fut un prestigitateur réputé). Il
effectue ses études au collège Charlemagne, fait son droit et s'inscrit au barreau de Paris. Il se distingue rapidement par ses talents d'orateur, sa verve et sa véhémence. Il s'investit dans la
défense de la presse et défend un ancien dirigeant d'un soulèvement à Lyon en avril 1834 (Marc Caussidière). Du prétoire à la politique il n'y a qu'un pas que Ledru-Rollin franchit en mars 1839
en se présentant aux élections législatives. Elu en juillet 1841 au Mans , il succède à Garnier-Pagès à l'extrême gauche de la Chambre. Depuis longtemps adversaire du régime issu des Trois
Glorieuses, il fonde le journal La Réforme en 1843, dénonce le pouvoir de Louis-Philippe, milite pour le suffrage universel et l'organisation du travail,
la république démocratique et sociale. En 1846, après avoir acheté une charge à la Cour de Cassation, il décide de se consacrer totalement à la politique. Sa brillante rhétorique s'épanouit dans
un ouvrage publié en 1847, Du Paupérisme dans les campagnes, qui décrit les difficultés des populations rurales.
Ledru-Rollin est un des principaux investigateurs de la Campagne des banquets qui brave l'interdiction du droit de réunion à partir de
juillet 1847. C'est l'interdiction d'un de ces banquets organisé à Paris dans le XIIè arrondissement qui met le feu aux poudres en février 1848 : le Palais des Tuileries est pris d'assaut,
Louis-Philippe doit abdiquer. Ledru-Rollin est nommé ministre de l'Intérieur du gouvernement provisoire, fonction dans laquelle il fait preuve de jacobinisme : réorganisation de l'administration,
renforcement de la République. Il est exclut de pouvoir par le général Louis Eugène Cavaignac. En décembre 1848 , il est le candidat des républicains démocrates à la présidence de la République
face à Louis-Napoléon Bonaparte, Eugène Cavaignac, Alphonse de Lamartine et François Vincent Raspail. Ledru-Rollin n'obtient que 370 000 voix et est battu par Napoléon III (plus de 5 millions de
scrutins). Il devient alors le chef de l'opposition radicale. Le 12 juin 1849, il dépose une motion d'accusation contre Napoléon III qui vient de donner l'ordre d'écraser l'insurrection romaine ,
puis participe le lendemain à une manifestation des députés de gauche. Celle-ci est réprimée dans le sang et Ledru-Rollin est obligé de s'expatrier pour éviter l'emprisonnement. Il se réfugie à
Londres, y apprend le coup d'Etat de Napoléon III en décembre 1851 et le rétablissement de l'Empire et est condamné par contumace à la déportation suite à un attentat contre l'Empereur. Il
intervient alors par intermittence dans le débat politique français, revient à Paris en 1869, assiste à la défaite de Sedan puis à la proclamation de la République le 4 septembre 1870.
Ledru-Rollin est élu à l'Assemblée nationale en février 1871, démissionne, est réélu en mars 1874 mais meurt le 31 décembre de la même année.
Après Ledru-Rollin (ici), intéressons nous à François-Vincent
Raspail, chimiste, médecin et homme politique né à Carpentras le 29 janvier 1794, pendant l'une des périodes les plus sombres de l'Histoire française : la
Terreur. Né dans une famille très pratiquante, il entre au séminaire d'Avignon, en est exclut et devient régent du collège de la ville. Admirateur passionné de Napoléon (il compose une ode à
l'Aigle pendant les Cent Jours), il monte à Paris en 1816 suite à sa révocation. Il fait son droit, est à nouveau exclut du collège Stanislas (ses pamphlets républicains font scandale), puis
s'inscrit en médecine. Républicain convaincu, il est gravement blessé pendant les Trois Glorieuses et plusieurs fois emprisonné pendant la Monarchie de juillet. Il crée le journal Le Réformateur, et préside la Société des Amis du Peuple. En 1832, il devient médecin et célèbre à la suite de différents
travaux, mais ne délaisse pas son activité revendicatrice en faveur des prisons et des questions sociales. Sa déposition en faveur de Marie Capelle dans le procès de l'affaire Lafarge fait grand
bruit. Médecin des pauvres, il est à nouveau condamné en 1846 par la Faculté.
Guy Môquet est né à Paris en
1924, d’un père cheminot député communiste du XVII arrondissement de Paris. Il est lycéen à Carnot (également dans le XVIIème) quand son père est arrêté et déporté en Algérie. Guy Môquet s’engage
alors comme militant au sein des jeunesses communistes. Fervent défenseur d’une liberté perdue suite à la trahison du régime de Vichy, virulent pourvoyeur du régime nazi, il est trahi et arrêté
le 13 octobre 1940 et passé à tabac. Il va connaître Fresnes, puis Clairvaux puis le camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique) où la police française le laisse pourrir avec d’autres militants
communistes. Suite à l’assassinat du Feldkommandant Hotz le 20 octobre 1941 par trois jeunes communistes, il est fusillé le 22 octobre 1941, avec 26 de ces amis sympathisants, sélectionnés par le
régime de Vichy pour épargner 50 « bons citoyens français ». Il n’avait que 17 ans.
Voici sa dernière lettre datée du jour de son exécution.
"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré
mon petit papa aimé"
"Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Née le 29 mai 1830 en Haute-Marne au
château de Vroncourt, Louise Michel est la fille d’un châtelain - plus vraisemblablement de son fils - et de sa servante Marianne Michel. Élevée dans cadre voltairien par une mère très
attentionnée et des grands-parents ouverts et tolérants, elle reçoit une solide éducation libérale. Après ses études à Chaumont, elle obtient le brevet de capacité pour devenir institutrice mais
refuse de prêter serment à l’Empire en créant une école libre distillant des valeurs républicaines.
Elle s’installe à Paris, y rencontre Jules Vallès et surtout Théophile Ferré pour qui elle éprouve un amour éperdu. Elle y écrit de nombreux poèmes et intensifie son activité politique de contestation : en 1869, elle devient secrétaire de la Société démocratique de moralisation qui aide les ouvrières et adhère aux thèses d’Auguste Blanqui, auteur du fameux « Ni dieu ni maître ! » ; collabore à des journaux d’opposition et fréquente les réunions publiques. En 1870, elle est élue présidente du Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIème arrondissement de Paris et continue son activité d’enseignement dans un externat qu’elle fonda en 1865. Paris est affamé : elle crée une cantine pour ses élèves.
La Commune à Paris est un tournant : elle fait le coup de feu Place de l’Hôtel-de-Ville, elle est garde au 61è bataillon, ambulancière, anime le Club de la Révolution. Sur la barricade de Clignancourt en 1871, elle se rend à la police pour épargner sa mère, voit ses amis (dont Ferré) être exécutés (voir le poème ci-dessous). Suivent vingt mois en détention puis la déportation en Nouvelle-Calédonie après quatre mois de traversé.
Devenue anarchiste au contact de Nathalie Lemel, elle participe à la défense des kanaks, en particulier par l’instruction. Après sept années de détention, elle s’installe à Nouméa, autorisée à reprendre son métier d’enseignante auprès de jeunes filles.
Elle rentre à Paris en 1880, pour y continuer le combat anarchiste militant : meetings, lutte contre la peine de mort, manifestations (en particulier le 9 mars 1883 avec Émile Pouget au nom des « sans-travail » lors d’un retentissant pillage de boulangeries) qui lui vaudront de nombreuses arrestations (elle est incarcérée en juin 1883 pour six ans et libérée au bout de trois à la demande de Clemenceau). Elle s’expatrie à Londres de 1890 à 1895, y dirige une école libertaire, et rentre souvent à Paris afin d’animer des tournées de conférences. Elle meurt le 9 janvier 1905 lors d’un déplacement à Marseille. Ses funérailles sont le théâtre d’une immense manifestation populaire à Paris, et tous les ans, jusqu’en 1916, un cortège se rend sur sa tombe.
Les Œillets rouges, de Louise Michel pour Théophile Ferré.
Car à quoi
servent les pieds sinon à se joindre à la course qui les entraîne? et le coeur
Triste jour que ce lundi 30 juillet pour les amoureux de cinéma avec la disparition coup sur coup de Michel
Serrault puis d'Ingmar Bergman. L'un était un fervent catholique, l'autre n'a eu de cesse de questionner l'absence de Dieu. Aujourd'hui, la mort les
réunit.

Commentaires Récents