Dimanche 16 décembre 2007
Le guide libyen est enfin parti. Le cadeau empoissonné s’en va avec l’arrivée de Noël, pour notre plus grand bonheur à tous. Que faut-il retenir de cette
visite ? Les hommages républicains à un terroriste, dont le visage symbolisait autrefois la haine de l’homme pour ses congénères, la violence et la mort, le Mal absolu ? L’efficacité
redoutable d’une communication présidentielle instrumentalisée (le ‘non’ de Rama Yade, aussi sincère que les déclarations pro-environementale d’Al Gore, ancien numéro deux d’un pays ayant
toujours refusé de promouvoir la survie de notre planète, rien moins que ça) ? Le cynisme extrême d’une politique-marchandisation, la soumission de la chose publique au commerce, ou comment
le libéralisme pervertit maintenant les droits de l’homme ; c’est-à-dire que la marchandise, la valeur marchande des biens, la vente devient plus importante que la mémoire ? Oui, à
l’heure du départ d’un homme les mains tachées de sang, c’est à cela qu’il faut méditer. Sans complaisance ni retenue. Les relations internationales et la diplomatie exigent du réalisme, de
l’ouverture. On ne peut vivre éternellement dans la haine ; il faut, avec le temps mais sans oubli, travailler au rapprochement. La CECA puis l’Europe furent plus efficaces qu’un traité de
Versailles dégradant et porteur en germe d’une haine à venir. Mais là, non ! La République française, patrie des libertés, des idéaux révolutionnaires et démocratiques, terre du modernisme ne
peut accepter de se corrompre pour sa balance commerciale. Aucune Rafale, aucune centrale nucléaire ne peut masquer la mesquinerie d’un despote tortionnaire. Nicolas Sarkozy, en accueillant
Kadhafi approuve sa politique mensongère et atroce. Qui peut encore douter que le colonel ait monté de toute pièce l'histoire des infirmières bulgares ; pour ensuite s'auto-proclammer comme le
libérateur de ses huit pauvres femmes torturées pendant plus de huit ans ; et enfin négocier de juteux contrats ? Il n'y pas de gagnant-gagnant dans cette affaire, mais un seul gagnant : la
barbarie, l'obscurantisme, la violence, le refus du repentir, et l'ultralibéralisme. C'est la fin d'une éthique internationale - ou plutôt la confirmation que quand il s'agit de relations
internationales, c'est la richesse qui importe et l'emporte. Certitude d'une tristesse ineffable ; comme l'est la participation de la France à cette mascarade.
Par Nicolas
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Mercredi 19 décembre 2007
Mensonge : affirmation contraire à la vérité faite dans l'intention de tromper.
Un mot suffit pour caractériser le pouvoir en place confronté au "problème" des sans-abri. Et cette tromperie parfaitement ficelée nous est servie sur plusieurs tableaux.
Il y a d'abord l'hypocrisie électorale : Nicolas Sarkozy s'est fait élire sur une promesse d'éradiquer la pauvreté et de permettre à tout homme d'avoir un logement ; ce qui semble un impératif
pour la cinquième puissance mondiale. Pourtant, les choses n'ont pas changé depuis l'élection du Président-people.
Il y a ensuite fourberie de l'action : le gouvernement de droite à fait voter une loi de "Droit opposable au logement" qui n'est qu'un simulacre d'avancée sociale, une invention tautologique
visant à noyer le vrai problème.
Il y a également sournoiserie de la communication présidentielle. Madame Boutin affirme qu'il y a assez de solutions d'urgence pour les SDF, c'est faux. Bénévole pour les restos du coeur depuis
quelques mois, j'ai pu discuté hier avec un bénéficiaire, Patrick, âgé de 41 ans. SDF depuis dix ans, il n'essaie plus le 115, le Samu Social étant incapable de lui proposer un logement quand les
nuits sont trop froides. Pourtant, cet homme refuse de rester dans le métro, depuis une agression nocturne - vol des papiers et du seul bien d'un SDF : ses habits. Alors, quand on entend une
Ministre de la République abuser, tromper, mentir, mystifier, fabuler, il faut dénoncer. Se faire entendre, remettre en cause notre système qui laisse crever de faim les plus pauvres. D'autant
plus que Madame Boutin n'hésite pas à dénigrer le travail des associations et des bénévoles - dont je fais partie. Interviewée lors d'une visite dans un centre d'urgence de la Croix-Rouge, et
revenant sur l'intervention musclée des CRS sur le parvis de Notre-Dame (samedi dernier), elle affirme sans sourciller que la Croix-Rouge fait un travail souterrain indispensable et beaucoup plus
efficace que les protestations des Enfants de Don Quichotte - entre autres. Toujours cette détestable stratégie gouvernementale de la division. Mais, face à la misère de ces gens, et alors que le
gouvernement continue à faire la sourde oreille, ne faut-il pas hausser le ton et jouer à armes égales - action d'éclats et utilisation intensive des médias ?
Par Nicolas
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