itinéraire historique

Lundi 1 janvier 2007
Ni Roi, ni Cardinal, Nicolas Fouquet n'en fut pas moins un personnage central du grand XVIIème siècle. La biographie de Jean-Christian Petitfils (Fouquet, Perrin-Tempus, 11 euros) nous dépeint l'homme dans toutes ses grandeurs et faiblesses, avec la plume remarquable de l'historien érudit et passionné.
Né en janvier 1615, Nicolas Fouquet est le deuxième enfant de François Fouquet, grand serviteur de Richelieu, et membre d'un clan puissant au sein de la haute administration française et du clergé. La Fronde est l'occasion pour le jeune procureur général de devenir un des personnages clés du royaume  ; nommé surintendant des finances en 1653, il est fidèle parmi les fidèles de Mazarin, le tout puissant premier ministre de Louis XIV. Protégé du Cardinal et de la régente Anne d'Autriche, Nicolas Fouquet devient très vite la clé de voûte d'un royaume en perpétuel besoin d'argent - à cause de la guerre avec l'Espagne débutée en 1635.
Omnipotent pour les questions financières, Nicolas Fouquet est un excellent pourvoyeur de fonds, mais il mélange bien trop souvent richesse personnelle et richesse étatique. Il n'hésite pas à puiser dans les caisses de l'état pour faire ériger ce qui sera le modèle de Versailles : le magnifique château de Vaux-le-Vicomte (sous la direction du trio magique Le Vau - Le Brun - Le Notre). L'érudit est aussi un passionné d'arts et de lettres. Mécène généreux, son salon littéraire de Saint-Mandé est un des plus réputés de l'époque.
Rapidement, il fait des envieux, en particulier Jean-Baptiste Colbert, protégé du Cardinal. A la mort de ce dernier, Colbert encourage Louis XIV à se séparer de Nicolas Fouquet. Le Roi, désireux d'affermir son pouvoir décide de faire juger l'ancien surintendant. Colbert devient alors le chef d'orchestre d'un procès partial et bâclé qui voit Nicolas Fouquet s'attirer la sympathie du peuple. Les pages de Petitfils décrivant l'un des procès les plus célèbres de France sont magnifiques.
Le jugement est assez clément : le bannissement à vie. Cependant, le Roi, craignant une nouvelle Fronde, ordonne que Nicolas Fouquet soit enfermé dans le donjon de Pignerol, dans le nord de l'Italie. Cloîtré sans aucun droit, l'ancien maître de Vaux devra faire face aux privations, à l'exil loin des siens, à la solitude. Finalement, il mourra après avoir pu profiter de quelques assouplissements royaux, Louis XIV, aux faites de sa puissance, se souciant moins d'un personnage devenu moins encombrant.
Fouquet est donc non seulement une passionnante biographie du surintendant des finances, mais aussi un récit captivant des ambitions, mentalités, guerre des clans, ascensions et mise à l'épreuve des nobles dans la société de l'Ancien Régime. On s'enthousiasme pour le destin d'un homme qui a tout connu : les honneurs de la cour puis la déchéance, le luxe des salons et la solitude de la cellule. On retient finalement l'image d'un homme ambitieux et érudit, parfois maladroit et ayant sans aucun doute profité des largesses d'un système financier dépassé, mais toujours serviteur de l'état.
Par Nicolas
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Dimanche 7 janvier 2007
En 1934, René Grousset nous a offert une magnifique Histoire des Croisades en trois volumes qui est toujours LA référence sur le sujet. Les éditions Perrin (collection Tempus) viennent de republier cette somme de connaissances, en poche, toujours en trois volumes (12 euros chacun).
Le premier tome couvre la période 1095 - 1130. Une brillante introduction nous présente l'orient à la veille de la Première Croisade. Vers le milieu du Xè siècle, deux empereurs byzantins, Nicéphore Phocas puis Jean Tzimiscès essayèrent de redonner à l'empire byzantin toute sa grandeur en profitant des dissensions du monde musulman ('émiettement ethnique et politique, schisme religieux, démilitarisation générale', p.40). En effet, les fatimides d'Egypte et les abbasides de Bagdad étaient incapables de s'accorder pour résister aux nouvelles attaques des conquérants venus de Constantinople.
Une nouvelle dynastie, les seldjoukides turcs, entrepris à partir de 1050 la reconquête de l'Asie mineure. L'empire byzantin en pleine décomposition étant devenu, comme l'empire musulman quelques années plus tôt, une proie facile pour les turcs. Ce furent d'abord de brèves attaques, puis à partir du milieu du XIè siècle, un véritable processus d'invasion concrétisé en 1072 par la défaite byzantine de Malâzgerd (l'empereur Romain Diogène est fait prisonnier). En 1078, les turcs deviennent maîtres de Jérusalem.
Quelques combattants solitaires normands (en particulier Robert Guiscard aidé de l'empereur Alexis Comnène) tentèrent de s'installer dans la région, sans succès.
Le 27 novembre 1095, à Clermont Ferrand, le pape Urbain II appelle les chrétiens à la Croisade. Elle prendra tout d'abord la forme d'un mouvement désordonné et populaire (Pierre l'Ermite et Gautier-sans-avoir), avant d'être dirigée par les barons venus des quatre coins de l'Europe : Godefroi de Bouillon, Baudouin de Boulogne, Raymond de Saint-Gilles, Bohémond. Cette première croisade sera une longue suite de succès retentissants des Croisés (Nicée, bataille de Dorylée puis conquète de l'Anatolie, prise d'Antioche...),  de ripostes des fatimides ou des turcs. Les barons prènent Jérusalem en juillet 1099. C'est la fin de la Première Croisade. Notons, dans ce résumé rapide, que des Etats furent aussi créés à Antioche, à Edesse ou a Tripoli.
Godefroi de Bouillon, nommé Avoué du Saint Sépulcre, doit lutter pour fortifier le nouveau régime, qui ne prend le nom de royaume qu'en 1100 avec l'intronisation de Baudouin I comme Roi de Jérusalem (Baudoin, frère de Godefroi, fut intronisé par le patriarche de la ville). Le nouveau roi doit alors faire face aux contre-offensives des musulmans (entre 1100 et 1115), attaques d'autant plus dangereuses que de nombreux croisés étaient rentrés en Europe après les premières victoires. Nous reviendrons plus tard sur le personnage de Baudouin I.
Robert Grousset nous montre avec passion et érudition tous les petites luttes intestines qui permettront, dans un premier temps, aux Croisés de s'installer durablement en terre sainte ; les problèmes de droit que posent cette conquête (tous les barons, à l'exception de Raymond de Saint-Gilles avait prêté serment à Alexis Comnène de 'rendre' les terres conquises à l'empire byzantin) ; les luttes entre les différents barons et les motivations de chacun (Bohémond et Baudouin, moins désireux de combattre les musulmans que de se constituer un royaume, respectivement à Antioche et à Edesse)...
Par Nicolas
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Lundi 15 janvier 2007
La deuxième partie (selon notre décomposition) de l'Histoire des croisades de René Grousset commence après la mort de Baudouin I (en 1118) et se termine vers 1131, à la mort de Baudouin II. Il est ici impossible de résumer la complexité de ces quelques 400 pages (et ce n'est pas l'objet de ce post). Le spécialiste de l'histoire d'Orient nous montre comment le royaume de Jérusalem s'est construit et comment une monarchie forte et affirmée pu faire face aux attaques répétées d'arabes et de turcs encore prisonniers de la féodalité et des luttes inter clans, marquant la réelle domination franque dans la région. Il analyse plus particulièrement l'histoire de la création et les guerres à Antioche, Edesse et Tripoli. Avec Jérusalem, ce sont les quatres royaumes francs de la région. Retenons aussi quelques dates : 1115 et la victoire de Danith de Robert d'Antioche face aux turcs ; 1119, ou le premier vrai désastre des francs pendant lequel fut tué de ce même Robert d'Antioche ; prise de Tyr en 1124 symbole la vraie domination des francs sur les mers.
L'histoire de ces chevaliers francs quittant tout pour aller combattre au nom de la religion est fascinante. René Grousset sait également nous conter les petites histoires au sein de la grande histoire qui font tout le charme de ce livre : Baudouin II emprisonné qui arrive à retourner la situation en devant le maître de sa prison ; la traîtrise d'Alix, fille de Baudouin II à la mort du nouveau comte d'Edesse, Bohémond II...  Complexe mais toujours littéraire et agréable à lire, ce premier tome est un petit bijou des livres historiques.
Par Nicolas
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Dimanche 11 février 2007

Rome, la ville éternelle ; Rome, ou comment une ville comme les autres domina le monde pendant près de douze siècles ; Rome qui inspire tous les jours notre civilisation... Nous ne pouvons pas vouloir comprendre notre quotidien en faisant l'impasse sur ce moment crucial de l'Histoire humaine. L'objectif de ce post est de survoler rapidement (car un poste d'un amateur passionné mais novice ne peut être qu'un survol) 1200 d'histoire romaine en donnant quelques repères, quelques noms, quelques idées sur une civilisation passée qui ne cessera d'influencer notre présent. Ce post est basé sur les travaux de l'immense Lucien Jerphagnon. J'invite tout lecteur intéressé par cette période de courir acheter son Histoire de la Rome antique chez Hachette Pluriel.
Selon la légende, Rome est née en 753 lorsque Romulus tua son frère Remus. Suivirent les sept rois historiques. Plus probablement, c'est aux alentours de 600-550 que dut sortir la Rome archaïque. Le septième roi de Rome, Tarquin le Superbe, fut un tyran. Bien pire était encore son fils, Sextus Tarquin qui viola sa cousine Lucrèce. Acte qui déclencha une révolution en 509, et la fin de la Monarchie romaine. Les habitants du bord de la méditerrané n'oublieront jamais cet épisode sanglant et tragique : leur peur de la monarchie sera le moteur d'une histoire bien souvent chaotique.
Avant 509, la Res pubica état gérée par un monarque ; elle va l'être après cette date par le peuple (les grandes familles surtout), deux consuls, les tribuns de la plèbe, et le Sénat, organe central du pouvoir romain que nous ne pouvons ici qu'évoquer.
Pour mieux durer, Rome dut s'étendre. Commencèrent ainsi près de deux siècles et demi de guerre (guerres italiques et étrusques). En 390, les Gaulois entrent en Italie et saccagent Rome. Après la chute de la monarchie, cette agression est le deuxième évènement fondateur de la mentalité romaine.
Rome avait reculé ses frontières jusqu'à devenir une cité dangereuse pour ses voisins. C'est ce que comprendront très vite les habitants de Carthage (près de la moderne Tunis), la grande cité africaine. La rivalité entre les deux villes aboutit ainsi à trois guerres dites "puniques" entre 265 et 146 (destruction de Carthage). Je ne peux pas développer ici ce tournant du développement de la puissance romaine.
Au sortir de ces guerres, la société change ; Rome est plus sûre d'elle et plus dominatrice et elle peut continuer son extension, mais elle n'est pas encore pacifiée et unifiée. Une réforme agraire voulue par Tiberius Gracchus en 140 (puis plus tard pas son frère, les deux étant plus connus sous le nom des Gracques) déclencha une guerre civile de plus de 100 ans qui verra la lutte des pouvoirs et des ambitions : Marius, puis le sanglant dictateur Sylla. La République est divisée (révolte des escales derrière Spartacus à partir de 73), délabrée (au grand désespoir de Cicéron), affaiblie, mais elle continue à s'étendre pour dominer le monde (Pompée).
En 59, César est nommé Consul avec Pompée et Crassus : c'est le premier Triumvirat. La Rome impériale est en marche. César entreprend sa campagne des Gaules (de 58 à 51), remporte à Alésia une victoire éclatante contre Vercingétorix, franchit le Rubicon en février 49 et entre victorieux à Rome en août 45 malgré les nombreuses trahisons de tout bord et un amour dévorant pour Cléopâtre. Le Sénat lui accorde la dictature perpétuelle. César est assassiné en mars 44, laissant place à quinze nouvelles terribles années de guerre civile qu'essaieront d'endiguer Octave, Antoine et Lépide (deuxième Triumvirat à partir d'août 43). Octave sort vainqueur en septembre 31 (bataille d'Actium) d'un lutte fratricide contre Antoine : il devient le seul maître à bord, l'imperator désigné par ses troupes, le premier empereur romain, Auguste.
Réforme du pouvoir, de la société, stabilisation et pacification des frontières sont les grandes oeuvres d'Auguste durant son long règne (quarante cinq ans jusqu'en 14 après J.C). La civilisation s'enrichie d'illustres esprits (Lucrèce est mort, mais Ovide, Virgile, Horace, Tite-Live font les bonheurs du nouvel empereur). Auguste meurt le 17 août 14, le Sénat, le peuple et l'armée prêtent serment à Tibère : l'Empire existe bel et bien, il va se développer et briller de toutes ces lumières pendant quatre siècles. Le règne de Tibère fut un des plus efficaces de Rome, même si les guerres internes se perpétuent (la terreur s'abat sur Rome en 32). La dynastie des Julio-Claudiens s'incarne ensuite en la personne de Caligula, puis Claude et enfin Néron. C'est de l'état des relations entre le princeps et le Sénat dont dépendra le caractère tendu ou nom du règne, de même que les rapports avec l'armée et enfin avec le peuple. Je ne souhaite pas ici m'attarder sur ces empereurs, mais juste signaler que Caligula et Néron essayèrent d'imposer à Rome une vision orientale du pouvoir, ce qui déplut fortement.
A la mort de Néron en juin 69, s'ouvre une nouvelle période très trouble à Rome connu sous le nom de l'année des quatre empereurs. Vespasien et la dynastie des Flaviens (Titus et Domitien en particulier) marquent un changement d'esprit : l'Empire est universel et doit être géré comme tel. C'est le début de la pax romana. C'est aussi l'époque des grandes constructions, de l'extension de l'Empire et des belles lettres (Pline l'Ancien, Plutarque, Epictète, Pline le Jeune, Suétone...). Comme le dit si bien Lucien Jerphagnon, pendant ces années, "l'Empire est normalisé".
Les Antonins (à partir de l'accession au pouvoir de Trajan en 98) continuent cette politique, étendent l'Empire (lutte contre la Dacie dès 101). Hadrien (mort en 138) succède à Trajan, préserve l'Empire des menaces extérieures, multiplie les réformes de l'appareil  étatique. Viennent ensuite Antonin et Marc Aurèle, empereur des grandes invasions. Commode, dernier empereur de la dynastie est assassiné en 192, laissant la place à la dynastie des Sévères.
Avec eux, c'est l'Orient qui prend de plus en plus importance. Septime Sévère continue la réorganisation de la justice, de l'administration, de la bureaucratie. Son successeur, Caracalla déclare l'égalité de tout homme devant le droit naturel. En la personne de Héliogabale triomphe le culte des dieux d'Orient qui déplaisent fortement à Rome. L'Empereur perd de son autorité ; une époque terrible débute en 235 avec 50 ans de guerres civiles et 23 empereurs que nous ne tenterons pas de résumer ici. Rappelons simplement que les trahisons, les complots, les usurpations, les assassinats et les coups d'état furent légion pendant cette période de troubles.
Claude et surtout Aurélien à partir de 270 redonnent un peu de prestige à l'Empire, mais une nouvelle fois, la succession pose problème. Les luttes intestines laissent place aux guerres civiles, et il faudra attendre Dioclétien et la création de la Trétarchie pour voir l'ordre reprendre quelque peu ses droits. Malheureusement, ce système intelligent consacre également la séparation du pouvoir d'Orient et d'Occident. L'Empire romain unifié se désagrège un peu plus chaque jour, et il faut en plus faire face à la montée du Christianisme qui divise le pouvoir et les romains. Constantin, suite à la victoire du pont de Milvius en 312, régularise le Christianisme (concile de Nicée en 325), qui s'imposera définitivement comme religion d'Etat avec Théodose. Cet empereur est resté célèbre car, à sa mort en 395, Constantinople devient la capitale de l'Empire romain d'Orient. C'est la fin de l'Empire romain unifié, la fin d'une époque... Mais ceci est une autre histoire.
Voici l'Histoire de Rome beaucoup trop rapidement esquissée et seulement survolée. Mais j'espère y revenir souvent sur ce blog, afin de vous faire partager mon intérêt pour cette époque.
Par Nicolas
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Vendredi 16 février 2007
Il y a quelques milliers d'années, une civilisation naissait sur les rives de la Méditerranée. Avec elle se forment la pensée moderne, la démocratie ou encore la tragédie. C'est tout l'Occident qui trouve son fondement dans cette civilisation antique, et nous sommes fortement redevable à tous ces hommes. Je vais essayer de vous donner sur ce blog quelques repères. Encore une fois, je ne prétends pas être un spécialiste du sujet, mais je pense pouvoir vous faire partager ma passion pour cette époque. Ces commentaires sont issus du classique L'Aventure grecque de Pierre Lévêque.

Peuplée dès le néolithique, la Grèce connaît un changement profond lors de l'Helladique ancien (entre 3100 et 2400) : arrivée massive de nouveaux envahisseurs plus civilisés. L'afflux des premiers Grecs au cours de l'Helladique moyen (1950-1580), marque un nouveau tournant de l'histoire de la région. Mais c'est en Crète, et bien plus tôt, que fleurit la civilisation la plus riche et d'une importance cruciale dans l'histoire européenne : les minoens, société de palais (en particulier à Cnossos) au luxe et à la beauté éblouissants.
Le vrai développement grec commence vers 1580 et durera jusqu'en 1100 : c'est l'Helladique récent ou civilisation mycénienne, du nom du site le plus important de l'Argolide. Les achéens entreprennent une politique d'expansion, en particulier en Crète, qui aboutit à la fin de la domination de la civilisation minoenne. Puis, vers 1230, c'est la fameuse prise de Troie, la ville étant méthodiquement pillée par les achéens (sa richesse fut a priori une des causes principales de l'invasion). Dans tous les domaines, les progrès de cette civilisation achéenne sont incroyables : invention du linéaire B (syllabaire de 84 ou 87 signes) ; économie florissante ; développement de l'industrie et expansion commerciale; naissance de l'épopée ; essor des arts mineurs et majeurs. La société est fortement hiérarchisée et trifonctionnelle (roi, dignitaires et prêtres d'un côté, damos en dessous, et enfin les esclaves) et la religion évolue (comme dans les arts, l'influence de la Crète est capitale).
Vers la fin du IIè millénaire, une nouvelle vague d'envahisseurs grecs vient submerger l'Hellade achéenne : les Doriens. Conséquence directe, la civilisation mycénienne est presque intégralement détruite. La Grèce offre alors un visage qui ne changera plus avec ces trois ethnies majeures : les Ioniens, les Doriens et les Eoliens. Les Doriens favorise l'installation d'une société divine de type patriarcal. Une période obscure connue sous le nom "d'âges sombres" succède à ces invasions violentes et destructrices.
La civilisation grecque peut alors commencer à briller de mille éclats : invention de l'écriture ; naissance de la cité ; évolution de la monarchie vers l'aristocratie, puis vers la tyrannie ; naissance d'une économie monétaire ; développement du commerce... Nous ne pouvons pas ici développer les disparités existant entre les différentes régions de la grande Grèce (richesse de l'Ionie, développement et déclin de Sparte). A cette époque surtout, et en plusieurs étapes, la démocratie se développe à Athènes. Dacron puis Solon mettent par écrit les lois ; le tyran Pisistrate s'appuie sur le peuple pour dominer la cité ; puis Clisthène réogarnise le pouvoir du peuple. Athènes élargit également sa domination sur la région en créant de nouvelles colonies (Italie, Sicile, Marseille, Thrace...). Enfin, la vie spirituelle s'épanouit également : essor du premier lyrisme grec ; naissance des genres dramatiques ; école philosophique de Millet ; développement de la pensée mathématique (Pythagore) ; renaissance du grand art qui se concrétise par la construction des premiers grands temples (Delphes).
Au début du Vè siècle avant notre ère, Athènes, grâce aux guerres médiques, assoit définitivement sa ascendant sur l'Egée. Les cités ioniennes, en 499, se rebelle contre la domination perse ultra violente du Grand Roi Darius. Seul Athènes répond à l'appel à l'aide des cités dominées et écrase les perses à Marathon (490). La deuxième guerre médique, dirigée par le fils de Darius, Xerxès, consacre définitivement la suprématie d'Athènes (victoire de Salamine en 480).
Nous verrons prochainement comment Athènes, impériale et sécurisée, devint le berceau de la civilisation occidentale.
Par Nicolas
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Vendredi 23 février 2007

En 480, Athènes affirme donc sa suprématie à Salamine, et les cités grecques se tournent vers la ville d'Athéna pour se protéger de l'Empire perse : c'est la ligue de Délos (d'une nom de l'île sur laquelle est conservée le trésor correspondant aux participations des différentes Cités). En 454, par l'acte symbolique du transfert du trésor de Délos à l'Acropole, Athènes entend montrer qu'elle est le centre du nouvel Empire. Cette suprématie se concrétise en 449 par la paix de Callias qui met fin aux guerres médiques : c'est le début de ce que l'on appelle le classicisme grec.

La démocratie triomphe lors du Vè siècle lorsque Périclès est nommé stratège en 461 ; l'empire s'étend commercialement et culturellement. Et c'est surtout sur ce point qu'on a pu parlé de "siècle d'or". Le siècle de Périclès est associé aux noms d'Euripide, d'Eschyle, Sophocle, Socrate, Aristote, Platon, Hérodote, Thucydide, Xénophon...
Mais Athènes doit faire face à une nouvelle épreuve à partir de 431 : c'est la guerre du Péloponnèse. Sparte se rebelle contre l'impérialisme athénien. Rapidement évoquons la mort de Périclès en 429, la paix de Nicias en 421, et surtout l'entrée de Lysandre à Pirée en 404. C'est l'humiliation suprême pour Athènes qui doit accepter des conditions drastiques.

Le Vè siècle fut le siècle de l'unité, le IVè siècle est celui des discordes et des guerres. Entre 404 et 355, les cités grecques s'affrontent afin d'avoir l'hégémonie sur la région. Entre 404 et 378, Sparte profite de sa victoire dans la Guerre du Péloponnèse, puis Athènes (378 à 371) prend sa revanche grâce à différentes victoires navales, enfin et pendant neuf ans (371-362), Thèbes est le nouveau centre du monde grec.
Mais c'est finalement de Macédoine que viendra le nouveau souffle de la Grèce. Philippe II mène la conquête, signe la paix de Philocratès en 346 puis continue sa marche vers l'Empire perse jusqu'en 338. Mais c'est surtout Alexandre le Grand qui va bâtir en moins de 13 ans (336-323) le plus grand Empire qu'a jamais connu le monde. Il enchaîne les victoires à Issos en 333, à Gaugamèles en 331, marche vers l'Inde et y mourra. C'est le début de ce que l'on appelle l'époque Hellénistique qui se termine avec la conquête romaine.

Pendant cette période, le centre de gravité de l'hellénisme se déplace vers l'Orient alors que les terres occupées par les Grecs s'étendent. Mais c'est surtout une histoire compliquée, une période pendant laquelle se multiplient les guerres acharnées et meurtrières et les usurpations  modifiant les frontières des Etats. A la mort d'Alexandre, ses successeurs se disputent âprement l'Empire de l'enfant dieu. Nous reviendrons une prochaine fois sur une période compliquée et qu'il est très difficile de résumer.

Par Nicolas
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de A à Z...

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Strawberry Jam - Animal Collective
Un homme perdu - Danielle Arbid
A l'abri de rien - Olivier Adam
Le Portrait - Pierre Assouline
De l'autre côté - Fatih Akin

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The Flying Club Cup - Beirut
Smokey Rolls Down Thunder Canyon - Devendra Banhart
Shotter's Nation - Babyshambles
Jean-François Bizot -
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? -
Pierre Bayard
François-Marie Banier -
Fur and gold -
Bat for lashes
Le Royaume - Peter Berg
Bob Dylan - François Bon
Chroniques littéraires - Maurice Blanchot

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Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel
Control - Anton Cobijn
North Star Deserter - Vic Chesnutt
La fille coupée en deux - Claude Chabrol
La Radiolina - Manu Chao
Secret Sunshine - Lee Chang-Dong
Le Deuxième Souffle - Alain Corneau
Gustave Courbet - Exposition Grand Palais 2007
Darling - Christine Carrière
My Friends All Died... - Cocoon
Les Promesses de l'Ombre - David Cronenberg
The Waiting Room - Chloé
L'homme sans âge - Coppola
Un bruit qui court - Pauline Croze

- D -

The Pirate's Gospel - Alela Diane
Tom est Mort - Marie Darrieussecq
Five leaves left - Nick Drake
La Passion selon Juette - Clara Dupont-Monod
L'invitation - Etienne Daho
La mécanique du coeur - Dionysos

- E -

Nancy Elizabeth -
Battle and Victory
L'Enfer - Expo BNF

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Distance and Time - Fink
Echoes, Silence, Patience & Grace - Foo Fighters
Leaving the nest - Benjy Ferree
Revival - John Fogerty

- G -

La vengeance dans la peau -
Paul Greengrass
Nouvelles Mythologies - Jérôme Garcin

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Tout est pardonné -
Mia Hansen-Love
White Chalk - PJ Harvey
I'm not There - Todd Haynes

- K -

99 F -
Jan Kounen
La Forêt de Mogari - Naomi Kawase
André Kertész - Expo Chambéry
My Blueberry Nights - Wong Kar-Wai

- L -

Alabama Song -
Gilles Leroy

- M -

Dans le café de la jeunesse perdue -
Patrick Modiano
Gee Whiz but this is a Lonesome Town - Moriarty
Charles et Léo - Jean-Louis Murat
Trees Outside the Academy - Thurston Moore
Les Disparus - Daniel Mendelsohn

- N -

Ni d'Eve ni d'Adam -
Amélie Nothomb
Avant que j'oublie - Jacques Nolot

- O -

Une autre histoire de la littérature -
Jean d'Ormesson
Odeur du temps - Jean d'Ormesson

- P -

Transparent knives -
Promise and the Monster

- R - 

In Rainbows -
Radiohead
Cendrillon - Eric Reinhardt
The State of Things - Reverend and the Makers
La part obscure de nous-mêmes - Roudinesco
Un homme - Philip Roth

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Persepolis -
Marjane Satrapi
Thalasso - Amanda Sthers
American Gangster - Ridley Scott

- T -

Love it when I feel like this -
The Twang
L'heure zéro - Pascal Thomas

- V -

Adieu Pony -
Constance Verluca
Ambroise Vollard - Exposition 2007 Musée d'Orsay
Paranoid Park - Gus Van Sant
Une vie - Simone Veil

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Chrome Dreams II -
Neil Young
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