Ni Roi, ni Cardinal, Nicolas Fouquet n'en fut pas moins un personnage central du grand XVIIème siècle. La biographie de Jean-Christian Petitfils
(Fouquet, Perrin-Tempus, 11 euros) nous dépeint l'homme dans toutes ses grandeurs et faiblesses, avec la plume remarquable de l'historien érudit et
passionné.Né en janvier 1615, Nicolas Fouquet est le deuxième enfant de François Fouquet, grand serviteur de Richelieu, et membre d'un clan puissant au sein de la haute administration française et du clergé. La Fronde est l'occasion pour le jeune procureur général de devenir un des personnages clés du royaume ; nommé surintendant des finances en 1653, il est fidèle parmi les fidèles de Mazarin, le tout puissant premier ministre de Louis XIV. Protégé du Cardinal et de la régente Anne d'Autriche, Nicolas Fouquet devient très vite la clé de voûte d'un royaume en perpétuel besoin d'argent - à cause de la guerre avec l'Espagne débutée en 1635.
Omnipotent pour les questions financières, Nicolas Fouquet est un excellent pourvoyeur de fonds, mais il mélange bien trop souvent richesse personnelle et richesse étatique. Il n'hésite pas à puiser dans les caisses de l'état pour faire ériger ce qui sera le modèle de Versailles : le magnifique château de Vaux-le-Vicomte (sous la direction du trio magique Le Vau - Le Brun - Le Notre). L'érudit est aussi un passionné d'arts et de lettres. Mécène généreux, son salon littéraire de Saint-Mandé est un des plus réputés de l'époque.
Rapidement, il fait des envieux, en particulier Jean-Baptiste Colbert, protégé du Cardinal. A la mort de ce dernier, Colbert encourage Louis XIV à se séparer de Nicolas Fouquet. Le Roi, désireux d'affermir son pouvoir décide de faire juger l'ancien surintendant. Colbert devient alors le chef d'orchestre d'un procès partial et bâclé qui voit Nicolas Fouquet s'attirer la sympathie du peuple. Les pages de Petitfils décrivant l'un des procès les plus célèbres de France sont magnifiques.
Le jugement est assez clément : le bannissement à vie. Cependant, le Roi, craignant une nouvelle Fronde, ordonne que Nicolas Fouquet soit enfermé dans le donjon de Pignerol, dans le nord de l'Italie. Cloîtré sans aucun droit, l'ancien maître de Vaux devra faire face aux privations, à l'exil loin des siens, à la solitude. Finalement, il mourra après avoir pu profiter de quelques assouplissements royaux, Louis XIV, aux faites de sa puissance, se souciant moins d'un personnage devenu moins encombrant.
Fouquet est donc non seulement une passionnante biographie du surintendant des finances, mais aussi un récit captivant des ambitions, mentalités, guerre des clans, ascensions et mise à l'épreuve des nobles dans la société de l'Ancien Régime. On s'enthousiasme pour le destin d'un homme qui a tout connu : les honneurs de la cour puis la déchéance, le luxe des salons et la solitude de la cellule. On retient finalement l'image d'un homme ambitieux et érudit, parfois maladroit et ayant sans aucun doute profité des largesses d'un système financier dépassé, mais toujours serviteur de l'état.

En 1934, René Grousset nous a offert une magnifique
La deuxième partie (selon notre décomposition) de l'
Il y a quelques milliers d'années, une civilisation naissait sur les rives de la Méditerranée. Avec elle se forment la pensée moderne, la démocratie ou encore la tragédie. C'est tout l'Occident
En 480, Athènes affirme donc sa suprématie à Salamine, et les cités grecques se tournent vers la ville d'Athéna pour se protéger de l'Empire perse : c'est la ligue de Délos
(d'une nom de l'île sur laquelle est conservée le trésor correspondant aux participations des différentes Cités). En 454, par l'acte symbolique du transfert du trésor de Délos à l'Acropole,
Athènes entend montrer qu'elle est le centre du nouvel Empire. Cette suprématie se concrétise en 449 par la paix de Callias qui met fin aux guerres médiques : c'est le début de ce que l'on
appelle le classicisme grec.
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