itinéraire politique

Dimanche 29 octobre 2006
La liste conduite par Alain Juppé a gagné l'élection municipale anticipée Bordeaux, des le premier tour, dimanche 8 octobre, avec plus de 56% des suffrages exprimés. Pour mémoire, l'ancien Premier Ministre avait du renoncer à son poste de Maire après la prononciation d'une sanction d'inéligibilité d'un an faisant suite au scandale des emplois fictifs du RPR.

Cette réélection est-elle dommageable pour la démocratie? Je le pense.

Certes, Alain Juppé n'a été reconnu 'que' de 'prise illégale d'intérêt. Il ne s'agit pas de détournement d'argent public, mais le problème moral demeure. Un homme politique est responsable devant le peuple, et le simple fait de trahir cette confiance en essayant de bénéficier de la communauté pour son propre intérêt est répréhensible.

Certes, Alain Juppé n'a été reconnu coupable qu'en tant qu'ex-secrétaire général du RPR et adjoint aux finances a la mairie de Paris, jamais a titre personnel. Cependant, derrière toute fonction se cache un homme qui est pleinement responsable des actes commis dans le cadre de ses fonctions.

Alors on peut admettre que la fonction punitive de la justice doit laisser place a la possibilité de rachat. La société doit laisser la chance a l'homme de racheter sa faute, et Alain Juppé a accepter d'assumer la sanction prononcée contre lui.

Mais je pense que nous avons là un véritable problème pour une démocratie moderne. J'appelle a une réflexion nationale aboutissant à une inéligibilité totale de tout femme ou homme politique dont la responsabilité a été clairement définie par l'autorité judiciaire.
Par Nicolas
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Dimanche 29 octobre 2006
Nicolas Sarkozy est aujourd’hui, le meilleur candidat pour la France.

Il affirme et assume une ambition nécessaire (qu’on ne me fasse pas croire que Royal, Fabius ou DSK n’en ont pas). Cette ambition est indispensable pour gouverner 60 millions de personne, pour assumer une exorbitante responsabilité et faire face aux âpretés du pouvoir.

Il brise des tabous - même si c’est parfois de manière trop brutale et provocatrice. On peut parler d’immigration sans être fasciste. On peut remettre en cause le modèle social sans être un chantre de l’ultralibéralisme. On peut exiger que la justice rende des comptes sans remettre en cause son indépendance.
Ne jouons donc pas les vierges effarouchées et acceptons de voir le monde tel qu’il est et non pas tel qu’on le rêve. On étudie les faits, on développe une analyse et on prend parti en tenant compte des contraintes. C’est la seule méthode à appliquer (inspirée de Raymond Aron).

Le Ministre de l’Intérieur, contrairement à la Gauche française n’est pas prisonnier d’une idéologie et d’une vision dépassée. Il assume totalement son positionnement capitaliste et mondialiste et ne fait pas preuve de démagogie en faisant croire aux français qu’un modèle de repli sur soi est encore possible.

Nicolas Sarkozy possède également de réelles qualités d’homme politique : excellent orateur, parfait débateur, grande force de conviction, meneur d’homme.

Il fait aussi preuve d’une réelle expérience d’homme d’état, aussi bien au niveau local qu’au niveau national : maire, député, président de Conseil Général, trois fois à la tête de Ministères (l’Economie et l’Intérieur et le Budget).

Il a rencontré des difficultés qui en font un homme apte à gérer les crises, les échecs et il a su montrer sa capacité à rebondir (soutien de Balladur, relation avec Chirac, Clearstream…).

Sarkozy, c’est aussi une nouvelle génération d’hommes de terrain. A coté des plus connus (Fillon que l’on annonce comme un probable 1er ministre) gravitent dans l’entourage du président de l’UMP de nombreux jeunes hommes politiques de qualité, hommes de terrain et de conviction (par exemple, Laurent Wauquez, député de la Haute Loire).

Enfin, le candidat déclaré a la présidentielle possède des réseaux dans tous les milieux (économique, artistique, sportif...). On ne peut pas le critiquer sur ce point, car le partage des expériences aide à la réflexion, à la prise de décision et à ‘faire passer les réformes’.

En conclusion, on peut critiquer la provocation et l’hyper-agitation de Monsieur Sarkozy, mais qu’on ne voit pas en lui le Grand Satan uniquement fasciste et opportuniste, calculateur et manipulateur, dangereux pour le pays.

Ce qui est dangereux, c’est l’immobilisme, le refus de voir la situation actuelle telle qu’elle est, le combat des ambitions personnelles, les débats de sondages plutôt que les débat d’idées, le repli sur soi, la démagogie outrancière…
Par Nicolas
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Dimanche 29 octobre 2006
Le Monde, mercredi 18 octobre 2006.

L'ancien champion olympique et ex-ministre Guy Drut sera donc candidat, lors des prochaines législatives, dans cette partie de Seine-et-Marne qui recouvre en partie la ville de Meaux dont M. Copé est le maire.

La condamnation de M. Drut à quinze mois de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende pour avoir bénéficié d'un emploi fictif dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France (du temps ou M. Chirac était maire de Paris et président du RPR) et surtout l'amnistie présidentielle dont il avait bénéficié le 25 mai avaient pourtant ému jusque dans les rangs de l'UMP.

Ce jour-là, même le très chiraquien président de l'assemblée Jean-Louis Debré n'avait pas hésité à fustiger l'effacement de la condamnation de M. Drut par la seule volonté de son ami Jacques Chirac d'un mot grinçant : "Cela donne une image détestable d'autolessiveuse." Mais cette amnistie a permis par la suite à M. Drut de retrouver son siège au Comité international olympique et les émoluments afférents.

Pour autant, le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a toujours pris soin de ne pas accabler M. Drut, qui s'est affirmé dès mardi 17 octobre, dans Le Figaro, "chiraquien et sarkozyste".

Le même jour, le procès en appel des marchés publics d'Ile-de-France s'ouvrait à nouveau. Sans lui.
Par Nicolas
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Dimanche 21 janvier 2007
Jeudi 18 janvier dernier, le Président Chirac a fait entrer les Justes au Panthéon. C'est le dernier acte d'un Président qui, quelle que soit notre opinion sur l'homme ou sa politique, a fait beaucoup pour le travail de la mémoire collective en France (reconnaissance de la responsabilité de l'Etat français dans la rafle du Vel d'Hiv' en 1942 ; honneurs rendus aux anciens combattants maghrébins ou africains ; hommage au capitaine Dreyfus...). L'allocution prononcée par le président est saissante : belle leçon d'histoire et d'ouverture vers l'avenir, déclaration d'amour à la France ;  une  France qui doit être fière de son histoire en gardant un esprit critique par rapport aux moments les plus troubles. L'on ne doit surtout pas oublier que toute démocratie est fragile pour lequel il faut se battre au quotidien. Pour mémoire, on appelle "les Justes" les héros non-juifs qui, par leurs actions, ont sauvé des juifs pendant l'Holocauste. L'expression vient du Talmud.

Voici le discours prononcé par Monsieur Chirac lors cette cérémonie (les passages en gras sont soulignés par nos soins) :

Il y a 65 ans, dans l'Europe presque entièrement asservie, la barbarie nazie décide l'exécution de la solution finale. Une idéologie effroyable fait régner la terreur : une idéologie raciste, fondée sur cette croyance criminelle et folle selon laquelle certains hommes seraient par nature "supérieurs" à d'autres. Et cela, au cœur d'un continent qui se considère comme l'aboutissement même de la civilisation···

Innombrables sont celles et ceux que les nazis condamnent à mort a priori, à cause de leur origine, comme les Tziganes, à cause de leurs convictions religieuses ou politiques, de leurs préférences sexuelles, ou de leur handicap. Mais c'est contre les Juifs que se déchaîne avec le plus de cruauté et de violence systématique la folie nazie. Ce sont eux qui payent le tribut le plus effrayant : six millions d'êtres humains assassinés dans des conditions inexprimables. La quasi-disparition des Juifs d'Europe. La Shoah.

Comme dans un cauchemar, l'Occident se trouve renvoyé aux temps les plus noirs de la barbarie. À travers la destruction des Juifs, c'est au fond toute la civilisation judéo-chrétienne, toute la civilisation européenne, vieille de plusieurs millénaires, qu'Hitler veut abattre : l'invention à Athènes de la démocratie, l'éclosion à Rome d'une civilisation fondée sur le droit, le message humaniste des Lumières du XVIIIe siècle.

En France même, le pays des Lumières et des droits de l'Homme, le pays où tant de grands hommes se sont levés pour l'honneur du capitaine Dreyfus, le pays qui a porté Léon Blum à la tête du gouvernement, en France, un sombre linceul de résignation, de lâcheté, de compromissions recouvre les couleurs de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Le pouvoir de Vichy se déshonore, édictant de sa propre initiative, dès le 3 octobre 1940, le sinistre Statut des Juifs, qui les exclut de presque toutes les fonctions. Les Juifs de France sont d'autant plus stupéfaits de cet antisémitisme d'État que leur pays est celui qui le premier en Europe, dès 1791, leur a accordé les droits des citoyens. Ils aiment leur pays avec passion. Ils se sont battus pour lui, comme Marc Bloch et tant d'autres, en 1914 ou en 1939 : soudain, devant leurs yeux incrédules, la République abdique, rend les armes à Pétain et à Laval, cède la place à une clique revancharde et haineuse.

Voilà 65 ans, en France, il y a la honte du premier convoi de déportation, le 27 mars 1942. Il y a l'ordonnance allemande du 7 juin et l'ignominie de l'étoile jaune. Il y a le crime irréparable du Vel d'Hiv', les 16 et 17 juillet. Il y a, du 26 au 28 août, la rafle de milliers de Juifs étrangers en zone libre.

Mesdames et Messieurs,

Il y a les ténèbres. Mais il y a aussi la lumière. La France affamée, terrorisée, coupée en deux par la ligne de démarcation, est étourdie par l'ampleur de la défaite. Mais très vite, des voix s'élèvent. Dès le 11 novembre 1940, de Gaulle écrit de Libreville au Congrès juif mondial que le statut des Juifs n'aura aucune validité dans la France libre. Il fustige la violation, par Vichy, je le cite : "des principes de liberté et de justice égale, sur lesquels la République française était fondée". Puis, dans le pire effondrement de notre histoire, alors même que la Wehrmacht semble encore invincible, des Françaises et des Français en très grand nombre vont montrer que les valeurs de l'humanisme sont enracinées dans leurs âmes. Partout, ils accueillent, cachent, sauvent au péril de leur vie des enfants, des femmes, des hommes, persécutés parce qu'ils sont Juifs. Dans ce cauchemar éveillé que les Juifs vivent depuis 1940, la France, leur France, à laquelle ils ont cru si intensément, n'a pas tout à fait disparu. Dans les profondeurs du pays, une lueur d'espoir se fait jour. Elle est fragile, vacillante. Mais elle existe.

Il y a cette secrétaire de mairie qui fournit des papiers à des familles juives, et convainc les habitants du village de partager leurs tickets d'alimentation : le courage d'une seule personne a cristallisé la générosité de tous. Il y a ce couple d'hôteliers qui trouve sur le pas de sa porte un homme échappé d'une rafle, affamé et épuisé : ils l'hébergent pendant deux de ces années terribles. Il y a ce boulanger qui reconnaît un adolescent arrêté et avertit la direction de son école : prévenu, un officier de gendarmerie, membre de la Résistance, libère le jeune homme. Grâce à cette chaîne humaine de solidarité et de courage, une vie est sauvée. Il y a ce professeur de latin qui, jusqu'au bout, tente de protéger l'élève qu'il a présenté au concours général. Il y a cette concierge qui entend le crissement des freins des camions allemands, et fait le tour très rapidement des occupants juifs de son immeuble pour leur dire surtout de rester silencieux derrière leurs portes closes, et les sauve ainsi de la déportation. Il y a le pasteur Trocmé, qui entraîne avec lui, dans l'accueil de centaines de Juifs en fuite, tout un village, tout un plateau de Haute-Loire : Le Chambon-sur-Lignon, dont le nom résonne aujourd'hui, et pour toujours, dans nos cœurs. Il y a ces sœurs qui abritent, dans leurs couvents, dans leurs pensionnats, des enfants juifs. Il y a ces curés savoyards, devenus par la force des choses passeurs professionnels, qui emmènent les réfugiés de l'autre côté de la frontière. Il y a ce général commandant une région militaire qui refuse de prêter sa troupe pour surveiller l'embarquement de déportés, ce qui lui vaut une révocation immédiate. Il y a tous ces paysans, que nous a montrés avec tant d'émotion Agnès Varda, qui accueillent, aiment et protègent de si nombreux enfants.

Il y en a tant et tant d'autres, dans toutes les classes sociales, dans toutes les professions, de toutes les convictions. Des milliers de Françaises et de Français, qui sans s'interroger, font le choix du bien. Quel courage, quelle grandeur d'âme il leur a fallu ! Tous connaissaient les risques encourus : l'irruption brutale de la Gestapo. L'interrogatoire. La torture. Parfois même, la déportation et la mort.

Certains furent reconnus Justes parmi les nations. D'autres resteront anonymes, soit qu'ils aient laissé leur vie en aidant l'autre, soit que, dans leur modestie, ils n'aient même pas songé à faire valoir leurs actes. Certains sont ici aujourd'hui, ainsi que celles et ceux qu'ils ont sauvés. Je les salue tous, avec un infini respect. En France, grâce à cette solidarité agissante, selon le beau mot de Serge Klarsfeld, les Justes ont contribué à protéger les trois quarts de la population juive d'avant-guerre de la déportation, c'est-à-dire d'une mort presque certaine : sur plus de 75 000 déportés, seuls revinrent quelque 2 500 survivants. Et après quelles souffrances indicibles : vous pouvez en témoigner, chère Simone Veil, vous dont le courage, en toute circonstance, est un exemple pour la France. La majorité des Juifs assassinés ont été livrés aux Allemands par Vichy et par les collaborateurs. Mais la plupart des Juifs sauvés le furent par des Français.

Aujourd'hui, pour cet hommage de la nation aux Justes de France, reconnus ou anonymes, nous sommes rassemblés pour évoquer notre passé, mais aussi pour enrichir notre présent et notre avenir. "Quiconque sauve une vie sauve l'univers tout entier", dit le Talmud, devise qui d'ailleurs orne la médaille des Justes. Il faut en comprendre toute la force : en sauvant une personne, chaque Juste a en quelque sorte sauvé l'humanité. Cette mémoire, soyez-en certains, soyez-en fiers, elle perdurera de génération en génération.

Par ce geste, vous nous incitez aussi à interroger notre conscience. Qu'est-ce qui fait que, confronté à un choix crucial, quelqu'un agit selon son devoir, c'est-à-dire en considérant l'autre pour ce qu'il est, une personne humaine avant tout ? Pour certains Justes, c'est une question de conviction religieuse, et ceux-là, n'en doutons pas, entendent le message de l'Église dans sa vraie vérité. D'autres, parfois les mêmes, appartiennent à des groupes longtemps opprimés, comme les protestants, ou sont viscéralement hostiles à la politique de Vichy pour des raisons notamment politiques. Mais, pour tous, c'est une réaction venue du plus profond du cœur, expression la plus haute de ce que l'on nomme la charité.

Toutes et tous, ils ont eu, vous avez eu le courage de voir et de comprendre la détresse avec les yeux du cœur. Ce courage anime Monseigneur Saliège, archevêque de Toulouse, qui a été pour beaucoup dans la prise de conscience des catholiques de France. Infirme, reclus dans son palais épiscopal, il sait pourtant rendre concrètes, dans son admirable lettre pastorale, les souffrances injustifiables endurées par des êtres coupables du seul crime d'être nés. Ce courage de voir et de comprendre avec les yeux du cœur, on le trouve partout : chez ce voisin d'immeuble, que l'on connaît à peine et qui, sans poser de question, accueille votre famille alors que la milice frappe aux portes.

Vous, Justes de France, vous avez transmis à la nation un message essentiel, pour aujourd'hui et pour demain : le refus de l'indifférence, de l'aveuglement. L'affirmation dans les faits que les valeurs ne sont pas des principes désincarnés, mais qu'elles s'imposent quand une situation concrète se présente et que l'on sait ouvrir les yeux.

Plus que jamais, nous devons écouter votre message : le combat pour la tolérance et la fraternité, contre l'antisémitisme, les discriminations, le racisme, tous les racismes, est un combat toujours recommencé. Si l'antisémitisme s'est déchaîné dans les années 1930-1940, c'est faute d'avoir été condamné avec la fermeté nécessaire à cette époque. C'est parce qu'il a été en quelque sorte toléré comme une opinion parmi d'autres. Telle est la leçon de ces années noires : si l'on transige avec l'extrémisme, il faut bien le mesurer, on lui offre un terreau pour prospérer, et tôt ou tard on en paye le prix. Face à l'extrémisme, il n'y a qu'une attitude : le refus, l'intransigeance. Et c'est aussi sans merci qu'il faut lutter contre le négationnisme, crime contre la vérité, perversion absolue de l'âme et de l'esprit, forme la plus ignoble, la plus abjecte de l'antisémitisme.

Mesdames et Messieurs,

Les Justes ont fait le choix de la fraternité et de la solidarité. Ils incarnent l'essence même de l'homme : le libre arbitre. La liberté de choisir entre le bien et le mal, selon sa conscience. À tous, en ce lieu où elle honore ses grands hommes, la nation rend aujourd'hui le témoignage de son respect et de son estime. Vous incarnez aussi la France dans ce qu'elle a de plus universel, dans la fidélité aux principes qui la constituent. Grâce à vous, grâce à d'autres héros à travers les siècles, nous pouvons regarder la France au fond des yeux, et notre histoire en face : parfois, on y voit des moments profondément obscurs. Mais on y voit aussi et surtout le meilleur et le plus glorieux. Notre histoire, il faut la prendre comme un bloc. Elle est notre héritage, elle est notre identité. C'est à partir d'elle, et en traçant de nouveaux chemins, que nous pouvons nous engager tête haute dans les voies de l'avenir. Oui, nous pouvons être fiers de notre histoire ! Oui, nous pouvons être fiers d'être Français !

Ce que nous enseignent aussi l'effondrement de la République en juin 1940, l'illusion tragique du recours à Pétain et le déshonneur de Vichy, c'est à quel point une nation est fragile. Dans le confort de nos certitudes d'aujourd'hui, beaucoup ont le sentiment que la France est éternelle, que la démocratie est naturelle, que la solidarité et la fraternité peuvent se résumer au système de sécurité sociale. Dans une société qui, malgré ses difficultés, est prospère et stable, l'idée du bonheur semble trop souvent se ramener à la satisfaction de besoins matériels. Nous devons entendre votre message. Une nation, c'est une communauté de femmes et d'hommes solidaires, liés par des valeurs et un destin communs. Chacun est dépositaire d'une parcelle de la communauté nationale, et celle-ci n'existe que si chacun s'en sent profondément responsable. À un moment où montent l'individualisme et la tentation des antagonismes, ce que nous devons voir, dans le miroir que nous tend le visage de chaque être humain, ce n'est pas sa différence, mais c'est ce qu'il y a d'universel en lui. À ceux qui s'interrogent sur ce que c'est d'être Français, à ceux qui s'interrogent sur ce que sont les valeurs universelles de la France, vous, les Justes, avez apporté la plus magnifique des réponses, au moment le plus noir de notre histoire.

Et au nom de la France, au nom de la nation tout entière, je m'incline aujourd'hui devant vous avec respect et reconnaissance.

Par Nicolas
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Mercredi 28 février 2007

Depuis début février, le philosophe hédoniste Michel Onfray distille des commentaires sur la campagne présidentielle sur son blog. Il justifie son projet dans un brillant "mode d'emploi" par un credo simple "Je crois à la réalité et à la vérité des luttes de classe" et par la nécessité qu'a un homme médiatique de s'engager et de répondre aux demandes incessantes des journalistes et des citoyens.  Cette introduction est une formidable profession de foi pour la vraie démocratie (à ne pas confondre avec l'oligarchie grecque), pour les choix qu'elle offre, pour l'action qu'elle permet. Michel Onfray affirme ensuite que l'action politique participe d'un double mouvement : un combat libertaire sur le terrain et une légifération dans le cadre de l'Etat de Droit. Il appelle la première composante des sociétés politiques postmodernes la "politique deleuzienne". Nos organisations sociales contemporaines fleurissent de micro-fascismes (exemple d'une usine qui ferme) qui ne peuvent être combattus que par l'organisation de micro-résistances (exemple d'une association humanitaire). Mais cette action de terrain ne peut qu'aller de paire avec une action plus macro : vote des lois, encadrement du droit... Cette théorie est, je trouve, intéressante et proche de mes convictions personnelles.

Il multiplie ensuite les attaques contre Ségo et Sarko, raille le manque de culture et le sexisme à rebours de la première ; la démagogie dangereuse du second. Son choix pour avril 2007 est clair : José Bové. Choix libertaire et en dehors de toute formation politique, fruit d'un passé ouvrier et du credo évoqué plus haut. La plume du philosophe est identique sur son blog et dans ses livres, même si ici, les traits sont exacerbés : humour corrosif, impertinence et liberté de ton, agressivité argumentée, tendances anarchistes et contestataires. Point de neutralité ni de langue de bois, la machine Michel Onfray est en marche pour 2007! On peut ne pas adhérer aux idées, mais on ne peut pas reprocher à un philosophe de nous proposer une vision construite du monde, un élargissement de la politique vers le monde, une approche nouvelle et originale de la campagne. Il est tout à fait frappant de lire les commentaires des internautes passionnés par les différents posts : cris contre les trahisons, la démagogie, le sexisme, l'élitisme, l'obscurantisme et le communautarisme parisien, le simplisme, et j'en passe. En face, les défenseurs d'une pensée puissante et novatrice ne sont pas moins virulents dans leur propos.

J'ai choisi mon camp : je ne partage pas les idées, mais j'approuve et encourage fortement la démarche et la forme. Une vraie démocratie doit laisser la place aux avis divergents, aux contradictions, aux débats d'idées. Ce blog est une preuve magistrale supplémentaire que le débat en France n'est pas mort, bien au contraire! On ne peut que s'en réjouir.

Par Nicolas
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Lundi 12 mars 2007

Du pathos, de la détermination, une dose (très légère) de mea culpa, une vision optimiste mêlée à un regard critique sur les périodes sombres de l'histoire, un attachement sans faille aux valeurs humanistes et républicaines, des conseils emplis de sagesse... tout était réuni hier dans le discours de Jacques Chirac. Tout, y compris une composante essentielle de l'art de  bien parler : la démagogie. Car depuis quarante ans que le Président de la République occupe les plus hautes sphères de l'Etat, il a su se montrer un habile parleur, un orateur passionné et passionnant mais aussi le héraut des promesses non tenues.

Il est en effet trop facile de se satisfaire de quelques réussites nécessaires mais limitées quand certains grands chantiers promis en 1995 puis 2002 ont été remis aux calendes grecques... Merci pour la mémoire nationale, pour les handicapés (quoi que...), pour la relative baisse du chômage, pour un très beau musée des arts premiers... Mais que dire aux millions de chômeurs? Comment regarder en face les plus jeunes déçus par un modèle social et républicain défaillant? Comment oublier que le problème des retraites n'est pas régler? Comment poursuivre une construction européenne stoppée nette à la suite d'un referendum mal préparé? Un amour déclaré sur le tard ne suffit pas à faire oublier des années de déception, de frustration, les espoirs anéantis. Malgré des brillantes palabres, notre futur ex-Président à fortement contribué à l'effritement du prestige lié à la fonction ainsi qu'au mépris croissant que les français ressentent quotidiennement pour les dirigeants de la classe politique.

On peut ainsi lire les discours de Jacques Chirac comme la contribution essentielle d'un homme aux multiples traités sur l'art de la rhétorique. De nombreux cas pratiques aussi éloquents que nauséabonds quand on les compare aux actions (ceci est moins vrai au niveau de l'héritage historique de la France que le Président a su regarder en face) ; ou comment user de ses talents oratoires à des fins négatives de propagande. Espérons que notre futur(e) président(e) n'aura pas, dans cinq ans, à rougir de ces discours prononcés lors de la campagne qui se joue actuellement.

Par Nicolas
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Dimanche 18 mars 2007
Lors d'une récente interview sur France 2, Nicolas Sarkozy a proposé de créer, s'il est élu à la présidence de la République, un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Sur le plateau, personne ne bronche. Puis le lendemain, François Bayrou, ancien homme politique de droite maintenant au centre, reprend l'expression et fustige cette idée. Tous les candidats se saisissent également de la proposition, la dénoncent comme dangereuse, anti-démocratique et à l'encontre des grands principes de notre République. Mais, faut-il vraiment s'inquiéter d'une telle proposition? Et si oui, quels sont les risques?
Comme souvent avec Sarkozy, sa volonté de s'attaquer à tous les sujets, même ceux qui furent souvent du "domaine réservé" du Front National, mêlé à sa volonté de frapper les esprits par des formules "publicitaires" ont provoqué un tollé dans la communauté politico intellectuelle. Et ceci est normal, dans la mesure où l'annonce est démagogique et manque cruellement de pédagogie. Tout le contraire de ce que l'on est en droit d'attendre d'un homme politique sérieux qui refuse les tactiques politiciennes.
La forme est donc fortement critiquable, mais quand est-il du fond? L'identité se définit comme 1/ le caractère de ce qui, sous des dénominations ou des aspects divers, ne fait qu'un ou ne représente qu'une seule et même réalité ; 2/ le caractère de ce qui demeure identique ou égal à soi-même dans le temps ; 3/ le caractère de deux ou plusieurs êtres identiques ; 4/ la conscience de la persistance du moi. L'adjectif "nationale" définit a) ce qui est relatif à la nation, qui appartient en propre à une nation, qui la caractérise, la distingue des autres nations ; b) ce qui concerne une nation dans sa totalité (par opposition à local, régional) ; c) ce qui appartient à l'Etat, qui est géré, organisé au niveau de l'Etat. Ce travail de clarification semble tout à fait nécessaire, dans la mesure où l'on voit que ces trois mots ensemble peuvent se comprendre de différentes manières. Qu'est ce Nicolas Sarkozy veut régler dans le cadre d'un ministère? Est-ce que la création d'un tel Ministère revient à encadrer, par la loi, ce qui fait la caractéristique des Français? Et veut-il, dans un premier temps, légiférer les caractéristiques de la Nation française?
De prime abord, un tel ministère semble donc inutile. Inutile car les valeurs défendus par la France et qui font son identité sont déjà inscrites dans la Constitution (voir
ici). Vouloir imposer l'Etat dans le concept d'identité nationale, dans un sens plus large, ne serait-ce pas astreindre le peuple en travaillant sur sa conscience? Ne serait-ce égalment pas s'installer dans la temporalité, dans le quotidien, alors que l'identité nationale est le fruit d'une histoire? Sur la première question, des historiens se sont récemment soulevés contre les lois dites "mémorielles" (à l'occasion de la nouvelle loi qualifiant de crime la négation du génocide arménien). Simplement, comme l'a montré Todorov (dans le Monde du 17 mars), "l'identité nationale échappe aux lois, elle se fait quotidiennement par l'action de millions d'individus habitant ce pays, la France".
L'immigration est un facteur majeur de construction de l'identité nationale, et ce depuis le début de notre histoire. Les Celtes, puis les Romains, puis l'ensemble des peubles d'Europe et du monde ont fortement contribué à notre identité.
Cette formule est donc néfaste et blâmable car elle laisse à penser que l'immigration serait un danger pour cette fameuse identité nationale. Or, elle est un atout, une force, un avenir. Certes, il est louable et nécessaire de réfléchir à la question de l'immigration, mais la stigmatisation ou les manoeuvres politiciennes sont les plus mauvais enemis d'une reflexion devant se mener en dehors de toute manipulation des esprits, de tout amalgame partisan. Laissons cette attitude à l'extrême droite, dont le message a toujours chercher à attiser les peurs et les rancoeurs. Mais je refuse que la droite encourage la haine et exalte le communautarisme. Ce n'est pas d'une telle droite dont la France a besoin, mais une droite fière d'elle, de ses idées, à l'écoute des problèmes et force de proposition, refusant les raccourcis faciles. Or, et ce sera ma conclusion, Nicolas Sarkozy propose une vraie politique en matière d'immigration, beaucoup plus complexe et élaborée qu'un simple ministère. On peut être pour ou contre ses idées, mais on peut surtout vouloir tirer le débat vers le haut, éviter les formules lapidaires et encourager la pédagogie.

Pour prolonger le débat, je vous conseil de lire
- l'échange entre Max Gallo et Alain Finkielkraut paru dans le Figaro littéraire (
ici) ;
- la tribune de Todorov dans le Monde daté du 17 mars ;  
- un article de Suzane Citron sur la crise de l'identité nationale (
ici), paru après le 21 avril 2002, ou l'auteure rappelle les fondements du concept d'Etat-nation-territoire, qui ne date pas de Vercingétorix, Huges Capet ou Clovis, mais plutôt de la Révolution française. - un article intéressant du Figaro (ici) qui analyse finement, derrière la formule de Sarkozy, la tactique politicienne de l'homme voulant rompre avec les pouvoirs en place, relancer la campagne et incarner l'homme du "parler vrai" ;
- un article de d'Anne-Marie Thiesse qui montre, après avoir expliqué comment se sont créées les sentiments d'identité nationale, leur fragilité et la nécessité d'en solidifier les socles (
ici) ;

Par Nicolas
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Dimanche 18 mars 2007
A ceux qui préfèrent le débat d'idées aux petites phrases, je conseille de se rendre sur le site de l'Autre campagne ou d'acheter en librairie ce livre collectif paru début janvier 2007. Préfacé par les époux Aubrac, acte de résistance après la Résistance (voir ici), vous pourrez consulter 80 mesures de gauche, concrètes, affranchies de la lutte des partis et du carcan idéologique du parti socialiste. A faire connaître autour de vous.
Par Nicolas
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Jeudi 12 avril 2007

Depuis quelques mois, la France est entrée dans une période unique. Ce n'est pas la Coupe du Monde de Football, mais le temps semble tout autant suspendu, et les passions se déchainent à outrance. Brésil ou Allemagne? Gauche ou droite? Chaque français doit choisir son camp, argumenter son choix tactique. Il espère que son équipe favorite franchisse le premier tour, analyse les erreurs des autres participants et surtout scrute régulièrement les résultats. Mais la comparaison s'arrête là, car les règles de la Coupe du Monde sont cohérentes et justes.

En effet, quand il s'agit d'élections présidentielles, il n'y a qu'un seul tour et qu'une finale. Pas de poule, pas de match de barrage. Alors, chaque supporter doit satisfaire sa curiosité (et son angoisse) en se rattachant maladroitement aux sondages. Et c'est là que le bât blesse. Alors que la stricte égalité des temps de parole et des temps d'antenne doit être observée depuis le début de la semaine sur les écrans et à la radio, les pouvoirs publics autorisent la publication des sondages jusqu'au 20 avril. Il serait alors nécessaire de se poser la question suivante : qu'est-ce qui a le plus d'impact pour un électeur indécis? Vingt minutes d'intervention d'un candidat ou la publication d'un chiffre en hausse ou en baisse? N'avons-nous pas là une incohérence indescriptible d'un règlement? A méditer.

Par Nicolas
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Lundi 23 avril 2007
Le 21 avril 2002, je vote pour la première fois à une élection présidentielle et je choisis Besancenot. Pas par conviction, mais parce que c'est la fin des études et de certains idéaux qui vont avec. L'âge adulte fait peur : ses responsabilités, ses angoisses, ses contraintes, son manque de folie et d'imagination, son caractère prosaïque, banal... Une forme de rejet aussi : destin trop facile (lycée privé, classe préparatoire, grande école de commerce), famille qui vote "traditionnellement" à droite. Lire Libération, écouter du rock, rejeter, dire non, ça a quand même de la gueule! La présence de la Bête au second tour fait froid dans le dos. Début mai 2002, je vais Place des Terreaux à Lyon, plus pour écouter Noir Désir que pour combattre les idées de l'extrême. La politique, c'est pour les autres. Les problèmes de la société, la réflexion aussi.
Et puis vient le premier travail, le premier salaire, les impôts... Moins d'insouciance, des rencontres, et surtout une campagne sur le référendum pour la Constitution européenne qui me passionne. Le 21 avril 2005 est alors mon acte de naissance citoyen. Je signe mon propre contrat social, je m'engage dans ce qui me semble être la bonne solution pour notre pays : l'UMP, fasciné par un homme, un programme, et convaincu que l'économie de marché, ce régulateur omnipotent sera bénéfique au plus grand nombre, à long terme. Européen convaincu, lecteur attentif d'un traité progressiste, je suis ulcéré par les tactiques politiciennes que nous servent la gauche et la droite. Point d'idées, point de débat, point de réflexion. Mon engagement n'a pour seul but que ce combat contre l'obscurantisme, contre la simplification.
Je lis beaucoup, j'apprends, je participe à des débats, à des réunions publiques... Je me laisse convaincre voire charmer par Sarkozy : son énergie, son autorité, sa vision assumée... Mais la campagne qu'il mène va me dégoûter, mais aussi m'ouvrir les yeux. Il est devenu depuis plus de six mois tout ce que j'ai voulu combattre : l'agitation sans action, la schématisation, une vision sectaire, partielle et partiale des problèmes de notre société. Il serait facile pour moi, cadre supérieur dans une grande entreprise et faisant partie des 5% les plus riches en France de profiter de mes avantages. Mais ce n'est pas l'idéal profond qui m'anime. Et puis je ne crois plus au pouvoir du marché, à sa régulation efficace d'une économie et d'une société grippée. Il faut un remède pour aider les 3,2 millions de mal logés, les 1 millions d'enfants qui appartiennent à des familles dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté monétaire (soit 657€), les 6,8 millions de personnes qui vivent avec moins de 788 euros par mois, les 150 000 jeunes qui sortent chaque année de l'école sans diplôme ; il est urgent de lutter contre la ghettoïsation spatiale et sociale de notre société, de faire barrage aux discriminations qui minent notre idéal républicain de l'intérieur, etc...
La Gauche actuelle, enfermée dans une idéologie dépassée, fatiguée par des années de pouvoirs et de lutte pour le conserver, peureuse de s'affirmer et de promouvoir de nouvelles idées, sans cesse écartelée entre une extrême gauche qui fut un allié précieux et un centre qui, aujourd'hui plus que jamais, l'attire, n'est peut être pas la solution idéale. Mais elle bouge, elle évolue, elle change, elle bouillonne d'idées qui ne demandent qu'à être mises en place (voir par exemple
ici). Donnons lui donc une chance de s'exprimer.
Par Nicolas
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Un homme perdu - Danielle Arbid
A l'abri de rien - Olivier Adam
Le Portrait - Pierre Assouline
De l'autre côté - Fatih Akin

- B -

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Smokey Rolls Down Thunder Canyon - Devendra Banhart
Shotter's Nation - Babyshambles
Jean-François Bizot -
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? -
Pierre Bayard
François-Marie Banier -
Fur and gold -
Bat for lashes
Le Royaume - Peter Berg
Bob Dylan - François Bon
Chroniques littéraires - Maurice Blanchot

- C -

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel
Control - Anton Cobijn
North Star Deserter - Vic Chesnutt
La fille coupée en deux - Claude Chabrol
La Radiolina - Manu Chao
Secret Sunshine - Lee Chang-Dong
Le Deuxième Souffle - Alain Corneau
Gustave Courbet - Exposition Grand Palais 2007
Darling - Christine Carrière
My Friends All Died... - Cocoon
Les Promesses de l'Ombre - David Cronenberg
The Waiting Room - Chloé
L'homme sans âge - Coppola
Un bruit qui court - Pauline Croze

- D -

The Pirate's Gospel - Alela Diane
Tom est Mort - Marie Darrieussecq
Five leaves left - Nick Drake
La Passion selon Juette - Clara Dupont-Monod
L'invitation - Etienne Daho
La mécanique du coeur - Dionysos

- E -

Nancy Elizabeth -
Battle and Victory
L'Enfer - Expo BNF

- F -

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Echoes, Silence, Patience & Grace - Foo Fighters
Leaving the nest - Benjy Ferree
Revival - John Fogerty

- G -

La vengeance dans la peau -
Paul Greengrass
Nouvelles Mythologies - Jérôme Garcin

- H -

Tout est pardonné -
Mia Hansen-Love
White Chalk - PJ Harvey
I'm not There - Todd Haynes

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André Kertész - Expo Chambéry
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Gee Whiz but this is a Lonesome Town - Moriarty
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Les Disparus - Daniel Mendelsohn

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Une autre histoire de la littérature -
Jean d'Ormesson
Odeur du temps - Jean d'Ormesson

- P -

Transparent knives -
Promise and the Monster

- R - 

In Rainbows -
Radiohead
Cendrillon - Eric Reinhardt
The State of Things - Reverend and the Makers
La part obscure de nous-mêmes - Roudinesco
Un homme - Philip Roth

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