L'autorité peut déranger des gens, molester ou tuer des personnes, brûler des livres ; les idées ne meurent jamais que de
leur belle mort, quand elles n'intéressent plus personne et ne produisent plus d'effets ( in Lucien Jerphagnon, Histoire de la
pensée, Taillandier).
Par Nicolas
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'Ce sont les pieds d'argile qui rendent précieux l'or de la
statue'
Par Nicolas
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Dimanche 9 septembre 2007
"Nous sommes tous des Cendrillon qui aspirons à accéder à un espace de clarté où nous pourrions nous éprouver comme vivants, où nous serions reconnus pour ce
que nous sommes, c'est-à-dire uniques. Il s'agit de croire en soi et d'avoir la foi. Balzac (...) dit que la foi est nécessaire dans la vie religieuse, elle l'est encore davantage dans la vie
sociale. Si l'on ne trouve pas en soi les ressources d'une ferveur ou d'un enchantement, la réalité peut se révéler facilement cauchemardesque. Edgar Morin a réaffirmé récemment que la seule
issue possible, face aux incertitudes de notre époque, était de vivre poétiquement. C'est parce que Cendrillon n'a jamais cessé d'y croire que sa marraine a fini par surgir".
Eric Reinhardt, écrivain, vient de publier Cendrillon. Cité dans Les Inrocks (n°612).
Par Nicolas
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"On tient à l'éloge et aux honneurs dans l'exacte mesure où l'on n'est pas sûr d'avoir réussi (...). C'est pour se rassurer qu'on cherche l'approbation (...).
Mais celui qui est sûr, absolument sûr, d'avoir produit une oeuvre viable et durable, celui-là n'a plus que faire de l'éloge et se sent au-dessus de la gloire, parce qu'il est créateur parce
qu'il le sait, et parce que la joie qu'il en éprouve est une joie divine. Si donc, dans tous les domaines le triomphe de la vie est la création, ne devons-nous pas supposer que la vie humaine a
sa raison d'être dans une création qui peut, à la différence de celle de l'artiste et du savant, se poursuivre à tout moment chez tous les hommes : la création de soi par soi, l'agrandissement de
la personnalité par un effort qui tire beaucoup de peu, quelque chose de rien, et ajoute sans cesse à ce qu'il y avait de richesse dans le monde ?"
Bergson, L'énergie spirituelle.
Par Nicolas
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Vendredi 14 septembre 2007
"L'homme, chaque soir en se couchant, peut compter ses pertes : il n'y a que ses ans qui ne le quittent point, bien qu'ils passent ; lorsqu'il en fait la revue
et qu'il les nomme, ils répondent : "Présents !" Aucun ne manque à l'appel."
Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe.
Par Nicolas
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Dimanche 23 septembre 2007
Nous sommes le 23 sepembre. Premier jour ensoleillé et chaleureux de l'automne. Je lis le dernier livre d'Eric Reinhardt, Cendrillon, qui voue
un véritable culte mystique et profond à cette saison. Le livre est poétique, sublime, aérien. Voici un passage enivrant sur la lumière automnale. Jubilatoire.
"Une extase douce, lente, intime, ensoleillée. Une lumière élégiaque, murmurée, incarnée, amoureuse. Ceux qui sont sensibles aux résonances métaphysiques de cette saison m'auront compris. Une
lumière dont on éprouve la sensation qu'elle vous enrobe en vous parlant. Une lumière qui vous concerne, qui vous implique, qui vous accepte, qui vous inclut. Qui n'est pas un phénomène extérieur
et distant, indifférent et infini, insignifiant et inhumain, qui fige le monde comme une ampoule dans sa réalité simpliste. Mais présence. Mais matière. Mais proximité. Mais intimité. La lumière
a l'air proche, générée à notre échelle, tout près de nous, tout près des choses. Elle n'est plus céleste mais terrestre. Elle n'est plus cosmique mais humaine. Elle a l'air d'énumérer les
monuments, les silhouettes, les branches des arbres, les toitures des immeubles. Elle circule entre les choses comme de l'eau aérienne, colorée, mélodieuse (...). Le grand dehors devient
intériorité. Une lumière d'intérieur, une lumière d'antichambre, qui semble atténuée par des tentures ou des persiennes. Il n'est plus question de soleil, de vide céleste, de vastitude cosmique,
de réalité extérieure. Il est question d'un lieu intime qui nous abrite, d'un lieu sacré qui nous protège, qui pourrait être une chambre, une antichambre, un théâtre, un boudoir, une
bibliothèque. J'éprouve cette sensation de me trouver non plus à la surface du monde, ouverte au ciel, au vide, au néant, mais à l'intérieur d'un lieu, un lieu feutré, cloisonné, fermé par un
plafond de douceur. Voilà donc le premier axiome que je pourrais propulser vers vos coeurs comme une fléchette : L'automne est avant tout un lieu..."
Photo : paysage d'automne Lac Memphrémagog (bonjour.québec).
Par Nicolas
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Je vous parlais hier
du magnifique livre d'Éric Reinhardt, Cendrillon, dans lequel l'auteur se fait l'apôtre de l'épiphanie ; philosophie de
l'instant présent, de la beauté dans toutes choses, de la poésie permanente, de la contemplation, de l'attention aux êtres, aux sensations. Voici une belle citation extraite de
Cendrillon :
"Être réceptif à tout prix : voilà le principal. Se mettre en condition d'être submergé à chaque instant par un quelconque phénomène extérieur. Être
attentif à tout, à la lumière, à l'architecture, aux autres, aux visages, à la foule, aux gestes, à la banalité, aux arbres, aux perspectives, aux paysages, aux cheveux, aux peaux, aux détails, à
un reflet sur une vitre, à la beauté dissimulée, aux chevilles de sa voisine, au sourire de son voisin, aux oreilles de leur enfant. Attendre en théorie de chaque instant qu'il vous procure la
grâce. Sortir de chez soi et regarder à chaque instant autour de soi au lieu de marcher dans sa tête. Regarder chaque jour celle que l'on aime avec la même ferveur, la même intensité que le
premier jour. Être attentif à tout. Être réceptif à tout à chaque instant. C'est comme cela qu'on est heureux."
Photo : Thierry Seray (voir son très beau site : Tendance bleue)
Par Nicolas
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