itinéraire méditatif

Dimanche 29 octobre 2006
L'autorité peut déranger des gens, molester ou tuer des personnes, brûler des livres ; les idées ne meurent jamais que de leur belle mort, quand elles n'intéressent plus personne et ne produisent plus d'effets ( in Lucien Jerphagnon, Histoire de la pensée, Taillandier).
Par Nicolas
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Jeudi 2 novembre 2006
'La plus perdue de toutes les journées est celle où l'on a pas ri' (in Maximes et pensées, Chamfort).

'Si prier est croire en Dieu, écrire est croire en l'homme (Elie Wesel)

'L'écriture est le moyen de découvrir un sens dans l'écoulement de la vie quotidienne (in Les Aventuriers de l'absolu, Todorov)

'Etre exigeant et procéder à une lecture critique des évènements' (in Les Inrocks, Pierre Rosenvallon)

'A défaut d'avoir une conception du monde, j'ai une sensation du monde' (Tsvetaeva citée par Todorov)
Par Nicolas
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Samedi 11 novembre 2006

'Ce sont les pieds d'argile qui rendent précieux l'or de la statue'

Par Nicolas
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Samedi 4 août 2007
maupassant.jpg

Guy de Maupassant, dans son Etude sur le roman (Préface à Pierre et Jean) :

"En somme, le public est composé de groupes nombreux qui nous crient :
- Consolez-moi.
- Amusez-moi.
- Attristez-moi.
- Attendrissez-moi.
- Faites-moi rêver.
- Faites-moi rire.
- Faites-moi frémir.
- Faites-moi pleurer.
- Faites-moi penser."

(Photo Claudia Amorim : "Book, ring, heard and rose")
Par Nicolas
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Samedi 4 août 2007
mich-bar-am.jpg La littérature est un divertissement, un plaisir souvent, une évasion parfois, mais souvent, elle nous permet de nous élever, de mieux comprendre et de mieux nous comprendre. Au détour d'une phrase, on est touché par la façon lumineuse dont un écrivain exprime avec précision et clarté un sentiment, une idée, une envie, une obsession qui nous taraude. Il nous aide à mieux saisir les choses, à mettre des mots sur une intuition fugace et imprécise que nous ne pouvons fixer. Jean d'Ormesson résume dans une formulation sobre mais géniale les deux convictions apparemment contradictoires qui guident l'oeuvre de Montherlant (Une autre histoire de la littérature, II en poche chez Folio) et qui pourraient consituer ma philosophie :

"La première est d'un pessimisme noir : la vie n'a pas de sens, tout est également inutile et il n'y a d'espérance ni ici-bas ni ailleurs ; la deuxième prend sa source dans une éducation catholique vite abandonnée, mais il dont il reste pourtant quelque chose, et dans le culte des grands hommes de l'antiquité païenne : il faut se conduire dans cette nuit noire et dans ce chaos sans espoir avec grandeur, avec noblesse, avec élévation et tâcher, malgré tout, et pour rien, d'aller toujours plus loin et plus haut".

(Photo Micha Bar Am : High security prison at Beer-Sheva, 1971, copyright Magnum)
Par Nicolas
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Dimanche 9 septembre 2007
"Nous sommes tous des Cendrillon qui aspirons à accéder à un espace de clarté où nous pourrions nous éprouver comme vivants, où nous serions reconnus pour ce que nous sommes, c'est-à-dire uniques. Il s'agit de croire en soi et d'avoir la foi. Balzac (...) dit que la foi est nécessaire dans la vie religieuse, elle l'est encore davantage dans la vie sociale. Si l'on ne trouve pas en soi les ressources d'une ferveur ou d'un enchantement, la réalité peut se révéler facilement cauchemardesque. Edgar Morin a réaffirmé récemment que la seule issue possible, face aux incertitudes de notre époque, était de vivre poétiquement. C'est parce que Cendrillon n'a jamais cessé d'y croire que sa marraine a fini par surgir".

Eric Reinhardt, écrivain, vient de publier Cendrillon. Cité dans Les Inrocks (n°612).
Par Nicolas
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Jeudi 13 septembre 2007
"On tient à l'éloge et aux honneurs dans l'exacte mesure où l'on n'est pas sûr d'avoir réussi (...). C'est pour se rassurer qu'on cherche l'approbation (...). Mais celui qui est sûr, absolument sûr, d'avoir produit une oeuvre viable et durable, celui-là n'a plus que faire de l'éloge et se sent au-dessus de la gloire, parce qu'il est créateur parce qu'il le sait, et parce que la joie qu'il en éprouve est une joie divine. Si donc, dans tous les domaines le triomphe de la vie est la création, ne devons-nous pas supposer que la vie humaine a sa raison d'être dans une création qui peut, à la différence de celle de l'artiste et du savant, se poursuivre à tout moment chez tous les hommes : la création de soi par soi, l'agrandissement de la personnalité par un effort qui tire beaucoup de peu, quelque chose de rien, et ajoute sans cesse à ce qu'il y avait de richesse dans le monde ?"

Bergson, L'énergie spirituelle.
Par Nicolas
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Vendredi 14 septembre 2007
"L'homme, chaque soir en se couchant, peut compter ses pertes : il n'y a que ses ans qui ne le quittent point, bien qu'ils passent ; lorsqu'il en fait la revue et qu'il les nomme, ils répondent : "Présents !" Aucun ne manque à l'appel."

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe.
Par Nicolas
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Dimanche 23 septembre 2007
automne.jpg
Nous sommes le 23 sepembre. Premier jour ensoleillé et chaleureux de l'automne. Je lis le dernier livre d'Eric Reinhardt, Cendrillon, qui voue un véritable culte mystique et profond à cette saison. Le livre est poétique, sublime, aérien. Voici un passage enivrant sur la lumière automnale. Jubilatoire.

"Une extase douce, lente, intime, ensoleillée. Une lumière élégiaque, murmurée, incarnée, amoureuse. Ceux qui sont sensibles aux résonances métaphysiques de cette saison m'auront compris. Une lumière dont on éprouve la sensation qu'elle vous enrobe en vous parlant. Une lumière qui vous concerne, qui vous implique, qui vous accepte, qui vous inclut. Qui n'est pas un phénomène extérieur et distant, indifférent et infini, insignifiant et inhumain, qui fige le monde comme une ampoule dans sa réalité simpliste. Mais présence. Mais matière. Mais proximité. Mais intimité. La lumière a l'air proche, générée à notre échelle, tout près de nous, tout près des choses. Elle n'est plus céleste mais terrestre. Elle n'est plus cosmique mais humaine. Elle a l'air d'énumérer les monuments, les silhouettes, les branches des arbres, les toitures des immeubles. Elle circule entre les choses comme de l'eau aérienne, colorée, mélodieuse (...). Le grand dehors devient intériorité. Une lumière d'intérieur, une lumière d'antichambre, qui semble atténuée par des tentures ou des persiennes. Il n'est plus question de soleil, de vide céleste, de vastitude cosmique, de réalité extérieure. Il est question d'un lieu intime qui nous abrite, d'un lieu sacré qui nous protège, qui pourrait être une chambre, une antichambre, un théâtre, un boudoir, une bibliothèque. J'éprouve cette sensation de me trouver non plus à la surface du monde, ouverte au ciel, au vide, au néant, mais à l'intérieur d'un lieu, un lieu feutré, cloisonné, fermé par un plafond de douceur. Voilà donc le premier axiome que je pourrais propulser vers vos coeurs comme une fléchette : L'automne est avant tout un lieu..."


Photo : paysage d'automne Lac Memphrémagog (bonjour.québec).
Par Nicolas
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Samedi 29 septembre 2007

mer.jpg Je vous parlais hier du magnifique livre d'Éric Reinhardt, Cendrillon, dans lequel l'auteur se fait l'apôtre de l'épiphanie ; philosophie de l'instant présent, de la beauté dans toutes choses, de la poésie permanente, de la contemplation, de l'attention aux êtres, aux sensations. Voici une belle citation extraite de Cendrillon :

"Être réceptif à tout prix : voilà le principal. Se mettre en condition d'être submergé à chaque instant par un quelconque phénomène extérieur. Être attentif à tout, à la lumière, à l'architecture, aux autres, aux visages, à la foule, aux gestes, à la banalité, aux arbres, aux perspectives, aux paysages, aux cheveux, aux peaux, aux détails, à un reflet sur une vitre, à la beauté dissimulée, aux chevilles de sa voisine, au sourire de son voisin, aux oreilles de leur enfant. Attendre en théorie de chaque instant qu'il vous procure la grâce. Sortir de chez soi et regarder à chaque instant autour de soi au lieu de marcher dans sa tête. Regarder chaque jour celle que l'on aime avec la même ferveur, la même intensité que le premier jour. Être attentif à tout. Être réceptif à tout à chaque instant. C'est comme cela qu'on est heureux."

Photo : Thierry Seray (voir son très beau site : Tendance bleue)

 

 

Par Nicolas
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de A à Z...

- A -

Strawberry Jam - Animal Collective
Un homme perdu - Danielle Arbid
A l'abri de rien - Olivier Adam
Le Portrait - Pierre Assouline
De l'autre côté - Fatih Akin

- B -

The Flying Club Cup - Beirut
Smokey Rolls Down Thunder Canyon - Devendra Banhart
Shotter's Nation - Babyshambles
Jean-François Bizot -
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? -
Pierre Bayard
François-Marie Banier -
Fur and gold -
Bat for lashes
Le Royaume - Peter Berg
Bob Dylan - François Bon
Chroniques littéraires - Maurice Blanchot

- C -

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel
Control - Anton Cobijn
North Star Deserter - Vic Chesnutt
La fille coupée en deux - Claude Chabrol
La Radiolina - Manu Chao
Secret Sunshine - Lee Chang-Dong
Le Deuxième Souffle - Alain Corneau
Gustave Courbet - Exposition Grand Palais 2007
Darling - Christine Carrière
My Friends All Died... - Cocoon
Les Promesses de l'Ombre - David Cronenberg
The Waiting Room - Chloé
L'homme sans âge - Coppola
Un bruit qui court - Pauline Croze

- D -

The Pirate's Gospel - Alela Diane
Tom est Mort - Marie Darrieussecq
Five leaves left - Nick Drake
La Passion selon Juette - Clara Dupont-Monod
L'invitation - Etienne Daho
La mécanique du coeur - Dionysos

- E -

Nancy Elizabeth -
Battle and Victory
L'Enfer - Expo BNF

- F -

Distance and Time - Fink
Echoes, Silence, Patience & Grace - Foo Fighters
Leaving the nest - Benjy Ferree
Revival - John Fogerty

- G -

La vengeance dans la peau -
Paul Greengrass
Nouvelles Mythologies - Jérôme Garcin

- H -

Tout est pardonné -
Mia Hansen-Love
White Chalk - PJ Harvey
I'm not There - Todd Haynes

- K -

99 F -
Jan Kounen
La Forêt de Mogari - Naomi Kawase
André Kertész - Expo Chambéry
My Blueberry Nights - Wong Kar-Wai

- L -

Alabama Song -
Gilles Leroy

- M -

Dans le café de la jeunesse perdue -
Patrick Modiano
Gee Whiz but this is a Lonesome Town - Moriarty
Charles et Léo - Jean-Louis Murat
Trees Outside the Academy - Thurston Moore
Les Disparus - Daniel Mendelsohn

- N -

Ni d'Eve ni d'Adam -
Amélie Nothomb
Avant que j'oublie - Jacques Nolot

- O -

Une autre histoire de la littérature -
Jean d'Ormesson
Odeur du temps - Jean d'Ormesson

- P -

Transparent knives -
Promise and the Monster

- R - 

In Rainbows -
Radiohead
Cendrillon - Eric Reinhardt
The State of Things - Reverend and the Makers
La part obscure de nous-mêmes - Roudinesco
Un homme - Philip Roth

- S -

Persepolis -
Marjane Satrapi
Thalasso - Amanda Sthers
American Gangster - Ridley Scott

- T -

Love it when I feel like this -
The Twang
L'heure zéro - Pascal Thomas

- V -

Adieu Pony -
Constance Verluca
Ambroise Vollard - Exposition 2007 Musée d'Orsay
Paranoid Park - Gus Van Sant
Une vie - Simone Veil

- Y -

Chrome Dreams II -
Neil Young
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