itinéraire littéraire

Dimanche 29 octobre 2006
L'objectif de ce blog est aussi de partager avec vous mes coups de coeur et découvertes littéraires. Mon dernier choc porte le nom de Tzvetan Todorov avec son ouvrage paru début 2006, Les Aventuriers de l’absolu.

L’historien et écrivain d’origine bulgare nous propose, à travers l’œuvre et le destin croisé de trois grands poètes de la fin du 19e / début du 20e une réponse originale a une des questions centrales de la philosophie : ‘comment vivre ?’. Oscar Wilde, Rainer Maria Rilke et Marina Tsvetaeva nous offrent trois visions différentes de la quête de absolu, quête n'empechera pas leurs auteurs de sombrer dans le malheur.

Pourquoi l’homme recherche-t-il l’absolu et qu’est-ce que l’absolu ? Les larmes déclenchées par un Opéra de Verdi, la stupeur face au sourire d’un enfant poussent l’être humain à rechercher sans cesse cette ‘réalité supposée, échappant a toute limitation, toute contrainte’ (selon la définition du Petit Larousse 2003).
Dans la problématique proposée, l’absolu doit être entendu comme la valeur ultime capable de remplacer Dieu, la Révolution ou le Socialisme.

Trois aventuriers, trois voies différentes : la beauté, l’art ou l’être.

Oscar Wilde place sa vie sous le signe du Beau – conçu dans son sens le plus large. ‘Devenir une œuvre d’art est le but de la vie’ ; vie conçue comme l’accomplissement de soi et qui nécessite l’acceptation des ses cotés les plus négatifs.

A l’opposé, Rainer Maria Rilke consacre sa vie a la création du Beau. La vie est consacrée au travail et à la production d’œuvres d’art. Un choix s’impose alors entre Vie et Art et entre Amour et l’Art. L’aventurier de l’Absolu préfère l’absolu au relatif, il ne se soucie pas de l’individualité et accepte que la séparation entre vie et création soit indispensable.

Enfin, Maria Tsetaeva voit en l’Homme le but ultime. Etre plus rêvé que réel et qui sera aussi source de déception.

Trop manichéennes, ces trois projets de vie ne peuvent apporter que le malheur. Leur objectif est louable : ramener l’absolu sur terre et le rendre accessible aux hommes (comme le fit la Religion dans le passé) mais leurs conséquences sont désastreuses. L’Art semble alors la meilleur incarnation de l’absolu sur terre, et l’esthétique devrait être la possibilité pour l’homme de l’atteindre. La recherche du beau, du vrai et la vie dans l’art sont la seule manière de ramener l’absolu sur terre, indispensable face la misère de nos vies. Mais l’important, l’essentiel, et de voir la continuité entre l’ici et l’absolu, au risque que l'infini ne fasse qu'aggraver la finitude et la malheur de nos vies sur terre.

En conclusion, 'l’ere des des réponses collectives est révolue’ et il faut ‘rendre belle la vie commune’.
Par Nicolas
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Jeudi 9 novembre 2006
En littérature comme en tout, il faut se laisser charmer par les signes. Le choix d'une promenade rue Mouffetard, par un dimanche après-midi froid mais ensoleillé, n'était pas totalement anodin. Je savais qu'une petite boutique, ouverte le dimanche, me donnerait l'occasion de dénicher LA perle rare, l'ouvrage ultime, celui que vous ouvrez nonchalament mais que vous ne refermez jamais vraiment. Arrivé face aux caisses emplies de livres posées devant la devanture, mon regard fut tout de suite attiré par 'Le Portrait de Dorian Gray' d'Oscar Wilde. Je connaissais vaguement les louanges prononcées sur ce livre et cet auteur (en particulier depuis ma lecture récente des Aventuriers de l'absolu de Todorov) mais je n'avais jamais fréquenté l'écriture du Dandy anglais. Alors, l'occasion était trop belle de franchir le pas.

 

Je pense que tout a été dit sur ce livre. Les plus belles plumes de la planète se sont évertuées à en révéler les charmes et les idées. Je ne pense pas pouvoir rivaliser, mais j'espère qu'une lecture de ce message donnera envie à quelqu'un de se plonger dans l'univers subtile et charmeur d'Oscar Wilde.

 

Car c'est bien d'un univers dont il s'agit, univers dans le sens où les personnages dictent leur propre lois : poésie du langage, élégance des attitudes, générosité et abondance des sentiments.
Univers aussi car l'on peut s'y évader, s'y laisser bercer par son charme et sa nouveauté. Le livre est fermé, mais vous sentez que Lord Henry parle en vous.
Univers enfin car cet ouvrage récèle en lui une part de mystère et d'extraordinaire que l'on ne peut pas appréhender totalement lors d'une première approche.

 

Les premières pages du Portrait présentent avec tendresse et précision trois personnages originaux au caractère bien tranché : Lord Henry, orateur de talent, distributeur de théories cyniques et d'aphorismes parfaits. Basil, peintre torturé par la révélation soudaine de son Art. Dorian, jouveanceau prenant conscience de son pouvoir, de la vie, de la Beauté comme idéal, romantique enflammé.

 

Le beau Dorian, peint par Basil dans sa plus parfaite jeunesse, tombe subitement amoureux de la belle Sybil Vane, actrice de théâtre idéalisée. Il s'enfamme au point de vouloir l'epouser. Mais la Juliette parfaite se révèle être une bien mauvaise actrice quand elle prend conscience de l'amour de Dorian, de la Vie tout simplement. Son ancrage dans le réel lui fait perdre tout à coup son talent sur les planches. Elle se suicide, ce qui fera douté Dorian de son attitude, mais le doute ne dure pas. L'annonce de la tragique nouvelle va de paire avec la découverte d'un fait inquiétant: le portrait de Dorian vieillit et laisse entrevoir les moeurs dérangées du jeune homme, alors que lui semble rester éternellement jeune...

 

C'est sur cette intrigue passionnante qu'est construit le roman d'Oscar Wilde, je vous laisse découvrir la suite...

 

Par Nicolas
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Samedi 11 novembre 2006

Les bibliothèques ont toujours opéré sur moi une véritable fascination : miroir de notre civilisation, reflet de notre culture humaniste, lieu de calme et d'étude. J'aime m'y promener sans but précis, laisser mon esprit vagabonder au contact des livres. C'est ainsi que depuis deux semaines, je me promenais régulièrement sur l'esplanade de la Bibliothèque de France, profitant des dernières chaleurs d'un soleil fort généreux. Mais je n'osais pas pénétrer dans l'une de ces quatres imposantes tours qui représentent des livres ouverts. Hier, pour la première fois, j'ai découvert le Hall Haut de Jardin. Aujourd'hui, j'ai acheté la carte donnant l'accès, pour un an, aux différentes salles de lecture du Haut de Jardin. La collection de la BNF est organisée à ce niveau en six départements : Recheche bibliographique, Audiovisuel, Sciences et techniques, Droit, économie et politique, Littérature et art, Philosophie, histoire et science de l'homme.

Pénétrer dans une des salles de lecture, c'est sentir les poids des âges : vous avez l'impression de déambuler dans une salle de moines copistes du Moyen-Age. Pourtant, la décoration du lieu est moderne et élégante. Pas de bruit, seulement la douce mélodie des pages tournées et des stylo se promenant sur la feuille. Têtes baissées, mines concentrées, des centaines d'étudiant sont penchés sur des livres pour certains millénaires. Les collections sont magnifiques ; et tout ce décor offre une atmosphère calme et distinguée.

Je vous invite fortement à flâner et à ne surtout pas hésiter à franchir le pas de l'imposante architecture.

Par Nicolas
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Lundi 13 novembre 2006
On entre dans le premier tome d'A la recherche du temps perdu de Marcel Proust comme on entre dans le Machu Pichu ou Petra : l'impression de le connaitre déjà mais l'envie d'être supris et de découvrir de ses propres yeux, de se faire sa propre idée.
Ci-dessous deux extraits magnifiques de cet ouvrage majeur de la littérature française.

'Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas le temps de me dire : "Je m'endors." Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier...'


'Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté ; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents ; peut-être parce de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé...'
Par Nicolas
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Dimanche 26 novembre 2006
Après avoir vu au théâtre de la comédie des Champs Elysées la dernière pièce de Florian Zeller, Si tu mourais, je me suis jeté sur son livre paru en 2004 et couronné du Prix interallié, La fascination du pire. 156 pages d'une écriture aux forts accents houellebecquien (le jeune auteur de 27 ans, professeur à Sciences-Po, icône du dandy moderne ne cache pas sa passion pour l'auteur des Particules élémentaires). Tout y est : vision cynique mais ultra-réaliste du monde moderne ; importance du sexe dans les sociétés consuméristes occidentales ; solitude ontologique de l'être humain ; inutilité des hommes politiques... Mais ce livre n'est pas seulement un pastiche ; c'est surtout une formidable intrigue, un sans cesse va-et-vient entre fiction et réalité.
Martin Millet, auteur suisse, accompagne le narrateur au Caire pour une conférence littéraire. Mais il court surtout après le sexe dans les bas-fonds de la capitale égyptienne, tout en critiquant la frustation engendrée par l'Islam.
La fin est saississante.


Morceaux choisis...

'Le couple est une structure de domination de l'autre et de mensonges'.

'Je ne voyais pas comment une communauté humaine pouvait tenir sans sexe'.

'Depuis quelques années, les hommes politiques écrivent tous leur livre (ou plus exactement le font écrire) pour retrouver un peu du prestige qu'ils perdent quotidiennement en tentant de séduire des abrutis'.

'L'absence de transcendance redonnait toute sa dimension au plaisir immédiat. Au désespoir des prêtres, il fallait jourir ici et maintenant. En attendant la mort'.
Par Nicolas
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Lundi 27 novembre 2006

Pedigree, ce court roman de Patrick Modiano paru en 2005 est une merveille. L'auteur nous parle, dans son style inimitable, des vingt-et-unes premières années de sa vie et il nous offre une fabuleuse autobiographie laconique dans laquelle règnent les non-dits. Ces écrits pourraient être la sélection d'un journal intime, une sorte de patchwork guidé par l'économie de l'essentiel, un ensemble de faits livrés tels quels sans ambages ni fioritures. On sent derrière chaque mot la nostalgie, le questionnement des faits passés, l'affectif. Et pourtant, ce qui frappe est l'absence de pathos, un certain détachement par rapport à des évènements sans doute douloureux pour le narrateur ; évènements fondateur dans la constitution de l'écrivain en devenir, de son oeuvre, mais aussi de l'être humain.

Sans détour, Patrick Modiano se livre. Un père énigmatique ; une mère artiste, distante et fauchée ; un couple qui ne communique plus ; une enfance ballotée entre divers pensionnats, les tentatives d'évasion, réelle ou rêvée dans les livres. Succession d'anecdotes, de noms et de dates, Un pedigree est aux antipodes de la tendance actuelle au voyeurisme. Léger et grave, tendre et acerbe, sans pudeur mais avec beaucoup de retenue, il est une tranche de vie, tout simplement. Une histoire dans La grande Histoire qui nous éclaire un peu plus sur la personnalité d'un des plus grands auteurs français contemporains.


Morceaux choisis...

'Que l'on me pardonne tous ces noms et d'autres qui suivront. Je suis un chien qui fait semblant d'avoir un pedigree. Ma mère et mon père ne se rattachent à aucun milieu bien défini. Si ballottés, si incertains que je dois m'efforcer de trouver quelques empreintes et quelques balises dans ce sable mouvant comme on s'efforce de remplir avec des lettres à moitié effacées une fiche d'état civil ou un questionnaire administratif'.

'Je vais continuer d'égrener ces années, sans nostalgie mais d'une voix précipitée. Il faut faire vite, ou alors je n'en aurai plus le courage'.

'Jamais je n'ai pu me confier à elle [sa mère] ni lui demander une aide quelconque. Parfois, comme un chien sans pedigree et qui a été un peu trop livré à lui-même, j'éprouve la tentation puérile d'écrire noir sur blanc et en détail ce qu'elle m'a fait subir, à cause de sa dureté et de son inconséquence. Je me tais. Et je lui pardonne. Tout cela est désormais si lointain...'

'Et les jours, les mois passent. Et les saisons. Quelquefois, je voudrais revenir en arrière et revivre toutes ces années mieux que je ne les ai vécues. Mais comment?'.

'Un soir de cet été-là, j'ai eu vingt et un ans et le lendemain, je devais reprendre le train'.

Par Nicolas
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Mardi 28 novembre 2006
Jean-Philippe Toussaint est un écrivain à part. Son premier livre, La salle de bain, paru en 1985 est l'acte de naissance d'un style minimaliste et épuré couronné en 2005 par le Prix Medicis pour Fuir.
 
C'est l'histoire de tout petit rien, de petites tranches de vie dans lesquelles apparaît l'absurdité des situations et des comportements. Le narrateur est un jeune homme s'installant dans la salle de bain de l'appartement qu'il partage avec sa compagne, Edmonsson ; puis il fuit à Venise, s'enferme dans un hôtel, passe son temps à regarder la TV et à jouer aux fléchettes ; enfin, il s'enferme dans un hôpital, mais ne veut pas avoir de voisin de chambre.
 
La salle de bain est donc une quête de l'isolement, mais c'est surtout le prétexte au plaisir d'écrire et de décrire les absurdités. Jean-Philippe Toussaint l'affirmait en 2001 dans Le jour où j'ai fait ma première photo, 'L'art était une expérience de vie, une expérience intime dont le sens résidait davantage dans sa réalisation que dans les oeuvres elles-mêmes'.
 
On retrouve dans ce livre, la marque de fabrique de l'auteur belge (il est né en 1957 à Bruxelles) ancien champion du monde junior de Scrabble : un certain nihilisme mélancolique face au non-sens des choses, un humour pince-sans-rire, de la poésie dans les situations les plus simples (il affirme dans un interview à L'Humanité en janvier 2006 : 'Mon premier roman La Salle de Bain ne raconte pas grand chose : or, aucun critique, il y a vingt ans, n'a relevé qu'il ne s'y passait rien'.
 
Même si ce premier roman m'a moins marqué que La Télévision, je vous encourage à vous plonger dans l'univers décalé de cet auteur définitivement à part.
Par Nicolas
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Jeudi 30 novembre 2006
Comment interpréter ce petit livre d'à peine plus de 100 pages? Pour ma part, c'est la première fois que je rentre dans l'univers de Marie Ndiaye. Notons tout d'abord que ce récit, Autoportrait en vert, est une commande de l'éditrice Colette Fellous pour la collection d'écrits autobiographique (Traits et portraits) aux éditions Mercure de France. Après Le Clézio, Christian Lacroix... c'est au tour de la jeune romancière française (né en 1967 à Pithiviers) de se plier au difficile exercice de l'autobiographie. Mais elle renouvelle le genre, loin d'une auto-satisfaction impudique.
Le style est précis et concis. C'est une histoire de rencontres, de rêves et de mise en question de la réalité, d'une couleur omniprésente et angoissante.
C'est un récit d'abandon, de retrouvailles, d'isolement et de questionnements...
La narratrice, écrivain mère de "plusieurs enfants", associe le vert à des portraits de femmes qui vivent, meurent et ressuscitent . Son père vit aujourd'hui au Burkina Faso, il est père de nombreux enfants, remarié à la meilleure amie de la narratrice. Sa mère enchaîne également les aventures amoureuses, sa dernière l'ayant emmené à Marseille, où elle a eu une petite fille 47 ans, aujourd'hui abandonnée.
Que représente cette fameuse couleur verte? Elle est la couleur de l'angoisse, de l'abandon, de la méchanceté.
J'ai eu du mal à entrer dans ce roman, mais au fil de la lecture, le doux parfum de fantastique mêlé au sentiment tenace de malaise est saisissant. Les photos floues et anciennes intercalées dans le récit accentuent ce sentiment...
Par Nicolas
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Dimanche 3 décembre 2006
Le dernier ouvrage de Philip Roth paru en poche en France est une série de dialogues, un échange de lettres, deux portraits et une relecture. Dans Parlons travail (Folio, 232 pages),  un des plus grands écrivains américains contemporains se pose en critique littéraire et interviewer d'autres grands auteurs : Primo Levi, Milan Kundera, Saul Bellow... Il écoute, interroge pour mieux (se) comprendre. Car toutes les questions que Roth se posent, il les aborde face à ses illustres figures modernes : la judéité, la place du roman, la construction d'une intrigue... J'ai particulièrement apprécié l'échange avec Milan Kundera, quelques pages magnifiques où l'on admire le ping-pong intellectuel de deux êtres qui regardent et interrogent le monde, simplement.

Ci-dessous un court extrait du débat Kundera-Roth :

'KUNDERA : La bêtise des hommes vient de ce qu'ils ont réponse à tout. La sagesse du roman, c'est d'avoir question à tout (...). Le romancier apprend au lecteur à appréhender le monde comme question (...). Le monde totalitaire, qu'il ait pour base Marx ou l'islam, ou n'importe quoi d'autre, est un monde de réponses plutôt que de questions. Le roman n'y a pas sa place. En tout cas, il me semble qu'à travers le monde les gens préfèrent aujourd'hui juger plutôt que comprendre, répondre plutôt que demander, si bien que la voix du roman peine à se faire entendre dans le fracas imbécile des certitudes humaines.'
Par Nicolas
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Mardi 5 décembre 2006
Même si un auteur ne peut être réduit à sa biographie, quelques éléments peuvent parfois être éclairants. Robert Walser est né en 1878 à Bienne, dans le canton de Berne. Vivant de petits boulots, à Berlin quelque temps puis, résolument, en Suisse, il publie son premier roman , Les enfants de Tanner, en 1907. En 1929, Walser entre dans une clinique psychiatrique qu'il ne quitera plus jusqu'au jour de Noël 1956, où il meurt lors d'une promenade dans la neige.
Retour dans la neige (Points Seuil, 142 pages) vient de paraître en poche. Il regroupe vingt-cinq courts textes en prose publiés entre 1899 et 1920. Ces récits sont plein de charme et de légèreté ; sur le thême d'un tout petit rien ('Une rue de grande ville', 'Promenade du soir' ou 'Nuit d'été), Robert Walser nous offre des descriptions légères mais toujours empreintes de nostalgie. La poésie n'est jamais très loin ; derrière chaque phrase, chaque sentiment l'auteur nous offre une vision optimiste et quasi irréelle du monde.
A découvrir si vous ne connaissez pas encore.

Morceaux choisis :

'Mon Dieu, c'en est assez pour aujourd'hui, il faut que je sorte, il faut que je gambade dans le monde, je n'y tiens plus, il faut que j'aille sourire à quelqu'un, il faut que j'aille me promener. Ah, qu'il est joli, qu'il est joli de vivre'.

'A première vue, on peut comprendre qu'un enfant pleure, mais quand dans leurs vieux jours, des personnes âgées sont poussées et acculées aux larmes, celui qui entend cela comprend toute la détresse et le caractère insoutenable du monde, et lui vient la pensée accablante et oppressante que tout, tout ce qui se meut sur cette pauvre terre est faible, vacillant, sujet à l'incertitude ; proie de l'arbitraire et de la déficience de toutes choses. Non ! il n'est pas bon que l'homme pleure encore lorsqu'il est à un âge où il peut trouver merveilleusement bon de sécher les larmes d'un enfant'.

'En fait, la chose la plus romantique qui soit c'est le coeur, et tout être capable de sentiments porte en lui des villes anciennes entourées de très vieilles murailles'.
Par Nicolas
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de A à Z...

- A -

Strawberry Jam - Animal Collective
Un homme perdu - Danielle Arbid
A l'abri de rien - Olivier Adam
Le Portrait - Pierre Assouline
De l'autre côté - Fatih Akin

- B -

The Flying Club Cup - Beirut
Smokey Rolls Down Thunder Canyon - Devendra Banhart
Shotter's Nation - Babyshambles
Jean-François Bizot -
Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? -
Pierre Bayard
François-Marie Banier -
Fur and gold -
Bat for lashes
Le Royaume - Peter Berg
Bob Dylan - François Bon
Chroniques littéraires - Maurice Blanchot

- C -

Le rapport de Brodeck - Philippe Claudel
Control - Anton Cobijn
North Star Deserter - Vic Chesnutt
La fille coupée en deux - Claude Chabrol
La Radiolina - Manu Chao
Secret Sunshine - Lee Chang-Dong
Le Deuxième Souffle - Alain Corneau
Gustave Courbet - Exposition Grand Palais 2007
Darling - Christine Carrière
My Friends All Died... - Cocoon
Les Promesses de l'Ombre - David Cronenberg
The Waiting Room - Chloé
L'homme sans âge - Coppola
Un bruit qui court - Pauline Croze

- D -

The Pirate's Gospel - Alela Diane
Tom est Mort - Marie Darrieussecq
Five leaves left - Nick Drake
La Passion selon Juette - Clara Dupont-Monod
L'invitation - Etienne Daho
La mécanique du coeur - Dionysos

- E -

Nancy Elizabeth -
Battle and Victory
L'Enfer - Expo BNF

- F -

Distance and Time - Fink
Echoes, Silence, Patience & Grace - Foo Fighters
Leaving the nest - Benjy Ferree
Revival - John Fogerty

- G -

La vengeance dans la peau -
Paul Greengrass
Nouvelles Mythologies - Jérôme Garcin

- H -

Tout est pardonné -
Mia Hansen-Love
White Chalk - PJ Harvey
I'm not There - Todd Haynes

- K -

99 F -
Jan Kounen
La Forêt de Mogari - Naomi Kawase
André Kertész - Expo Chambéry
My Blueberry Nights - Wong Kar-Wai

- L -

Alabama Song -
Gilles Leroy

- M -

Dans le café de la jeunesse perdue -
Patrick Modiano
Gee Whiz but this is a Lonesome Town - Moriarty
Charles et Léo - Jean-Louis Murat
Trees Outside the Academy - Thurston Moore
Les Disparus - Daniel Mendelsohn

- N -

Ni d'Eve ni d'Adam -
Amélie Nothomb
Avant que j'oublie - Jacques Nolot

- O -

Une autre histoire de la littérature -
Jean d'Ormesson
Odeur du temps - Jean d'Ormesson

- P -

Transparent knives -
Promise and the Monster

- R - 

In Rainbows -
Radiohead
Cendrillon - Eric Reinhardt
The State of Things - Reverend and the Makers
La part obscure de nous-mêmes - Roudinesco
Un homme - Philip Roth

- S -

Persepolis -
Marjane Satrapi
Thalasso - Amanda Sthers
American Gangster - Ridley Scott

- T -

Love it when I feel like this -
The Twang
L'heure zéro - Pascal Thomas

- V -

Adieu Pony -
Constance Verluca
Ambroise Vollard - Exposition 2007 Musée d'Orsay
Paranoid Park - Gus Van Sant
Une vie - Simone Veil

- Y -

Chrome Dreams II -
Neil Young
ti_bug_fck
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