L’historien et écrivain d’origine bulgare nous propose, à travers l’œuvre et le destin croisé de trois grands poètes de la fin du 19e / début du 20e une réponse originale a une des questions centrales de la philosophie : ‘comment vivre ?’. Oscar Wilde, Rainer Maria Rilke et Marina Tsvetaeva nous offrent trois visions différentes de la quête de absolu, quête n'empechera pas leurs auteurs de sombrer dans le malheur.
Pourquoi l’homme recherche-t-il l’absolu et qu’est-ce que l’absolu ? Les larmes déclenchées par un Opéra de Verdi, la stupeur face au sourire d’un enfant poussent l’être humain à rechercher sans cesse cette ‘réalité supposée, échappant a toute limitation, toute contrainte’ (selon la définition du Petit Larousse 2003).
Dans la problématique proposée, l’absolu doit être entendu comme la valeur ultime capable de remplacer Dieu, la Révolution ou le Socialisme.
Trois aventuriers, trois voies différentes : la beauté, l’art ou l’être.
Oscar Wilde place sa vie sous le signe du Beau – conçu dans son sens le plus large. ‘Devenir une œuvre d’art est le but de la vie’ ; vie conçue comme l’accomplissement de soi et qui nécessite l’acceptation des ses cotés les plus négatifs.
A l’opposé, Rainer Maria Rilke consacre sa vie a la création du Beau. La vie est consacrée au travail et à la production d’œuvres d’art. Un choix s’impose alors entre Vie et Art et entre Amour et l’Art. L’aventurier de l’Absolu préfère l’absolu au relatif, il ne se soucie pas de l’individualité et accepte que la séparation entre vie et création soit indispensable.
Enfin, Maria Tsetaeva voit en l’Homme le but ultime. Etre plus rêvé que réel et qui sera aussi source de déception.
Trop manichéennes, ces trois projets de vie ne peuvent apporter que le malheur. Leur objectif est louable : ramener l’absolu sur terre et le rendre accessible aux hommes (comme le fit la Religion dans le passé) mais leurs conséquences sont désastreuses. L’Art semble alors la meilleur incarnation de l’absolu sur terre, et l’esthétique devrait être la possibilité pour l’homme de l’atteindre. La recherche du beau, du vrai et la vie dans l’art sont la seule manière de ramener l’absolu sur terre, indispensable face la misère de nos vies. Mais l’important, l’essentiel, et de voir la continuité entre l’ici et l’absolu, au risque que l'infini ne fasse qu'aggraver la finitude et la malheur de nos vies sur terre.
En conclusion, 'l’ere des des réponses collectives est révolue’ et il faut ‘rendre belle la vie commune’.
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En littérature comme en tout, il faut se laisser charmer par les signes. Le choix d'une promenade rue Mouffetard, par un dimanche après-midi froid mais ensoleillé, n'était pas totalement anodin. Je savais qu'une petite boutique, ouverte le dimanche, me donnerait l'occasion de dénicher LA perle rare, l'ouvrage ultime, celui que vous ouvrez nonchalament mais que vous ne refermez jamais vraiment. Arrivé face aux caisses emplies de livres posées devant la devanture, mon regard fut tout de suite attiré par 'Le Portrait de Dorian Gray' d'Oscar Wilde. Je connaissais vaguement les louanges prononcées sur ce livre et cet auteur (en particulier depuis ma lecture récente des Aventuriers de l'absolu de Todorov) mais je n'avais jamais fréquenté l'écriture du Dandy anglais. Alors, l'occasion était trop belle de franchir le pas.
On entre dans le premier tome d'
moderne ne cache pas sa passion pour l'auteur des
Pedigree, ce court roman de Patrick Modiano paru en 2005 est une merveille. L'auteur nous parle, dans son style inimitable, des vingt-et-unes premières années de sa vie et il nous offre une fabuleuse autobiographie laconique dans laquelle règnent les non-dits. Ces écrits pourraient être la sélection d'un journal intime, une sorte de patchwork guidé par l'économie de l'essentiel, un ensemble de faits livrés tels quels sans ambages ni fioritures. On sent derrière chaque mot la nostalgie, le questionnement des faits passés, l'affectif. Et pourtant, ce qui frappe est l'absence de pathos, un certain détachement par rapport à des évènements sans doute douloureux pour le narrateur ; évènements fondateur dans la constitution de l'écrivain en devenir, de son oeuvre, mais aussi de l'être humain.
Jean-Philippe Toussaint est un écrivain à part. Son premier livre, La salle de bain, paru en 1985 est l'acte de naissance d'un style minimaliste et épuré couronné en 2005 par le Prix Medicis pour Fuir.
Comment interpréter ce petit livre d'à peine plus de 100 pages? Pour ma part, c'est la première fois que je rentre dans l'univers de Marie Ndiaye. Notons tout d'abord que ce récit, Autoportrait en vert, est une commande de l'éditrice Colette Fellous pour la collection d'écrits autobiographique (Traits et portraits) aux éditions Mercure de France. Après Le Clézio, Christian Lacroix... c'est au tour de la jeune romancière française (né en 1967 à Pithiviers) de se plier au difficile exercice de l'autobiographie. Mais elle renouvelle le genre, loin d'une auto-satisfaction impudique.
Le dernier ouvrage de Philip Roth paru en poche en France est une série de dialogues, un échange de lettres, deux portraits et une relecture. Dans
Même si un auteur ne peut être réduit à sa biographie, quelques éléments peuvent parfois être éclairants. Robert Walser est né en 1878 à Bienne, dans le canton de Berne. Vivant de petits boulots, à Berlin quelque temps puis, résolument, en Suisse, il publie son premier roman ,
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